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Repères - Opinions - Débats

The Swedish defence is being deeply reformed. Based on territorial defence during the Cold War, it is now based on flexible operational forces to be used both nationally and internationally, and centralised in a single operational and tactical command. However, the development of their interoperability with NATO must be an incremental process seen in a long-term perspective. Such a reform requires public support and a large participation of varied actors. There has been an intense debate and a political consensus has been reached on Swedish defence policy.

La Suède s'attèle à réformer sa défense en profondeur. Basée essentiellement sur la protection de son territoire pendant la Guerre froide, elle s'articule aujourd'hui sur des forces opérationnelles souples, à vocation nationale et internationale, et relevant d'un seul commandement opérationnel et tactique. Le développement de leur interopérabilité avec l'Otan devra cependant être un processus complémentaire et de long terme. Une telle réforme requiert l'adhésion de l'opinion publique et une large participation d'acteurs variés: un débat intense est en cours. Un consensus parlementaire a été atteint sur la politique de défense suédoise.

La nécessité de cesser la course aux armements nucléaires et d'assainir la situation internationale n'échappe à personne. Le traité ABM , signé en 1972, a servi de base aux accords Salt et Start qui ont permis de réduire le nombre de têtes et de missiles et d'obtenir une stabilité stratégique. Or ce traité est remis en cause par le système de défense antimissiles ( NMD ) qu'envisagent de déployer les États-Unis. Ce déploiement relancerait la compétition entre les systèmes de défense et ceux d'attaque, et encouragerait les grandes puissances à réviser leur conception stratégique ; ce qui va à l'encontre de la stabilité. Lire la suite

Cet article a pour objet d'éclairer la politique européenne de la Russie, en expliquant l'importance pour les dirigeants russes des théories géopolitiques en vogue à Moscou dès 1992. Les constructions géopolitiques permettent de restaurer une continuité dans la politique étrangère russe : l'adversaire reste les États-Unis, qu'il s'agit d'évincer du continent européen. Les méthodes employées n'ont guère changé non plus : instaurer des relations bilatérales avec les États européens, en commençant par l'Angleterre, la priorité restant comme toujours à l'Allemagne, le seul véritable allié potentiel de la Russie aux yeux de Moscou dans le projet « continental ». Quatre facteurs ont permis à la Russie de relancer sa politique européenne : la crise énergétique, le projet américain de défense antimissiles, la création de « l'euroforce » et la panne du moteur franco-allemand. En signant des accords de coopération militaire bilatéraux avec les principaux pays européens, la Russie poursuit un double but : faire assumer aux Européens une partie de l'entretien et de la modernisation du complexe militaro-industriel russe ; saper les liens transatlantiques. La proposition russe de la création d'un système de défense antimissiles européen s'inscrit dans cette logique.

Lors du dernier Conseil ministériel tenu par l'OSCE en novembre 2000, la Russie s'est livrée à une critique en règle de celle-ci en l'accusant de privilégier les activités relatives à la dimension humaine par rapport à toutes les autres ainsi que de limiter arbitrairement ses opérations aux territoires de l'ex-URSS, de l'ancien bloc soviétique et des Balkans. Refusant également d'admettre que les promesses faites en 1999 par Boris Eltsine (retour de la Mission de l'OSCE en Tchétchénie, retrait des troupes russes de Géorgie et de Moldova) n'avaient pas été honorées, Moscou s'opposa à l'adoption d'une déclaration ministérielle finale. Révélateur de l'existence à l'OSCE d'un « malaise russe », ce comportement est en fait celui d'un pays mortifié de constater que son crédit au sein d'une institution jusque-là fort prisée n'est plus que marginal. Il est celui d'une nouvelle équipe dirigeante qui, avec Vladimir Poutine, tient à réaffirmer haut et fort les fantasmes d'une Russie nostalgique de son statut de superpuissance.

Pour l'Europe de la défense, la fin de la guerre froide change la situation du tout au tout. Après une phase dynamique marquée par les accords de Maastricht (1991) et la création d'un corps européen (1992), la défense européenne piétine. Le processus est relancé par l'initiative franco-britannique de Saint-Malo en décembre 1998. En deux ans des progrès considérables furent accomplis, aboutissant, au sommet de Nice en décembre 2000, à la mise en place d'une architecture institutionnelle pour traiter les sujets de défense et de sécurité. Au même moment, l'Union européenne adoptait des objectifs de capacité militaire. À terme, sa crédibilité militaire sera proportionnelle à son niveau d'autonomie. Concrètement, cela exige qu'elle se dote progressivement des moyens de renseignement, de planification, de commandement et de contrôle, qui lui font aujourd'hui défaut. La réussite de l'Europe de la défense implique une bonne coordination « interpiliers », de façon à permettre la conjugaison harmonieuse des instruments civils et militaires de gestion de crise. En outre, la mise en oeuvre de l'Europe de la défense passe aussi par les relations et les arrangements que l'Union et l'Otan établissent puis développent. Dans l'immédiat, il faut en avoir conscience et s'y préparer, le sort de la défense européenne risque d'être largement déterminé par le premier emploi en opérations d'une force dirigée par l'Union. Celle-ci fera véritablement précédent, or jusqu'à 2003 ses marges d'action restent étroites et les moyens comptés.

Le 20 novembre 2000, en application des engagements pris en décembre 1999 à Helsinki, les Quinze se sont dotés d'une force militaire de réaction rapide. À la suite de cet accord qui marque la volonté de l'Union de s'appuyer sur des capacités militaires crédibles pour fonder une politique étrangère et de sécurité commune, Jean-Michel Boucheron, député d'Ille-et-Vilaine, rapporteur spécial du budget de la défense et Arthur Paecht, député du Var, membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées ont décidé de consacrer, le 25 janvier dernier, la 8e édition des rencontres parlementaires « Paix et Défense » sur le thème : « Une programmation militaire pour l'Europe ». Comme on le sait, l'objectif global est de pouvoir déployer dès 2003, si besoin hors du territoire de l'Union, une force de réaction rapide de l'importance d'un corps d'armée, soit 50 à 60 000 hommes, apte à remplir les missions de Petersberg. Lire la suite

Le projet américain de défense antimissiles présente de multiples aspects et soulève des problèmes d'ordres divers. On peut s'interroger sur sa faisabilité du point de vue technique ou sur ses conséquences pour l'avenir de la dissuasion, sur ses efforts par rapport au traité ABM de 1972 ou sur les réactions diplomatiques qu'il est susceptible de provoquer, et, sans doute, sur d'autres points encore. Lire la suite

Le rôle des commandants en chef régionaux, les Cincs , conduit à s'interroger sur la subordination de l'ordre militaire à l'ordre politique. L'observation historique permet cependant de constater que les « commandants de théâtre », autorités investies de pouvoirs opérationnels dès le temps de paix, constituent un produit assez pur de la culture militaire américaine. Lire la suite

Les forces armées ont pris conscience des formidables occasions offertes par le réseau Internet, en particulier s'agissant de la résolution de crises, de la maîtrise de l'information et du travail d'état-major. Néanmoins, la faiblesse intrinsèque des protocoles, le caractère parfois inachevé ou dangereux des outils logiciels exigent une doctrine cohérente de sécurité. Le réseau Internet, prototype des infrastructures de l'information, constitue un nouvel espace de renseignement et de malveillance pour les mondes économique et politique que la défense ne peut ignorer. Il importe de prendre conscience de la réalité des menaces, de former et sensibiliser les utilisateurs, d'opter pour des logiciels évalués et certifiés comme les logiciels libres. Enfin, le commandement doit définir une politique de sécurité cohérente sans se limiter aux moyens mais en définissant ses besoins. Ces mesures vitales de réduction et de gestion des risques constituent un des enjeux majeurs du commandement pour les prochaines années.

La quête d'une paix universelle ne doit pas interdire de « penser la guerre ». C'est en effet au nom d'un universalisme conquérant que philosophes et religieux ont su, à l'aide de leur propre cosmogonie, faire évoluer le concept de guerre juste en un véritable droit de la guerre. Cette dernière serait-elle alors une fatalité, car consubstantielle aux sociétés humaines ? Si certains théoriciens des relations internationales ont succombé aux charmes d'un pacifisme « décrété » et unilatéral, d'autres au contraire, plus pessimistes ou plus réalistes, perpétuent la vision d'un monde instable et conflictuel, que viennent enrichir les économistes par leurs interrogations sur les liens entre la guerre et la richesse. La guerre n'est donc pas un péché contre l'esprit, mais c'est l'esprit qui doit lui donner son sens, afin de ne pas trahir la paix.

À la fin de l'année 2000, coïncidence remarquable, trois livres paraissent sur trois sujets pareillement abominables. Le Cambodge, l'Afrique de l'Ouest (Liberia et Sierra Leone), le Rwanda, ont été, dans le dernier quart de notre terrible XX e siècle, le théâtre d'horreurs sans nom. Voyant midi à notre porte, ressassant ad nauseam le sort que le nazisme a fait à nos juifs d'Europe, il n'est pas mauvais que trois auteurs nous obligent à regarder en face trois enfers qui, pour être exotiques, ne le cèdent guère au nôtre.

La mondialisation a désormais sa contestation, les mouvements dits antimondialisation, mais peut-on y échapper ? Le repli sur la souveraineté étatique ne peut que condamner à la stagnation économique, à l'appauvrissement, quand croissance et interdépendances sont indissociables. Tout développement économique exige de s'insérer dans les flux internationaux. Dans ces conditions, la constitution d'ensembles régionaux ne permet-elle pas de se protéger de la mondialisation, d'en amortir les chocs ? Sans doute, mais, si la régionalisation se veut source de prospérité pour les participants, elle aussi doit demeurer ouverte sur les flux extérieurs, la croissance interne de tout ensemble régional ne pouvant se priver du moteur de la croissance mondiale. En définitive, la mondialisation appelle des mécanismes politiques mondiaux, donc des formes de démocratie planétaire. Le chantier est immense, contraignant l'État souverain, espace où se concentre la légitimité politique, à accepter l'émergence de modes de citoyenneté, de participation politique le contestant et le transcendant.

Chroniques

Bibliographie

Jacques ANDRÉANI : Jacques Andréani : L'Amérique et Nous ; Éditions Odile Jacob, 2000 ; 305 pages ; Éditions Odile Jacob, 2000 ; 305 pages. - Marcel Duval

Revue Défense Nationale - Avril 2001 - n° 630

Revue Défense Nationale - Avril 2001 - n° 630

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Été 2019
n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

Actualités

16-09-2019

Un dernier hommage aux marins de la Minerve – Minerve : Families bid last farewell to sailors

12-09-2019

Pour ses dix ans, l’IRSEM célèbre ses acquis et évoque les défis à venir – Ten years later, IRSEM celebrates steps forward and faces challenges

06-09-2019

Premier commandant du Redoutable, l’amiral Bernard Louzeau est mort – French admiral Bernard Louzeau is dead

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