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Repères - Opinions - Débats

Discours de M. Yannos Papantoniou, ministre de la Défense nationale de la Grèce, le 10 octobre 2002, à l'Institut français de relations internationales (Ifri), Paris.

Après avoir évoqué l'évolution rapide du monde, M. Serguéï Ivanov, ministre de la Défense de la Fédération de Russie rappelle que la sécurité et la stabilité de la Russie sont directement liées à celles de l'Europe. L'OSCE est la plus à même de résoudre ces problèmes, en coopérant avec l'Union européenne – et donc en renforçant le partenariat stratégique – et avec l'Otan. Cela suppose de bien fixer les règles et les domaines de coopération au sein du Conseil Otan-Russie. Deux points méritent une attention particulière : l'élargissement de l'Otan et le traité FCE. Le ministre poursuit par un examen des relations russo- françaises, qui, au sein du Conseil russo-français, tendent à créer un monde multipolaire et à préserver la stabilité et la sécurité en Europe et dans l'ensemble du monde.

La première intervention militaire russe en Tchétchénie est une décision politique imposée par le pouvoir politique à l'état-major général. Elle prend les forces armées au dépourvu alors que les séquelles de l'éclatement de l'armée soviétique sont encore loin d'avoir disparues. En décembre 1994, c'est une armée totalement improvisée, sous-entraînée et mal commandée, qui s'attaque au bastion tchétchéne du général Doudaev. Le conflit tchétchène est un conflit complexe, qui mêle des opérations militaires classiques à des facteurs politiques, mafieux et religieux, et qui menace aujourd'hui directement l'équilibre géopolitique de tout le Sud-Caucase. C'est aussi, et peut-être surtout, un conflit emblématique pour les islamistes du monde entier.

Comme lors des élections allemandes précédentes, le professeur Dreyfus, ancien directeur de Centre d'études germaniques de Strasbourg et co-fondateur de la Revue d'Allemagne a bien voulu présenter les dernières élections fédérales allemandes et indiquer quelques lignes de réflexion que l'on peut tirer de la courte victoire du chancelier Schröder et de la coalition SPD-Verts.

Les places financières ont subi une dépréciation boursière de plus de 2 200 milliards de dollars entre mars et août 2002. Cette chute a suivi une envolée d'un marché « mondialisé », très médiatisé, dominé par ses économistes et ses gestionnaires. Les perspectives offertes par de nouveaux secteurs tels que la communication et le « virtuel », dans une période exceptionnellement longue de forte croissance, avaient généré des investissements, dont les excès ont provoqué d'énormes surendettements et dépréciations d'actifs nécessitant des refinancements. Ceux-ci sont d'autant plus délicats que les multiples irrégularités et fraudes comptables décelées, aux États-Unis notamment, ont, avec la chute des cours, largement ébranlé la confiance des investisseurs, rendant urgent l'établissement d'une « gouvernance » mondiale et le choix, délicat, entre les normes comptables américaines et européennes.

Dans cette seconde partie, l'auteur propose un certain nombre de réponses aux menaces morales ou matérielles, identifiées dans la première partie (Défense Nationale, novembre 2002). Compte tenu de ce que ces menaces débordent largement le cadre des frontières nationales et qu'elles nécessitent une conjonction de forces, notamment au niveau européen, les réponses à la question « pour quoi se battre, aujourd'hui ? » peuvent être analysées, soit en tant que citoyen français, soit en tant que citoyen européen, puisque, depuis la ratification du traité sur l'Union européenne, les citoyens des États membres sont également citoyens de l'Union.

Une politique de défense autre que celle qui a été officiellement définie ne serait-elle pas à envisager, en prenant davantage en considération des facteurs prospectifs tirés de l'évolution générale du monde et des enseignements irrécusables de l'histoire ? L'auteur livre dans cet article le résultat de réflexions inspirées par l'observation des transformations du monde et des mutations révolutionnaires apportées aux armements modernes.

Après les attentats américains, cette étude propose de mesurer l'ampleur des réactions européennes. Si le terrorisme est ainsi devenu un nouveau volet des relations extérieures (dans le dialogue politique ou la Pesc) et un leitmotiv du développement de l'espace de liberté, de sécurité et de justice (mandat d'arrêt, harmonisation des législations pénales, renforcement de la coopération policière et judiciaire), la défense européenne stricto sensu ne semble pas avoir procédé à l'adaptation imposée par le séisme géopolitique du 11 septembre. Cet article décrit l'impuissance militaire de l'Union dans la gestion du conflit afghan puis les tergiversations des Quinze quant à l'élargissement des compétences de la PESD au terrorisme.

Depuis son lancement lors du sommet de l'Otan de Bruxelles en 1994, le concept des groupes de forces interarmées multinationales (GFIM) est resté dans l'ombre. Aujourd'hui, il entre dans une phase plus visible de mise en oeuvre et devrait sortir renforcé du sommet de Prague. Les opérations conduites par l'Alliance atlantique dans les Balkans et celles menées par les forces américaines en Afghanistan ont démontré la nécessité et l'efficacité d'un poste de commandement interarmées implanté à proximité ou à l'intérieur d'une zone d'opérations, chargé de conduire l'ensemble de la manoeuvre militaire à l'échelle d'un théâtre. Conçu dans un cadre Otan, le concept GFIM est, dès l'origine, destiné à incarner l'Identité européenne de sécurité et de défense tout en permettant l'agrégation de forces extérieures à l'Alliance. Le poste de commandement qu'il préconise est une entité déployable répondant à un besoin militaire. Il permet d'exprimer une volonté politique tout en renforçant « l'interopérabilité » sur laquelle repose l'efficacité opérationnelle. Tenant compte de l'évolution de l'environnement international, cet article veut témoigner de la validité d'un outil politico- militaire, qui présente la qualité première d'illustrer la complémentarité entre une organisation militaire atlantique cinquantenaire et une Europe de la défense en construction.

Clé de voûte de la nouvelle politique de défense des États-Unis, la National Security Strategie (NSS) marque une rupture doctrinale en érigeant l'action préventive en principe stratégique. Très marqué par la lutte globale contre le terrorisme et la crise iraquienne, ce document qui a aussi vocation à redéfinir les relations entre les grandes puissances, n'est pas sans soulever des interrogations sur l'évolution des équilibres stratégiques.

Si l'Amérique est revenue au centre de toutes les disputes, elle ne l'est plus comme objet mais comme sujet, en ceci qu'il faut repartir de la représentation qu'elle se fait d'elle-même pour résoudre la grave crise identitaire qui la secoue. Son unilatéralisme apparaît, à mesure que le fossé avec ses alliés se creuse chaque jour davantage, de moins en moins lié à des causes fortuites ou des divergences momentanées d'intérêts, mais au contraire ancré dans la tradition politique la plus ancienne d'une nation uniquement préoccupée d'elle-même, et dans son refus d'un monde pris comme principe de corruption. De là découle un discours guerrier, en complet décalage avec les efforts universels pour faire primer la règle de droit, phantasme hégelien de la « destinée manifeste » qui était déjà à l'oeuvre dès la création de « l'Empire américain » cher à Thomas Jefferson. Ce qui amène les Européens à se demander, après deux siècles d'identification forcée, si leurs valeurs héritées des Lumières sont réellement partagées de l'autre côté de l'Atlantique.

Plus d'un an après les attentats terroristes, force est de constater que l'Amérique « a perdu le capital de sympathie » dont elle a bénéficié au lendemain du 11 septembre. L'« antiaméricanisme » progresse dans le monde, et le pouvoir politique outre-Atlantique serait bien inspiré de ne pas y voir un prétexte commode pour éviter toute introspection. L'Amérique est notre amie, qu'elle ne nous en veuille pas de notre franchise : manichéisme expéditif, dénonciation unilatérale de traités, rapprochement étrangement rapide avec la Russie, relance de la course aux armements, mépris de la communauté internationale et de sa représentation universelle, désir féroce d'en finir avec l'Irak, la CPI, la Palestine, la récente marginalisation de l'Otan... Entre les deux sommets de l'Alliance atlantique à Prague et de l'Union européenne à Copenhague, il est légitime de se demander si on nous prépare un monde meilleur ; rien n'est moins sûr !

Sur le site prestigieux de l'École militaire, le Centre d'études et de recherche de l'enseignement militaire supérieur (Cerems) a pour vocation de soutenir les initiatives des officiers qui souhaitent s'investir plus personnellement dans le débat stratégique. Il a été créé pour favoriser et valoriser leurs études dans le domaine de la stratégie générale militaire. En parfaite coordination avec celles du futur campus de défense de l'École militaire, les actions du Cerems se développent, dès à présent, dans trois directions : le soutien aux chercheurs militaires en leur offrant une capacité de veille en stratégie et des outils pour accéder à des informations pertinentes et personnalisées sur les sujets choisis ; la valorisation, par la diffusion, dans différentes revues des travaux susceptibles d'enrichir le débat stratégique et par la publication dans une « collection des chercheurs militaires » de certaines de ces études ; la participation à des enseignements, en organisant des rencontres et des séminaires de réflexion associant officiers, étudiants et intervenants de haut niveau, nationaux et européens. En relation avec les chercheurs en stratégie, civils et militaires, français et étrangers, il a pour ambition de faciliter, pour la recherche, la coordination entre les organismes de l'enseignement militaire supérieur, les état-majors et les instituts. Ultérieurement, s'appuyant sur la mise en place d'un conseil scientifique, le Cerems a pour vocation de contribuer au développement de la réflexion militaire et de conduire des recherches au profit des armées.

La revue Défense Nationale vient de perdre un de ses fidèles auteurs, et le Comité d’études de défense nationale l’un de ses membres les plus actifs. Lire la suite

Marc, nous nous sommes rencontrés pour la première fois au lendemain de la guerre, en passant les épreuves du premier concours de l’ENA, réservé à ceux qui avaient laissé leurs études pour combattre. Toi, à 19 ans, tu avais franchi la frontière espagnole, et après le traditionnel passage par les geôles de la Péninsule, rejoint l’Afrique du Nord où tu t’étais engagé dans les commandos. Après avoir débarqué en Provence, tu as livré tous les combats jusqu’en Alsace où tu fus blessé en novembre 1944. Ainsi Marc Bonnefous entrait-il à l’ENA promotion France Combattante avec la Médaille militaire et la Croix de guerre. Lire la suite

Chroniques

Bibliographie

Thierry de MONTBRIAL Philippe MOREAU DEFARGES : Thierry de Monybrial et Philippe Moreau Defarges : Ramses 2003 ; Dunod, 2002 ; 375 pages ; Dunod, 2002 ; 375 pages - Marcel Duval

François Georges DREYFUS : François-Georges Dreyfus : 1919-1939 - L'engrenage ; Éditions de Fallois, 2002 ; 394 pages ; Éditions de Fallois, 2002 ; 394 pages - Eugène Berg

Hélie de Saint-Marc et August von Kageneck : Notre histoire, 1922-1945  ; Éditions des Arènes, 2002 ; 300 pages - Maurice Faivre

François-Xavier de Vivie a eu l’idée de faire dialoguer avec Etienne de Montety, deux hommes de quatre-vingts ans que tout semble opposer : le déporté résistant face à l’officier de Panzer. L’un et l’autre ont eu une enfance protégée, dans une société terrienne, en passant par les collèges de Jésuites. Élevés dans la haine de l’ennemi de 1914, ils se sont engagés avec passion au service de leur patrie. Lire la suite

p. 194-194

Revue Défense Nationale - Décembre 2002 - n° 648

Revue Défense Nationale - Décembre 2002 - n° 648

La revue Défense Nationale vient de perdre un de ses fidèles auteurs, et le Comité d’études de défense nationale l’un de ses membres les plus actifs.

Christian Quesnot

Décembre 2019
n° 825

Le droit et l'usage de la force armée

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