A bien des égards, l’année 2011 qui vient de se terminer devrait marquer un point d’inflexion en matière internationale et stratégique. Car rien ne devrait plus être comme avant dans quatre domaines au moins qui concernent la sécurité et la défense de la France : la dynamique de progrès économique et social du pays, accablé par de sombres perspectives financières ; la construction européenne, compromise par un scepticisme généralisé et lézardée par une distorsion entre Eurozone et Union européenne ; la modernisation d’un monde arabe dopé par les forces libérées par son printemps et entré dans une décennie réformiste ; l’utilisation de l’atome, menacée par les doutes sur la sûreté de son emploi civil après le tsunami de Fukushima, et la question de l’approvisionnement énergétique durable. Dans chacun de ces secteurs, 2011 a constitué un point tournant vers de nouveaux caps, pour de nouveaux épisodes au long cours. Dans chacun de ces domaines, la tentation d’une révolution existe avec des conséquences encore bien imprécises ; elle rencontre une volonté antagoniste de restauration de l’ordre ancien, économique, technocratique, autoritaire et technologique.
Les engagements militaires de la France ont été nombreux l’an dernier, tout comme les réformes structurelles qui vont bon train. Vous en trouverez la trace dans les éditoriaux des 10 numéros publiés en 2011 qui dressent le portait singulier de cette année charnière, 10 ans après le choc du 11 septembre 2001, 20 ans après la disparition de l’URSS et la fin de la guerre froide. Vous en trouverez également les articulations dans la centaine de Tribunes diffusées sur le site www.defnat.com qui a porté la réflexion de nombreux auteurs que je remercie ici de leur engagement dans le débat stratégique. Vous aurez aussi pu vous documenter sur l’actualité dans la bibliothèque des cahiers qui vous sont présentés sur ce même site. Merci de l’accueil que vous leur avez réservé l’an dernier.
L’année 2012 commence ; elle sera le théâtre d’événements programmés avec la relève politique dans bien des pays, à commencer chez nous, mais aussi chez nos voisins allemands, russes, et chez nos amis américains. Elle sera sans doute la scène d’accidents de parcours inattendus qui solliciteront à nouveau nos forces armées et mettront à l’épreuve leur détermination, leurs capacités et leur flexibilité. Plus que jamais la défense et la sécurité sont des infrastructures de la République ; l’économie et la finance, le cœur et le poumon de sa prospérité. A eux seuls, ils fondent ce contrat social qui unit le pays à ses dirigeants. Ils seront au cœur du débat présidentiel 2012.