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Novembre 2006 - n° 691

Otan

La revue Défense nationale et sécurité collective consacre deux numéros par an à l’Europe de la défense, ce qui traduit un des fondements de la politique de défense de la France. Il reste que cet engagement n’est pas unique, et que les plus hautes autorités civiles et militaires rappellent régulièrement la place de la France dans l’Otan : l’Alliance et l’Union européenne ne sont pas exclusives l’une de l’autre, ainsi que l’a bien expliqué André Dumoulin (1). Cela ne veut pas dire non plus qu’il faille aller vers une fusion, voire une confusion. Lire la suite

L’ambivalence de la position française au sein de l’Alliance atlantique s'explique par le désir de Paris de privilégier la construction d'une identité européenne de sécurité et de défense, tout en jouant un rôle plus important au sein des structures de l’Otan. En s'imposant comme un nouveau défi sécuritaire, le terrorisme a bouleversé les schémas tactiques traditionnels concernant l'utilisation des outils de l’Otan. Dès lors se trouve posée la double question de la redéfinition de la France dans la structure de l'Otan, et sa perception de la lutte contre le terrorisme et du rôle du tandem UE-Otan pour y faire face.

Les Balkans ne constituent plus la priorité opérationnelle de l’Alliance : l’Otan maintient son dispositif au Kossovo en attendant de se désengager, et conserve des organes de liaison qui conseillent les gouvernements locaux à conduire leur réforme de défense, selon des normes euratlantiques : la mise en place d’un bureau à Belgrade en est le dernier avatar. Aujourd’hui, la vraie priorité se situe en Afghanistan, pour une raison assez simple : l’Otan n’est pas absolument sûre de gagner. C’est son avenir opérationnel qui se joue d’une certaine façon : démontrera-t-elle à Kandahar qu’elle est une agence mondiale de sécurité ? D’autres théâtres ne doivent pas être négligés : la surveillance maritime de la Méditerranée en est un vieil exemple, tout comme la mission en Irak. On a surtout remarqué au cours des douze derniers mois que l’Otan a mis le pied en Afrique en soutenant l’UA au Soudan, et a déployé la NRF au Pakistan, même si l’expérience demeure controversée. De nouveaux théâtres géographiques, des missions renouvelées, c’est une certaine transformation opérationnelle de l’Otan qui a en fait été conduite.

Logique historiquement, naturelle géographiquement, décisive opérationnelle, l’alliance géostratégique entre riverains de l’Atlantique Nord fut contractée pour faire pièce à l’expansionnisme soviétique. Depuis lors, l’Otan, vit au rythme de ses membres et évolue avec eux à la demande, mais sans réelle intégration institutionnelle. Le prochain sommet de Riga va poursuivre cette adaptation aux nécessités stratégiques du temps présent alors qu’une rupture s’imposerait sans doute. Lire la suite

Repères - Opinions - Débats

Les Japonais restent partagés entre le pacifisme et les exigences de leur sécurité. Le pacifisme est peu à peu remplacé par un patriotisme fondé sur la falsification des manuels scolaires, qui révolte les voisins du Japon, tandis que la géopolitique de l’Asie orientale est secouée par les expérimentations militaires de la Corée du Nord et par la révision de la Constitution du Japon. Celui-ci peut-il se libérer de son Histoire ? Il doit d’abord reconnaître les fautes du passé et pourrait ensuite adopter une forme de gaullisme. Le Japon, non nucléaire, jouerait alors en Asie le rôle qui revient à la seconde puissance économique.

La Chine vend à l’Inde certains produits manufacturés à des prix défiant toute concurrence, implante des firmes de haute technologie, rachète des sociétés en difficulté et répond à des appels d’offres pour moderniser les ports. Face à cette déferlante, l’Inde fait preuve de retenue. Certes, elle souhaite le développement des relations avec son voisin du nord, mais veut le contrôler et régler le différend frontalier. Prétextant des problèmes de sécurité, elle se montre réticente à un trop grand libéralisme des échanges transhimalayens et maritimes et écarte les Chinois du programme de modernisation de ses ports. L’Inde, de son côté, laisse certaines de ses grandes sociétés industrielles s’installer en Chine où elle développe sa présence bancaire.

Dans plusieurs registres, politique, économique, voire militaire, un affrontement entre les États-Unis et la Chine est vraisemblable au cours du siècle. En expliquant d’abord les fondements et les raisons de ces conflits possibles, et leurs conséquences imaginables, cet article soutient la thèse selon laquelle seule une Europe forte et influente, dans l’état actuel des équilibres de puissance sur la planète, est à même d’arbitrer la rencontre et d’en empêcher l’issue fatale.

Le monde arctique est désormais tributaire du réchauffement de la planète : modifications de la banquise, des ressources halieutiques, des voies maritimes russe et canadienne. De vastes gisements pétroliers et gaziers (mer de Barents), l’exportation terrestre et maritime des matières premières, le développement des méthaniers, les risques de pollution nucléaire (péninsule de Kola russe), les enjeux de souveraineté et les zones d’influence, de même que l’importance de la région pour la Missile Defense américaine, sont autant de dossiers-clés pour cet ensemble géostratégique évolutif.

Aujourd’hui les ressources en eau sont de plus en plus mal réparties à la surface de la Terre. Avec une croissance démographique mal maîtrisée, des pollutions incontrôlées et des évolutions climatiques significatives, certaines régions du monde sont menacées de stress hydrique, susceptibles de créer des tensions entre communautés. Les solutions résident d’abord dans de nouveaux rapports à l’eau, qui impliquent de consommer moins et de gérer mieux. L’évolution et l’usage de nouvelles technologies y contribueront. Il faut aussi une réelle priorité donnée à l’eau et à l’assainissement. Des réponses financières, morales, de gouvernance, énergétique, ou géopolitique, en particulier, existent et doivent être mises en œuvre à l’initiative de la communauté internationale.

L’accès à l’eau, droit universel à transformer en réalité ; autrement dit gagner la bataille de l’eau pour tous en créant les conditions de l’exercice des responsabilités des acteurs publics et privés. Des solutions techniques existent (concession, gestion des services, lutte contre les fuites), mais c’est bien un transfert de compétences, de savoir-faire, d’ingénierie sociale qui est proposé ici ; une action locale dans un dispositif global.

Face à une crise de l’eau annoncée, et à son corollaire trop souvent évoqué, les guerres de l’eau du XXIe siècle, les solutions de la gestion intégrée paraissent parfois de faible poids en regard de l’ampleur des difficultés à résoudre, ne serait-ce qu’à cause des difficultés de mise en œuvre de solutions concertées entre de multiples pays aux intérêts divergents. Gérer, à l’échelle d’un bassin versant, les besoins de plusieurs pays, et, dans chaque pays, de plusieurs secteurs souvent concurrents, n’est pas une mince entreprise, surtout si une méfiance durable s’est installée entre les différents gouvernements. Avec l’avènement des technologies modernes de génie civil, la possibilité de détourner de très importants volumes d’eau, dans une optique « fordienne » du triomphe de l’ingénierie, a réactualisé la possibilité de transférer, sur de grandes distances, une eau qui s’écoule loin des centres de consommation.

L’indépendance des cinq républiques d’Asie centrale (le Kazakhstan, la République du Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan) marque un tournant dans la gestion de l’eau du bassin de l’Amou-Daria et du Syr-Daria. L’eau en Asie centrale a toujours été un enjeu majeur pour les pouvoirs politiques, mais le contexte géopolitique actuel, entre revendications nationales et interdépendance régionale hérité du système soviétique, place l’eau au premier plan des enjeux stratégiques.

L’Inde connaît aujourd’hui une montée en puissance économique remarquée. L’accompagnement par cet État des différentes évolutions économiques et technologiques contemporaines n’échappe en rien à l’œil des observateurs qui y voient un exemple affirmé de puissance émergente. Cependant, le pays n’est pas exempt de contraintes. Plus que tout, les Indiens restent en effet confrontés aujourd’hui à une série de chantiers et de défis internes dont risque de dépendre leur avenir. Les questions hydrauliques envisagées d’un point de vue national ont à ce titre une importance considérable, tant leur mauvaise maîtrise pourrait constituer à terme un frein aux ambitions économiques indiennes.

Facteur de tension locale, l’eau est rarement cause de guerre, mais plutôt prétexte. L’évolution des menaces et des guerres en a fait la cible de conflits. L’auteur propose des solutions pour gérer l’après-guerre de l’eau dans une coopération civilo-militaire réussie.

Le développement durable est à la croisée des chemins, médiatisé jusqu’à l’excès comme une idéologie régulatrice de l’ensemble des dysfonctionnements socio-économiques. Croisée à une pluridisciplinarité de sciences, de cultures et de modes de vie, sa vision d’ensemble se retrouve brouillée, récupérée à la sauce partisane de chacun des grands acteurs (États, entreprises, ONG). Ce pessimisme n’est pas sans rapport avec la montée en puissance d’une mondialisation qui peine à conjuguer une croissance nécessaire à un cosmopolitisme financier des profits qui ne s’embarrasse plus de limites territoriales, culturelles ou éthiques. Le développement durable fait injonction de résister à une mondialisation globalisante et polymorphe, sans toutefois freiner le développement économique dans les sociétés précaires et paupérisées.

Conférence de Son Excellence M. Missoum Sbih, ambassadeur d’Algérie en France, le 30 juin 2006 à l’École militaire (Paris).

La rupture technologique dans le déplacement en 3D introduite par l’hélicoptère peut désormais, grâce au développement de ses armements et équipements, se transformer en rupture tactique et ouvrir l’ère de « l’aérocombat », indispensable face à un ennemi polymorphe et ubiquiste. Dans cet objectif, les forces terrestres de nombreux pays travaillent à l’adaptation de l’organisation des unités de combat d’hélicoptères, de leurs tactiques d’emploi et procédés de mise en œuvre. L’Armée de terre française a, pour sa part, construit un système solide et performant qui peut servir de modèle.

Bibliographie

Thierry de Montbrial et Philippe Moreau Defarges (dir.) : Ramses 2007, l'Europe et le monde  ; Dunod pour l'Ifri, 2006 ; 340 pages - Claude Le Borgne

Le Ramses nouveau est sorti, vingt-cinquième de la série. L’acronyme désigne le rapport annuel de l’Institut français des relations internationales, institut que dirige Thierry de Montbrial. Fidèle à une formule qui convient au rythme de la parution, l’Ifri privilégie chaque année un thème. C’est, cette fois, l’Europe et le monde. Lire la suite

p. 159-160

Robert Kagan : Dangerous Nation  ; Alfred A. Knopf, 2006 ; 527 pages - Jean-Philippe Immarigeon

L’avantage d’une recension d’un ouvrage de Robert Kagan, un des ténors néoconservateurs américains, est qu’il est inutile de présenter l’auteur, rendu célèbre en France par son ouvrage Paradise and Power à la réputation un peu surfaite, maïs qui eut le mérite de poser clairement le problème : les États-Unis et l’Europe sont-ils dans le même monde et la même civilisation ? La réponse négative de Robert Kagan n’a toutefois pas été comprise, comme reste ignoré le fait qu’il ne fait qu’exprimer l’opinion des Américains, totalement étrangers aux discours convenus sur un supposé partage de valeurs communes. Lire la suite

p. 160-161

Jean Cot : Parier pour la paix  ; Charles Léopold Mayer, 2006 ; 178 pages - Pierre Morisot

Le « a » de parier est-il fortuit ou intentionnel ? L’auteur en appelle à plusieurs reprises à Jean XXIII et à Jean-Paul II, sans oublier Teilhard de Chardin dont il se fait l’ardent supporter. Mais ses références débordent largement le pur terrain religieux, puisqu’il s’entoure de nombre de philosophes et penseurs « conviés au débat », allant d’Érasme à Pascal et de Kant à Nietzsche. Lire la suite

p. 162-163

Les lecteurs de notre revue connaissent Jean-Philippe Immarigeon, essayiste talentueux, subtil et vigoureux. Ils le retrouveront, dans cet ouvrage construit, avec un plaisir qu’agacera parfois une thèse trop entière, annoncée par un titre méchant et un sous-titre inquiétant. Il est vrai qu’en exergue Montesquieu nous rassure, affirmant qu’il ne convient pas d’épuiser un sujet. Résumons pourtant le propos : le 11 septembre 2001 n’a pas changé l’Amérique, il l’a démasquée, telle qu’en elle-même depuis le XVIIe siècle, engluée aujourd’hui dans ses archaïsmes. Sans importance ! L’Amérique est bientôt morte. Tocqueville, quelque peu malmené, sert de fil conducteur à la réflexion de l’auteur, dont la culture, il est vrai, vaut bien celle de son illustre prédécesseur. Lire la suite

p. 163-164

Jean-Philippe Immarigeon :  American parano, Pourquoi la vieille Amérique va perdre sa guerre contre le reste du monde  ; Bourin Éditeur, 2006 ; 250 pages - Olivier Kempf

Vous avez aimé Après l’empire d’Emmanuel Todd ? Vous appréciez Philippe Grasset et furetez de temps en temps sur dedefensa.org ? American parano, de Jean-Philippe Immarigeon est fait pour vous. Sorti en septembre avec un titre pastichant American vertigo, il évite le ton grave, hautain et moralisateur de BHL : rafraîchissant ! Lire la suite

p. 164-165

Emmanuel Mazzocco : Le Mirage IV. Cerbère & espion des chevaliers modernes  ; Éditions Bastingage, 2006 ; 50 pages - Antoine Philippe

À ce jour, les ouvrages consacrés au Mirage IV avaient naturellement porté sur les aspects technologiques, opérationnels, voire industriels, de l’appareil. Sur cet avion majeur de l’aéronautique française, on pensait que tout avait été dit. Pour autant, il manquait un autre mode d’expression pour enrichir l’histoire racontée du Mirage IV, celui de l’univers poétique et onirique. Angle rare des publications militaires, c’est le registre choisi par Emmanuel Mazzocco, capitaine de l’Armée de l’air et navigateur sur Mirage IV à ERS 1/91 Gascogne avec à son actif 3 000 heures de vol, dont 1 700 sur l’appareil. Emmanuel Mazzocco nous apporte là un texte qui n’a d’autre ambition que de magnifier la mystique du Mirage IV et de ses équipages ; comme autrefois, il y eut Saint-Exupéry ou Kessel pour compter les Lignes Latécoère et l’Aéropostale. Lire la suite

p. 165-166

Ouvrage collectif du Comité historique de l’Association Guerrelec, ce livre révèle un aspect stratégique, essentiel, et jusque-là maintenu dans la discrétion du Mirage IV, en l’espèce son dispositif de guerre électronique. Système sophistiqué destiné à l’autoprotection du Mirage IV face aux menaces antiaériennes, la guerre électronique (GE) était indispensable à la réussite de sa mission de pénétration des dispositifs de défense adverses pour y délivrer l’arme nucléaire, mais aussi pour effectuer en toute sécurité ses missions de renseignement stratégique, son autre vocation. Sur ses moyens de guerre électronique embarqués reposait donc la crédibilité du vecteur, et donc de notre dissuasion. Lire la suite

p. 166-167

Jean-Robert Henry : L'Année du Maghreb 2004  ; CNRS Éditions, 2006 ; 536 pages - Jean-François Coustillière

L’année du Maghreb est un ouvrage réalisé par l’Institut de recherche et d’étude sur le monde arabe (Iremam). Il succède à L’Annuaire de l’Afrique du Nord, édité par le CNRS, dont la première parution date de 1962, et dont le dernier numéro date de 1992. Comme son prédécesseur, L’Année du Maghreb a pour vocation d’analyser l’actualité maghrébine sur une année, en l’espèce 2004. Lire la suite

p. 167-169

Kacem Fazelly : L'Afghanistan : du provisoire au transitoire, quelles perspectives ?  ; Éditions Langues et mondes, l'Asiathèque, 2006 ; 252 pages - Emmanuel Dupuy

Une élection peut souvent en cacher une autre. C’est le cas de la proximité sans doute moins fortuite qu’il n’y paraît entre les élections présidentielles du 4 novembre 2004 aux États-Unis et du 9 octobre 2004 en Afghanistan. Chacun sait que l’élection d’Hamed Karzaï à Kaboul s’inscrivait en filigrane dans la campagne électorale que menait George W. Bush à Washington. Les résultats officiels sont d’ailleurs annoncés le même jour dans les deux capitales. Lire la suite

p. 169-170

Zalmaï Haquani : Une vie d'Afghanistan (entretiens avec Sébastien Brabant, Marc Hecker, Paul Presset)  ; Éditions l'Harmattan, 2006 ; 266 pages - Eugène Berg

Les livres d’entretien sont souvent décevants. Tel n’est nullement le cas du livre de l’ambassadeur d’Afghanistan à Paris. Visiblement, l’homme, qui a effectué ses études secondaires puis universitaires en France (thèse de droit public en 1977, assistant, maître-assistant puis professeur), a soupesé chacune des questions posées et a relu, avec attention, ses réponses. Il en ressort un ouvrage à la fois très vivant et concret, mais aussi très informé et pensé pour ce qu’il en est du destin, exceptionnel qui fut celui de son pays depuis ces trois dernières décennies. Le regard qu’il porte sur l’Afghanistan, son évolution, le contexte international dans lequel il a évolué est des plus aiguisés et stimulant. C’est que l’homme appartient à la haute société afghane, lettrée. Son père, président de la Cour de cassation, puis vice-ministre et ministre de la Justice, bien que non francophone, était francophile, comme le furent dans les années 30-60, maintes élites afghanes, au premier chef le roi Zaher Shah, ancien élève de Janson de Sailly. Il possédait un exemplaire de L’Esprit des lois en dari. Son oncle paternel, poète très connu en Afghanistan fut ministre de la Culture dans les années 50. Alors qu’il s’apprêtait à revenir en Afghanistan, au printemps 1978, intervint le coup d’État communiste qui mit fin au pouvoir de Daoud, en place depuis juillet 1973. Il dut rester en France où il entama une brillante carrière universitaire, comme en témoignent les nombreux ouvrages de droit économique international dont il est l’auteur. Lire la suite

p. 171-172

Yves Sudry : Guerre d'Algérie : les prisonniers des djounoud  ; (préface du médecin-général Bazot) ; L'Harmattan, 2006 ; 216 pages - Maurice Faivre

Médecin-aspirant dans l’Ouarsenis en 1958-1959, le docteur Sudry a relaté ses souvenirs de sa mission d’assistance médicale des populations dans un premier livre : L’œil du monde. En 2002, il a cherché à rencontrer d’anciens prisonniers du FLN et à recueillir leurs témoignages. N’ayant pas eu accès aux archives classifiées du Service historique de l’Armée de terre (Shat), il a complété sa recherche par la consultation d’ouvrages dont l’objectivité n’est pas la qualité première. Ainsi les listes de prisonniers attribuées à la Fnaca ont-elles en fait été établies par Oswald Calegari de l’UNC. La trentaine de témoignage recueillis ne fournit donc pas une histoire exhaustive des prisonniers du FLN, mais elle relate de façon réaliste les conditions de leur capture et de leur détention. Lire la suite

p. 172-173

Revue Défense Nationale - Novembre 2006 - n° 691

NATO

Defense Nationale is devoting two issues per year to Europe as a defence entity, which represents one of the cornerstones of French defence policy. It is true that this engagement is not the only one, and that the highest-level civil and military authorities regularly cite France’s place within NATO. The Alliance and the European Union are not mutually exclusive, as has been well analysed by André Dumoulin.1 Neither does this mean that they must move towards fusion, or indeed confusion. Read more

The ambivalence of the French posture within the Atlantic Alliance can be explained by the desire, in Paris, to favour the construction of a European security and defence identity while at the same time playing an important role within the NATO structures. By imposing itself as a new security threat, terrorism has thrown NATO’s traditional tactical scenarios into disarray. This in turn poses a double question, of the redefinition of France’s role in NATO, and of its perception of the fight against terrorism and the role of the EU-NATO tandem in confronting it.

The Balkans are no longer the Alliance’s top operational priority. NATO is maintaining its capability in Kosovo prior to its disengagement, and is keeping its liaison organisation, which advises the local governments in carrying out their defence reforms in line with Euro-Atlantic standards. The creation of an office in Belgrade is the latest sign of this. Today, NATO’s real priority is in Afghanistan, for a fairly simple reason: NATO is not absolutely sure of winning. In a sense, NATO’s operational future is at stake. Will it demonstrate in Kandahar that it is a world security agency? Other theatres must not be neglected. Maritime surveillance of the Mediterranean is an old example, as is the mission in Iraq. Over the last twelve months NATO has set foot in Africa by supporting the AU in Sudan, and has deployed the NRF in Pakistan, although the event remains controversial. New geographical theatres, new missions; an operational transformation of NATO has taken place.

Given the threat of Soviet expansionism at the time, the geostrategic alliance formed by North Atlantic countries was historically logical, geographically natural and operationally decisive. Its intergovernmental body (NATO), therefore, has been coexisting and evolving with its members, who have always preferred ad hoc adaptation to institutional integration. The upcoming Riga summit will most likely continue this tradition of adaptation to the current strategic requirements, although a break from past practices remains necessary. This article reflects this very point. As the work of two authors, one French and the other American, it highlights the sort of dialogue that North Americans and Europeans could–and should–hold if they hope to adapt their alliance to the strategic realities of the twenty-first century. The Alliance will have a future provided its members continue to work in partnership whenever their interests and approaches converge, and if they interact more effectively whenever their interests and priorities diverge.

The Japanese are still torn between pacifism and national security requirements. Pacifism is gradually being replaced by patriotism built on the falsification of school history books, which appals Japan’s neighbours, while East Asian geopolitics are being buffeted by North Korean weapon tests and the revision of the Japanese Constitution. Can Japan break free from its history? It must first acknowledge the errors of the past, and could subsequently adopt a form of Gaullism. A non-nuclear Japan could then play a role in Asia appropriate to the world’s second economic power.

China is selling to India a range of manufactured products at prices that defy competition, is installing high-tech companies and buying up others that are in difficulty, and submitting tenders for port modernisation projects. Faced with this onslaught, India is being circumspect: naturally it wants to develop relations with its northern neighbour, but wants to be able to control them, and to settle the frontier questions. Citing security problems, it is being reticent about overly liberal trans-Himalayan and maritime exchanges, and is keeping China at arm’s length from its port modernisation programme. On the other hand, India is allowing some of its big industrial groups to set up in China, where it is expanding in the banking sector.

On a variety of levels–political, economic or even military–confrontation between the United States and China during the course of this century seems probable. Explaining first the background and the reasons for possible conflict, and their foreseeable consequences, this article argues that only a strong and influential Europe, given the current global balance of power, is capable of arbitrating the encounter and averting a disastrous outcome.

The Arctic is as of now hostage to global warming, with changes to the icecap, to fish stocks and to Russian and Canadian sea-routes. Huge oil and gas fields (Barents Sea), exports by land and sea of raw materials, the development of methane tankers, nuclear pollution risks (the Russian Kola Peninsula), the question of sovereignty and zones of influence, as well as the importance of the region for American missile defence, are all crucial issues in this changing geostrategic arena.

Water resources nowadays are ever more unevenly distributed across the face of the world. With largely unrestrained population growth, unchecked pollution and significant climate change, some regions of the world are threatened with a shortage of water that could lead to intercommunal tensions. The answer lies primarily in a new attitude towards water, which implies consuming less and managing it more efficiently. The development and use of new technologies will help. But real priority must be given to water and its treatment. There are financial, ethical, governmental, energy-related and geopolitical answers, but the international community must take the initiative in implementing them.

Access to water is a universal right that has still to be made a reality; in other words, we must win the war on water for everyone by creating the conditions in which both the public and the private sectors can operate responsibly. Technical solutions exist (concessions, supply management, action to counter leakage), but it is the transfer of competence, of know-how and of social engineering that is argued in this article: local action in a global context.

In the face of predicted water shortages and their rather over-hyped corollary–twenty-first century wars over water resources–the solutions of integrated management sometimes seem outweighed by the size of the difficulties to be overcome, if only because of the problems of putting into practice solutions which must be agreed between a number of countries with varied interests. Managing the needs of several countries, and often of several competing sectors in each one, on the scale of a catchment area, is no small undertaking, especially if there is a history of mistrust between the different governments. Modern civil engineering techniques prompt a fresh look at the possibility of diverting very large volumes of water originating far from centres of consumption over great distances.

The independence of the five Central Asian republics (Kazakhstan, the Kyrghyz Republic, Uzbekistan, Tajikistan and Turkmenistan) marks a turning-point in water management in the Amu Darya and Syr Darya basins. In Central Asia, water has always been a major issue for governments but the current geopolitical context, with national claims and regional interdependence inherited from the Soviet system, places water at the forefront of the region’s strategic issues.

India is currently experiencing a remarkable upsurge in economic power. Its participation in various economic and technological developments has not escaped the eye of observers, who see in this the classic example of an emerging power. However the country has its problems. Above all, India today faces a series of internal challenges and projects on which its future is likely to depend. Water supply, at the national level, is a question of considerable importance: failure to master it could eventually become a brake on India’s economic ambitions.

A factor in regional tensions, water is seldom the cause of war, rather the pretext. Changing threats and the evolution of warfare are making water a target of conflicts. The author offers solutions for managing the post-‘water war’ scene, by successful civil-military cooperation.

Sustainable development is at a critical turning point, excessively mediatised as an ideology that can correct every socio-economic dysfunction. Situated at this crossroads, with its multifaceted sciences, cultures and lifestyles, its overall view is clouded by each of the major players (governments, companies, NGOs) acting in their own interests. Such pessimism is not unrelated to the rise in influence of a globalisation that is struggling to combine necessary growth with a profit-related financial cosmopolitanism itself no longer hindered by territorial, cultural or ethical boundaries. Sustainable development calls for resistance to generalised polymorphic globalisation, while not limiting economic development in unstable and impoverished societies.

Address by HE Missoum Sbih, Algerian Ambassador to France, on 30 June 2006 at the Ecole Militaire, Paris.

The technological breakthrough of mobility in the third dimension, heralded by the helicopter, may now, thanks to the development of its weapon systems, become a tactical breakthrough, and open an era of ‘aerocombat’, vital when faced with a multiform, omnipresent enemy. To this end the ground forces of many countries are working to adapt the organisation, tactics and employment of combat helicopter units. For its part the French Army has created a robust and effective system that can serve as a model.

Book reviews

Revue Défense Nationale - Novembre 2006 - n° 691

La revue Défense nationale et sécurité collective consacre deux numéros par an à l’Europe de la défense, ce qui traduit un des fondements de la politique de défense de la France. Il reste que cet engagement n’est pas unique, et que les plus hautes autorités civiles et militaires rappellent régulièrement la place de la France dans l’Otan : l’Alliance et l’Union européenne ne sont pas exclusives l’une de l’autre, ainsi que l’a bien expliqué André Dumoulin (1). Cela ne veut pas dire non plus qu’il faille aller vers une fusion, voire une confusion.

La France agit en fait selon une démarche pragmatique, dans l’une comme dans l’autre institution. Ce pragmatisme contraste évidemment avec le dogmatisme qui était prêté à la « grande nation », selon le mot ironique des Allemands. Qu’il s’agisse des opérations, de la NRF ou de l’interopérabilité, les dossiers sont nombreux où la France épouse et soutient les positions de l’Alliance. Celle-ci est en effet un formidable laboratoire de procédures communes qui permettent la progression des armées : la certification à venir du Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr) en est le meilleur exemple.

Cela ne veut pas dire pour autant que la France est d’accord sur tout : à l’Otan comme dans les autres organisations internationales, le consensus prévaut. Et si 95 % des remarques françaises sont adoptées par l’Otan, d’abord parce qu’elles améliorent les textes, 5 % font l’objet de débats très vigoureux, voire heurtés.

Il paraît donc utile que DN & SC consacre, une fois l’an, un dossier à l’Otan : cela permettra de mieux connaître ce qui s’y passe, d’identifier les vrais enjeux, de comprendre les positions des uns et des autres. Il s’agira de naviguer entre deux écueils : une opposition systématique et doctrinaire, qui était celle sur laquelle la France s’est cantonnée de longues années : ce temps est révolu depuis les évolutions de 1996 puis de 2003, et notre pays affiche maintenant une relation apaisée avec l’organisation. Cet apaisement ne signifie pas non plus de tout abandonner, ce qui est l’autre risque dans lequel certains tombent parfois : impressionnés par l’efficacité de l’Otan, voulant bonifier une réputation d’éternel opposant, ils transigent pour montrer qu’ils sont de « bons élèves ». On doit continuer de défendre les positions nationales, ce que nos partenaires n’hésitent pas à faire. Finalement, il faut éviter la paranoïa comme le syndrome de Stockholm : c’est l’ambition de ces dossiers que d’y aider.

Ce premier opus paraît avant le Sommet de Riga (qui sera l’occasion d’un article à paraître ultérieurement). Il permettra de faire le point du rôle de l’organisation en Europe et dans le monde. Ainsi, Barthélemy Courmont commencera par rappeler comment la France conçoit l’articulation entre l’Otan et l’Europe de la défense, notamment en matière de lutte contre le terrorisme : cette question-clef est au cœur de l’avenir de la relation transatlantique. Olivier Kempf évoquera les opérations de l’Otan en 2006 et pourquoi ce qui se passe sur le terrain engage l’avenir de l’Alliance. Enfin, l’amiral Jean Dufourcq dialoguera avec Peter Faber afin de comprendre les points de vue qui existent des deux côtés de l’Atlantique, et d’apprécier à quels points ils sont finalement assez proches. Ce plaidoyer en faveur d’un dialogue renouvelé évoque des voies d’amélioration, dont certaines risquent d’ailleurs de susciter la polémique. Au moins cela permettra de féconder le débat, à l’aube d’un sommet important.


(1) « La France et l’Otan, entre méfiance politique et rapprochement doctrinal », DN & SC, mai 2006.

Olivier Kempf

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