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Nucléaire militaire

LA DOCTRINE Lire la suite

Voulue par la France dès les années 50, concrétisée sous l’impulsion du général de Gaulle, notre dissuasion nucléaire est une réalité depuis déjà quarante ans. Incontestée durant toute la guerre froide, elle fait toujours aujourd’hui l’objet d’un consensus, dans un environnement stratégique lourd d’incertitudes et de risques. Pour autant, sa pertinence ne saurait être considérée comme démontrée une fois pour toutes.

Identifiée à l'excès à l'affrontement de la guerre froide qui en masquait bien des atouts, l'arme nucléaire a peiné à conserver sa légitimité après la chute de l'URSS. Pourtant, dans un paysage stratégique mouvant, non stabilisé et incertain, elle donne à l'État qui la possède une dimension quotidiennement mise en valeur par l'actualité internationale si tourmentée, sujette à bien des tensions et demandant force et crédibilité pour se faire entendre. Déployée avec détermination et persévérance aujourd'hui, elle garantira pour cela notre sécurité demain si le besoin s'en faisait sentir. L'Europe en sera un jour la bénéficiaire.

Depuis l'arrêt définitif des essais nucléaires en janvier 1996 et la ratification du Traité d'interdiction complète des essais (Tice), la France a démantelé son centre d'expérimentations, et le maintien sur le long terme d'une capacité de dissuasion fiable et sûre repose désormais sur la simulation.

Garantir la fiabilité des armes nucléaires par la simulation nécessite de réunir deux conditions fondamentales intrinsèquement liées :
- posséder des logiciels de calcul scientifiquement rigoureux, prenant en compte des modèles physiques validés en laboratoire ;
- disposer d'équipes de physiciens qualifiés pour utiliser ces logiciels.
Le Laser Mégajoule (LMJ) est indispensable pour remplir ces deux conditions.

Lancé en 1995, le programme Simulation a été conçu de manière à assurer un développement cohérent et couplé des moyens suivant ses trois volets : la physique des armes, la simulation numérique et la validation expérimentale. Huit ans après son lancement, tous les jalons prévus par le programme ont été franchis de manière nominale et, en particulier, plusieurs résultats fondamentaux pour la pérennité de la dissuasion ont d'ores et déjà été acquis.

Éléments-clés du programme de Simulation, les moyens numériques et les moyens expérimentaux comme le Laser Mégajoule (LMJ) et son prototype, la Ligne d'intégration laser (Lil), constituent des réalisations exceptionnelles à la fois par leurs caractéristiques techniques et par leurs performances. Ces performances seront mises à la disposition de la communauté scientifique européenne conformément à la politique d'ouverture approuvée fin 2001 par le ministère de la Défense.

Après l'échec de l'Eldo (European Launcher Developpement Organisation) en 1970, l'Europe a su acquérir avec le premier lancement d'Ariane en décembre 1979 une autonomie dans l'accès à l'espace qui devait beaucoup aux acquis français issus de la dissuasion. Ces acquis, dûment développés, donnent à notre pays le monopole, en Europe, du savoir-faire balistique.

Il ne fait doute dans aucun esprit que la période de paix cinquantenaire vécue en Europe depuis la fin du second conflit mondial est très largement imputable au jeu subtil de la dissuasion nucléaire. Pour autant les éléments constitutifs de cette catégorie d'affrontement de volontés n'ont pas cessé de se modifier et continuent de le faire. Sans omettre les évolutions observées ailleurs dans le monde, l'adaptation en France et en Europe de cette matrice protectrice aux risques actuels et futurs est l'objet de cette réflexion. Notre groupe s'est avant tout efforcé de rendre homogène et approfondie – autant que la protection du secret le permettait – sa connaissance du sujet. Ayant analysé les modifications survenues en la matière, nous avons ensuite étudié quelques pistes d'évolution possibles.

L'examen de l'environnement stratégique conduit la Société française d'études militaires (SFEM) à suggérer que la France révise sa doctrine de dissuasion. Malgré des critiques plus ou moins fondées, celle-ci garde des vertus qui font que l'arme nucléaire contribue à la stabilisation du monde.
Dès lors qu'une révision est nécessaire, il apparaît opportun de proposer un concept apte à emporter l'adhésion de l'Europe. La SFEM propose le concept de persuasion.

Le professeur Peter Schmidt examine la question nucléaire dans les relations franco-allemandes. Après avoir exposé les raisons qui rendent cette question taboue, l'auteur envisage les conditions pour que les armes nucléaires françaises s'insèrent dans la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) : dans la conception actuelle, très politique de la dissuasion française, la République fédérale ne devrait pas s'y opposer, dès lors que cette intégration ne relancerait pas la prolifération ni ne remettrait en cause l'Otan, en particulier sa doctrine nucléaire.

La mise au point de notre bombe H fut laborieuse. L'amiral Marcel Duval, spécialiste éminent, fait ici le point de ses recherches pour savoir qui a réorienté les équipes du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) dans la bonne direction, pour aboutir à l'essai réussi de 1968. Il propose aux jeunes chercheurs de reprendre le dossier pour comprendre les raisons qui ont conduit l'Anglais William Cook à agir ainsi.

PESD : veille stratégique

La revue Défense Nationale suit l’évolution de l’Europe de la défense depuis son origine, avant même que l’on ne parle de Politique étrangère et de sécurité commune (Pesc) ou de Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). La fréquence et le nombre des articles s’y rapportant ont naturellement augmenté depuis leur émergence. Lire la suite

La présidence irlandaise a donné un cadre à la politique militaire de l'Union jusqu'en 2010. Les efforts se sont poursuivis pour mieux coordonner les activités internationales des trois piliers. Les opérations militaires crédibilisent la volonté de l'Union européenne de maîtriser son environnement tandis que la stratégie de sécurité se précise pour orienter l'action de l'Union et des États membres.

Les crises de l'après-guerre froide ont démontré plus que jamais que l'instrument militaire employé isolément est tout à fait insuffisant pour les résoudre. C'est pourquoi, profitant de la volonté des États membres, de l'étendue de ses compétences et de ses capacités, l'Union européenne a décidé, à partir de 1999, de se doter d'instruments civils propres à lui assurer une approche beaucoup plus globale. Après cinq ans de développement, les instruments civils ont atteint une certaine maturité qui a notamment permis le déploiement de deux opérations de police et d'une opération d'état de droit.

L'élargissement transfère aux nouveaux membres le contrôle des frontières extérieures de l'Union. Un dispositif d'entraide et d'harmonisation des procédures est nécessaire. À moyen terme un corps européen de gardes-frontières est souhaitable.

En se référant aux meilleures sources, Mme de Tinguy trace un point de situation de la mise en place des espaces de sécurité, intérieure et extérieure, entre l'Union européenne et la Russie. En filigrane transparaît la difficile question de savoir s'il existe un seul espace de sécurité euro-russe ou si les deux systèmes globaux coexistant sur le continent européen doivent trouver entre eux les arrangements nécessaires à leur sécurité.

Repères - Opinions - Débats

Le passé de l'Europe de l'Ouest est trop différent de celui de l'Europe centrale et orientale pour que leurs peuples puissent ambitionner un destin commun. Et ce n'est pas en occultant l'ambiguïté fondamentale entre une notion géographique et une vocation politique que l'on parviendra à réconcilier les deux parties de l'Europe. L'unité est une notion nouvelle pour le Continent. Par ces remarques « non conformistes », l'auteur appelle de ses voeux une marche vers l'unité qui serait plus guidée par un véritable projet politique plus que par le rappel d'un passé qui n'a jamais été unitaire.

Aujourd'hui, la conception des opérations multinationales répond davantage à une logique de moyens plutôt qu'à une exigence de résultats. Leur mise en oeuvre trahit donc souvent des principes tactiques pourtant communément partagés. Elle traduit aussi parfois des divergences profondes sur la nature même du métier de soldat. Par conséquent, leur avenir sera l'exacte traduction de l'ambition politique des nations participantes.

Aux niveaux tactique et opératif, l'évolution des technologies de l'information influe directement sur les systèmes de commandement et indirectement sur le style de ce dernier. Le but est de tirer le meilleur de ces nouvelles techniques, tout en les maîtrisant pour qu'elles se subordonnent au style de commandement souhaité. Dans un environnement de plus en plus fluide et inattendu, il s'agit en particulier de veiller à préserver le principe de subsidiarité et la liberté d'action des échelons d'exécution, seuls à même de permettre, au rythme voulu, l'adaptation aux circonstances.

Un lycéen, Mohamed Guermah dit Massinissa, blessé par balles dans une brigade de gendarmerie près de Tizi-Ouzou, meurt le 20 avril 2001, jour de la commémoration du «  printemps berbère ». Trois jeunes gens sont interpellés, de façon irrégulière, par des gendarmes, près de Béjaïa deux jours plus tard, en présence de leur professeur. Un communiqué du commandement de la gendarmerie, repris momentanément par le ministre de l’Intérieur en personne, le jour même des obsèques de Massinissa le 23 avril, affirme que le jeune homme est mort à cause d’un «  regrettable accident par arme à feu », et le présente comme un délinquant. Ces événements soulèvent une vague de colère dans les villes, les villages, et les hameaux de Kabylie.

L'importance du phénomène religieux dans les pays de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Ansea) est surtout perceptible par le poids du bouddhisme qui constitue le courant majoritaire dans la zone. Le souffle spirituel très fort qui anime cette partie de l'Extrême-Orient concerne aussi d'autres valeurs asiatiques (hindouisme, philosophies des minorités chinoises, animisme) et les religions monothéistes (christianisme, islam). Ce creuset culturel est cependant contrarié par des conflits confessionnels qui perturbent certaines contrées et par les dérives d'un intégrisme musulman qui ont occasionné l'ouverture d'un nouveau front contre le terrorisme.

Bibliographie

André Dumoulin, Philippe Manigart et Wally Struys : La Belgique et la Politique européenne de sécurité et de défense  ; Bruylant, Bruxelles, 2003 ; 676 pages - Joseph Henrotin

Immanquablement, la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) est amenée à influencer les politiques étrangères et de défense des membres de l’Union. Les progrès enregistrés, de la mise en place d’un catalogue de forces à des structures en passant par le nouveau Concept stratégique européen affecteront de plus en plus systématiquement ces politiques et il est sans doute temps de voir comment et en quoi. C’est encore plus le cas dans les « petits » États de l’Union. Moins systématiquement traités dans la littérature concernant les politiques de défense, ils sont aussi plus facilement concernés par les évolutions en matière d’alliances et de construction européenne. Lire la suite

p. 203-204

Patrick Barriot et Chantal Bismuth : Les armes de destruction massive et leurs victimes - aspects médicaux, stratégiques, juridiques  ; Médecine-Sciences Flammarion, 2004 ; 232 pages - François Naudin

L’appellation armes de destruction massive est apparue à l’occasion du bombardement de Hiroshima et, depuis lors, cette panoplie d’armements n’a eu de cesse de s’enrichir, et ce encore récemment avec les guerres du Proche-Orient, du Golfe, puis de l’Afghanistan, mais aussi avec les attentats devenus l’arme des peuples non industrialisés. Est ainsi apparue une arme au pouvoir égalisateur inattendu, utilisée par des peuples démunis, qui font vaciller les maîtres militaires de la planète. Ces instruments de terreur figurent donc désormais – comme le font remarquer, à juste titre, les docteurs Barriot et Bismuth – dans l’équation stratégique des États comme des groupuscules insurgés, les plaçant presque, les uns et les autres, sur un même niveau quant aux rapports de forces. Lire la suite

p. 204-205

François Broche : L'Armée française sous l'Occupation (t. 3) : Le rassemblement  ; Presses de la Cité, 2003 ; 486 pages - Pierre Morisot

Dopé par l’accueil flatteur et mérité réservé aux deux premiers tomes de son monumental ouvrage et par les prix qui les ont à juste titre couronnés, soucieux aussi à coup sûr d’amener à son terme une entreprise aussi ambitieuse, François Broche persiste et signe en livrant une suite et fin dans ce tome 3 qui, comme les précédents, est partagé en deux « livres » (Libération et Victoire) sous un volume d’ensemble respectable. Lire la suite

p. 205-206

Revue Défense Nationale - Août/Sept 2004 - n° 667

Revue Défense Nationale - Août/Sept 2004 - n° 667

LA DOCTRINE

La constitution de la « force de frappe » dans les années 60, en pleine guerre froide, correspondait à deux objectifs :

- l’un, politique : assurer la liberté d’action de la France et son « rang » dans le monde ;

- l’autre, militaire : défendre nos intérêts vitaux en faisant courir à tout agresseur potentiel des « risques inacceptables, hors de proportion avec l’enjeu du conflit ».

L’objectif politique a été pour notre pays un moyen d’affirmer son autonomie de décision par rapport aux États-Unis.

L’objectif militaire impliquait une double prise d’otages : la population civile de l’adversaire potentiel, la nôtre en ne lui assurant aucune protection contre une première frappe ou une frappe de rétorsion au nom de la crédibilité doctrinale.

En un demi-siècle le concept de dissuasion a peu évolué car les notions d’intérêts vitaux, de dommages inacceptables et d’ultime avertissement présentaient la souplesse nécessaire à l’évolution du contexte international.

Cependant il convient de noter quelques infléchissements.

Le Livre blanc de 1994, tout en confirmant le caractère dissuasif de la force de frappe, arme de « non-emploi », a souligné la possibilité de menaces régionales pour nos intérêts vitaux ; menaces régionales susceptibles d’être traitées non par la destruction des populations mais par celles des centres de pouvoir et de décision.

À la suite des travaux de révision de notre posture nucléaire, de 1999 à 2001, le président Chirac a déclaré que l’arme nucléaire avait trois fonctions :

- garantir la survie de la France,

- faire face aux menaces que feraient peser sur nos intérêts vitaux des puissances régionales dotées d’armes de destruction massive,

- contribuer à la dissuasion globale de l’Alliance atlantique.

Au plan doctrinal on passe de la dissuasion du « faible au fort » à la dissuasion « tous azimuts » qu’avait d’ailleurs décrit le général Ailleret dans les années 60 mais dans un autre contexte.

En résumé, comme le souligne Bruno Tertrais maître de recherche à la FRS, nous avons confirmation du caractère exclusivement dissuasif de la doctrine mais adaptation du discours, de la planification et des moyens ; refus des frappes préventives mais maintien de l’option frappe en premier si nécessaire ; diversification des armes de dissuasion en tant que de besoin, pas d’identification nominative d’adversaires potentiels mais dissuasion de puissances lointaines menaçant d’attenter nos intérêts vitaux.

 

LES MOYENS

Si l’évolution conceptuelle a été faible en cinquante ans il n’en a pas été de même des moyens nucléaires.

De 1960 à 1992, la montée en puissance a été continue qu’il s’agisse de puissance, de précision, de nombre et de diversification des plates-formes de tir et des modes de lancement.

Quelle que soit la sensibilité politique du moment (c’est d’ailleurs sous la présidence de F. Mitterrand que les essais ont été les plus nombreux), les crédits nucléaires ont toujours eu la priorité et consommé plus du tiers des investissements annuels.

À partir de 1989 la situation internationale a été tellement bouleversée que même aujourd’hui nous n’en imaginons pas toutes les conséquences. Citons la chute du mur de Berlin en 1989, l’implosion de l’Union soviétique en 1991, la signature du TNP en 1992, la crise économique en 1993. Tous ces événements ont changé la donne et conduit les responsables politiques, sans l’expliciter publiquement, à revoir les priorités. La dimension sociale de l’État a pris le pas sur sa dimension régalienne. Les crédits d’investissement de la défense ont été réduits, et à l’intérieur de ceux-ci la part du nucléaire est passée de plus de 33 % à environ 20 %.

Simultanément la France a procédé à un désarmement nucléaire unilatéral important : démantèlement de la composante nucléaire terrestre (missiles du plateau d’Albion, système Hadès), arrêt des sites d’expérimentation et de production, abandon des essais au profit de la simulation.

Parallèlement s’est poursuivie la modernisation des plates-formes, vecteurs et têtes, pour arriver à un « seuil de suffisance minimal » qui reposera sur deux composantes :

- une composante sous-marine à base de SNLE de quatrième génération dotée de missiles M51 à six têtes d’une portée de 6 000 kilomètres ;

- une composante aérienne à base d’avions Rafale dotée de missiles ASMP.

Malgré sa souplesse, notre concept de dissuasion subit les outrages du temps à l’épreuve de deux facteurs essentiels : le changement accéléré du contexte international, et l’évolution technologique symbolisée par ce que l’on a appelé la Révolution dans les affaires militaires (RMA).

 

ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Ne retenons de l’environnement international que ce qui peut avoir un impact sur notre concept.

La suprématie américaine et le choix politique de l’Administration d’utiliser les forces armées, aux capacités sans rivales, comme instrument privilégié d’une politique étrangère hégémonique et musclée.

Dans le domaine qui nous intéresse notons l’abolition unilatérale du Traité ABM de 1972, la décision de réaliser une défense antimissiles, la militarisation progressive de l’espace.

Toutes ces décisions ont pour conséquence une fragilisation de notre concept en mettant la barre technique de plus en plus haut, ce qu’ont bien compris d’autres puissances nucléaires comme la Russie et la Chine, qui ont à faire face à un problème analogue.

La construction européenne est laborieuse, mais à terme l’Union européenne devra disposer d’instruments de souveraineté. Si l’Europe à 25 arrive à accepter et à définir la notion d’intérêts vitaux européens, la « nucléarisation » de sa défense se posera. Les opinions publiques, en majorité, ne sont pas préparées à ce genre de réflexion, certaines y sont violemment opposées, et les responsables politiques se gardent d’aborder le sujet.

Les entretiens confidentiels débouchent rapidement sur une impasse : la garantie nucléaire européenne ne peut reposer que sur les forces britanniques et françaises. Si l’on peut considérer que les premières sont autonomes en ce qui concerne la survie de la Grande-Bretagne, il n’en est pas de même pour le reste du monde où tout engagement est subordonné à la décision américaine. Par ailleurs, si l’Union arrive à se mettre d’accord sur une Constitution « opérationnelle » le mécanisme de décision de l’emploi éventuel de l’armement nucléaire sera difficile à élaborer.

La prolifération se généralise, les puissances régionales cherchent à se doter de l’armement nucléaire, instrument de souveraineté par excellence. Cet avis n’est pas partagé par les bien-pensants mais il est stratégiquement naturel, ce fut d’ailleurs la démarche historique française. En revanche, ce qui est plus inquiétant c’est le côté « mercantile » qui s’est greffé sur l’industrie nucléaire militaire et les échanges de bons procédés qui en ont résulté. Le Pakistan et la Corée du Nord en sont des exemples emblématiques. Dans cette perspective la dissuasion redevient tous azimuts.

 

L’ÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE

L’évolution technologique permanente a toujours influencé la stratégie et la tactique militaires. En ce début de siècle l’accélération est spectaculaire sous l’impulsion exclusive des États-Unis. Les mon tants annuels des crédits spatiaux sont dans un rapport de 1 à 6 entre l’Union européenne et les États-Unis, et de 1 à 25 en ce qui concerne le spatial militaire.

La révolution dans les affaires militaires (RMA) n’est pas un concept purement américain, les Soviétiques, dans les années 80, avaient souligné l’importance accrue du facteur technico-opérationnel avec l’arrivée massive des armes nucléaires et des missiles. Cependant, ce sont les États-Unis qui en sont l’élément moteur depuis une dizaine d’années.

En ce qui concerne l’armement nucléaire l’impact est et sera considérable : la notion de contrôle stratégique entraîne la militarisation de l’espace et, désormais, le spatial et le nucléaire sont intimement liés y compris dans la cohérence des investissements. Les États-Unis se dotent des moyens leur permettant de neutraliser l’action non seulement de leurs adversaires mais aussi celle d’États non hostiles ne partageant pas les mêmes intérêts stratégiques.

L’évolution des risques et menaces, en particulier l’apparition du terrorisme de masse non étatique, entraîne une double démarche : la montée en puissance d’une dissuasion conventionnelle, en élevant le seuil des capacités ; mais aussi le renforcement de la crédibilité et de l’adaptabilité de la dissuasion nucléaire en diminuant l’impact des dégâts collatéraux grâce au développement et à l’emploi de charges kilotonniques.

Pour toutes ces raisons il est apparu nécessaire d’évoquer « Le nucléaire militaire » dans ce dossier particulier de la Revue. La place disponible nous a toutefois contraint à repousser l’aspect prolifération, qui fera l’objet d’une livraison ultérieure.

13 juillet 2004

Christian Quesnot

Octobre 2019
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