Lettre d'informations n° 81 - Été 2010
|
|

|
|
|
|
|
|
SOMMAIRE
|
ÉTÉ 2010 (juillet, août, septembre)
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
Dans un monde en expansion démographique, en crise financière et en recomposition économique, comment s’articulent les rapports de force, quels facteurs fondent la puissance ? Dans un univers stratégique qui a banni les guerres régulières(1) et dont les combats se déroulent au milieu des populations avec des moyens souvent improvisés, quel rôle joue la supériorité technologique et logistique ? Sur une planète dont les États n’ont plus le monopole de la violence armée et ne sont plus, tant s’en faut, les seuls entrepreneurs de violence, pourquoi des arsenaux de supériorité stratégique ?Dans une société mondiale où l’émotion omniprésente asservit l’information, submerge les rationalités, déconstruit les déterminismes et altère les logiques stratégiques, à quoi servent les concepts et les doctrines stratégiques ? Ces questions centrales qui minent la réflexion stratégique moderne pourraient faire douter de la pertinence du désarmement et même permettre d’affirmer que cette exigence a enclenché un cercle vicieux qui a accéléré la transformation de la guerre et l’a libérée de sa rationalité(2).
Pourtant la régulation des tensions de la planète résulte toujours d’une dialectique évolutive entre armement, pour dissuader la guerre ou la gagner, et désarmement, pour amorcer la paix et garantir des équilibres suffisants. Mais comme la période actuelle est celle de forts déplacements géostratégiques, faudrait-il en déduire que les inévitables champs d’affrontement vont migrer hors des zones structurées par les arsenaux et les expériences militaires, zones aujourd’hui juridiquement soumises à l’interdiction de la guerre et à la contrainte du désarmement et de ses vérifications ? C’est à la fois possible et partiel.
Possible car il y a encore des espaces mal administrés offrant des champs vierges aux compétitions de puissance et où dissuasion et action peuvent se combiner pour créer des rapports de force favorables, l’espace océanique, sidéral, informatique, normatif, monétaire…
Partiel car dans bien des cas, les questions de frontières, d’incompatibilités ethno-économiques, de sécurité régionale, de compétition stratégique servent toujours à justifier des courses aux armements pour conduire ou dissuader les prédations et les vengeances, défendre les intérêts de peuples vulnérables et d’États fragiles ou soutenir des projets de puissance.
Peut-on dire dès lors, que le désarmement ne s’imposerait au fond qu’à quelques grands acteurs étatiques suspectés d’avoir accumulé des instruments de supériorité stratégique pour échapper aux contingences extérieures et préserver leur liberté d’agir ? Peut-on affirmer qu’il a aussi une portée universelle, à tous les niveaux et dans tous les espaces de conflictualité ? Que la retenue stratégique et tactique doit aujourd’hui s’imposer pour préférer les atouts de la médiation collective au choc toujours aléatoire des armes, au motif qu’elle est certes génératrice de vertu mais surtout productrice d’économie des forces. Voilà un bon sujet de réflexion à la fois éthique et stratégique.
(1) « La fin des guerres majeures » sous la direction de Frédéric Ramel et Jean-Vincent Holeindre ; Éditions Irsem/EHESS/Économica, juin 2010.
(2) Voir « Le cercle vicieux stratégique », réflexion problématique publiée dans la RDN en décembre 2003.
|
|
|
|
Préambule - Actualité du désarmement
Éric DANON
|
C’est un contexte stratégique favorable qui a permis d’enclencher un nouveau cycle d’activité du désarmement, non seulement en matière nucléaire mais dans bien des négociations multilatérales.
|
|
|
|
|
L’arme du désarmement
Pierre VIAUD
|
Dans ce texte panoramique, Pierre Viaud nous présente l’ensemble des contributions qui constituent cet ouvrage, à la fois les perspectives actuelles du désarmement et le long cheminement qui a conduit à le définir, le structurer, l’organiser et in fine le négocier. Cette vision d’ensemble permet de comprendre cette exigence ancienne et son retour en force dans les relations internationales.
|
|
|
La France et le désarmement d’un siècle à l’autre
Camille GRAND
|
La France a été un des pays pionnier du désarmement depuis les origines, une activité qui fut épisodique mais qui s’exerce désormais principalement dans le cadre européen. Sa posture nucléaire apparaît pourtant souvent comme conservatrice.
|
|
|
Dissuasion et désarmement nucléaire : la France dans un corner Louis GAUTIER
|
Trop réticente à l’égard des discussions sur le désarmement nucléaire et trop affirmative en ce qui concerne sa dissuasion, la France adopte une attitude qui pourrait l’éloigner de ses partenaires européens et l’isoler sur la scène internationale. Les lignes de forces apparues lors de la dernière conférence d’examen du TNP et la ligne de plus grande pente nucléaire de la plupart des pays européens de l’Otan montrent les risques pour notre pays d’un jeu à la fois trop fermé sur le plan diplomatique et insuffisamment prospectif sur le plan stratégique.
|
|
|
Le désarmement : entre intemporel et temporel, entre idéal et pragmatisme
François GÉRÉ
|
Cette vaste réflexion révèle que l’entreprise du désarmement compose avec les réalités politiques, industrielles et technologiques, et laisse aux hommes une marge de manœuvre suffisante pour en orienter les efforts et en aménager les contraintes. Ainsi en va-t-il de la prolifération et de la dissuasion en 2010, année marquée par un vrai cycle de réflexion nucléaire.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Les préliminaires de la guerre : l’échec des projets de désarmement européen (octobre 1945) André FRANÇOIS-PONCET
|
|
|
|
|
|
|
Arme biologique et désarmement (extrait, août-sept 1955) Charles AILLERET
|
|
|
|
|
|
|
Le contrôle de la course aux armements (octobre 1961) Jean NEMO
|
|
|
|
|
|
|
Considérations sur certains aspects militaires de la détente : les « mesures de confiance » d’Helsinki (avril 1977) Victor-Yves GHÉBALI
|
|
|
|
|
|
|
Trois aspects de la politique étrangère de la France : défense, détente, désarmement (mars 1978) Louis de GUIRINGAUD
|
|
|
|
|
|
|
Rêves et réalités du désarmement (novembre 1978) Claude DELMAS
|
|
|
|
|
|
|
Les vicissitudes et les perspectives d’une politique mondiale de désarmement (août-sept 1980) Pierre-Christian TAITTINGER
|
|
|
|
|
|
|
La conclusion prochaine des Start : triomphe de la raison ou essoufflement des champions ? (décembre 1989) Yves BOYER
|
|
|
|
|
|
|
Les plans américain et soviétique de désarmement nucléaire (décembre 1991) Pierre GALLOIS
|
|
|
|
|
|
|
Désarmement et maîtrise des armements dans la politique des deux Grands (novembre 1992) Jean KLEIN
|
|
|
|
|
|
|
Désarmement et orientations stratégiques en Europe occidentale (novembre 1992) Paul-Marie de LA GORCE
|
|
|
|
|
|
|
Quel avenir pour la contre-prolifération nucléaire ? (octobre 2004) Marcel DUVAL
|
|
|
|
|
|
|
Non-prolifération et désarmement nucléaires : discours de Prague du président Obama (octobre 2009) Benjamin HAUTECOUVERTURE
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|

|
Revues - Rapports - Recensions
|
|
 |
NUCLÉAIRE - Le Projet Manhattan Alexandre ALEXIEFF
Venance JOURNÉ (sous la dir.), Commission sur les armes de destruction massive : Armes de terreur – Débarrasser le Monde des armes nucléaires, biologiques et chimiques Jean-Pierre CHEVÈNEMENT : Désarmement, non-prolifération nucléaires, sécurité de la France Joseph HENROTIN : La technologie militaire en question. Le cas américain Bruno TERTRAIS : La guerre Paul VILLATOUX : 6 août 1945 – Hiroshima
|
|
|
|

|
Dossier complémentaire à lire
sur notre site Internet
|
|
 |
Les Nations unies à San Francisco (juillet 1945)
Maurice PERNOT
Arme biologique et désarmement (août-septembre 1955)
Charles AILLERET
Pour ou contre une limitation régionale des forces et des armements en Europe (mars 1958)
Pierre GENEVEY
Sécurité et désarmement en Europe (décembre 1979)
Jacques VERNANT
L’URSS, la CEI, la Russie et le désarmement (novembre 1992)
Jean-Christophe ROMER
Éthique et pratique du désarmement aux États-Unis (novembre 1992)
François GÉRÉ
Les enjeux du traité d’interdiction des essais nucléaires (août-septembre 1997)
Philippe RODIER
Le cercle vicieux stratégique (décembre 2003)
D. VERNOIS
La dissuasion nucléaire française à l’épreuve du temps (août-septembre 2004)
Christian QUESNOT
Renoncer à la dissuasion nucléaire ? (juillet 2009)
Luc SAVOYANT
|
|
|
|
|