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La revue Défense nationale et sécurité collective voit le jour en mai 1939, sous le nom de Revue des questions de défense nationale. Dans sa présentation, le comité de direction déclare en préambule : « Les menaces qui pèsent sur la paix font plus que jamais un devoir à tous ceux que préoccupent la sécurité du pays et son rang dans le monde d’appliquer leur réflexion aux problèmes vitaux dont la solution commande la défense nationale ». Lire la suite

Allocution de M. Nicolas Sarkozy, président de la République, à l’occasion de la XVIe conférence des ambassadeurs, Palais de l’Élysée, le 27 août 2008 (www.elysee.fr)

Crise caucasienne

Quel message retenir après une première analyse des récents événements en Géorgie de début août 2008 ? Il ne sera pas le même, suivant que l’on est Géorgien ou Russe, cela paraît évident. Comment réagir, en ce début de XXIe siècle et en tant qu’acteur international, face aux violences et au recours à la force militaire aux marches de l’Europe ? Comment mieux appréhender notre futur, rôle dévolu à la stratégie, plutôt que réagir et s’enfermer dans les clichés connus de la « guerre froide » ?

L’analyse du conflit russo-géorgien suivant l’angle de la géopolitique met en évidence les gains stratégiques engrangés par la Russie. Ils mettent un frein à l’élargissement de l’Otan qui est responsable de la perception d’encerclement de la Russie. À l’échelle mondiale, ce conflit signifie l’entrée dans le monde multipolaire. L’Union européenne est directement concernée par cet affrontement entre la Russie et les États-Unis pour la constitution de zones d’influences sur le continent eurasien. Dans l’optique d’une « Europe politique », les intérêts de sécurité de l’Union européenne lui sont dictés par la géographie. La renonciation à l’élargissement de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique répondrait aux impératifs de stabilité du continent afin d’ouvrir la voie à un nouveau système de sécurité eurasien.

L’intervention russe en Géorgie constitue la continuation par d’autres moyens de la rivalité russo-américaine dans les ex-républiques soviétiques. La Russie a mis en déroute l’armée géorgienne, justifiant son action par la volonté de défendre les Sud-Ossètes à proximité immédiate de ses frontières. La reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie par la Russie a conduit à une nouvelle spirale des tensions russo-occidentales.

Dans le conflit armé entre la Géorgie, l’Ossétie du Sud et la Russie, des attaques informatiques ont été perpétrées principalement à l’encontre des sites géorgiens mais aussi des serveurs russes et ossètes. Suivis de près par les experts en sécurité des systèmes d’information, ces assauts ont parfois donné lieu à des interprétations fantaisistes dues au fait qu’il est techniquement impossible de prouver quels sont les auteurs de ces méfaits. Certains d’entre eux s’inspirant d’écrits douteux circulant sur la toile se sont empressés de commenter ces événements sans malheureusement prendre la peine de vérifier leurs sources. Les nombreuses informations publiées sur ce conflit démontrent à quel point il est facile de se laisser manipuler par des personnes que les intérêts politiques poussent à la désinformation et à la propagande.

Profitant de ses atouts énergétiques, l’Azerbaïdjan a su s’imposer comme un acteur eurasiatique d’importance. C’est aussi un pays qui, depuis son indépendance de l’URSS en 1991, a été en mesure d’équilibrer ses relations étrangères entre la Russie et l’Occident. En effet, si dans les premiers temps c’est le rejet de la Russie et le rapprochement avec l’Occident qui ont prédominé, un rééquilibrage a lieu depuis quelques années. La seule véritable ombre au tableau des relations extérieures azéries demeure le conflit du Haut Karabagh, qui l’oppose à l’Arménie voisine.

Repères - Opinions - Débats

Cet article évoque l’évolution du schéma simplifié et réducteur qu’avaient les États-Unis à l’égard du Pakistan dans la crise afghane. Perçue comme puissance d’interposition obligée, le Pakistan est considéré de plus en plus comme un lieu de tension en soi et une menace à la paix, développant ses propres contradictions dans le contexte d’un ensemble ethnico-religieux, en butte à l’appel de la légitimité démocratique.

La notion de lutte contre le terrorisme s’est vidée de son contenu. Pour sortir de cette atonie, le général Petraeus, chef du United States Central Command, pressé par les impératifs de terrain, a redécouvert les enseignements tirés par David Galula dans son livre « contre-insurrection », rédigé dans les années 60. Cette rencontre à travers le temps de deux hommes de terrain et d’esprit vient nous rappeler, comme l’a fait également la lettre du général Cann au sujet de l’embuscade d’Uzbin, que par-delà les évolutions, il subsiste des leçons du passé qu’il serait irresponsable de négliger.

Au moment même où les conclusions du Livre blanc bousculent notre approche stratégique, voilà que la Rand Corporation découvre que le concept de guerre contre le terrorisme n’est qu’une chimère, qu’Al-Qaïda représente un risque proche de zéro, et que l’Amérique fait erreur depuis 2001 en s’engageant militairement en Afghanistan.

Stratégies maritimes

Face à l’incertitude née de l’intensification des flux stratégiques dans le monde, le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale exige initiative et réactivité. « L’ambition française est de ne pas subir les effets de l’incertitude, mais d’être capable de réagir, d’anticiper ». Cela se traduit notamment par un besoin de modernisation des capacités navales tout en continuant de s’appuyer sur leur polyvalence afin de répondre aux nouveaux défis issus de la mondialisation. Recentrant la Marine sur ses missions de combat, le Livre blanc réaffirme l’importance de ses missions liées à la sécurité.

L’espace maritime européen représente le patrimoine maritime commun des États membres de l’UE. Il est le théâtre de multiples activités illicites qui compromettent le futur dans le domaine de la sécurité, de la sûreté et de l’environnement. Dans le cadre du Livre bleu et de la Présidence française de l’UE, le moment semble venu de fédérer les projets et les programmes en cours et de lancer le développement des outils au service de la gestion intégrée de l’espace maritime européen. L’industrie est en mesure d’apporter des solutions qui respectent les prérogatives souveraines des États.

Depuis l’introduction du concept de la « Marine aux 1 000 Bâtiments », les chefs d’état-major des marines du monde se sont rencontrés afin de réfléchir sur la manière de promouvoir un partenariat mondial capable d’assurer notre sécurité en haute mer. Le contre-amiral Browne étudie le concept de Partenariats maritimes mondiaux (PMM) et laisse entendre que certaines pratiques — notamment relatives à la manière dont nous construisons nos navires et systèmes navals — nous donneront collectivement les moyens de réaliser la vision d’une sécurité maritime mondiale.

Selon le Pentagone, les trois armées de mer (Navy, Marine Corps, Coast-Guards), désormais unifiées, ont vocation à remplir de nouvelles missions (dissuasion, aide humanitaire, lutte contre les menaces transnationales) essentiellement dans l’hémisphère Sud, et devront garantir la libre circulation du commerce mondial sur les grandes voies maritimes reliant le Pacifique à l’océan Indien et au golfe Persique, contribuant ainsi à la sécurité et à la prospérité mondiales.

La mer de Chine méridionale dévoile de nombreuses richesses au premier rang desquelles les ressources en hydrocarbures. Elle suscite ainsi l’intérêt et la convoitise des États riverains et en particulier ceux de la Chine qui entend s’imposer dans cette zone comme une puissance régionale de premier ordre. Derrière les multiples revendications territoriales chinoises en mer de Chine du Sud se cache la volonté de Pékin de maîtriser la principale route d’approvisionnement énergétique et commerciale de l’Asie passant par des détroits stratégiques, et de s’approprier les richesses sous-marines également convoitées par les autres États riverains.

Extraits relatifs à la mer de Chine méridionale de l’Atlas géopolitique des espaces maritimes (Éditions Technip).

Extraits relatifs aux marines chinoise, japonaise et asiatiques de la préface de l’ouvrage Flottes de Combat 2008 (Éditions Maritimes & d’Outre-Mer).

Singapour a su tourner un inconvénient (la rareté de ses ressources en eau, sa dépendance vis-à-vis de son voisin la Malaisie) en une force. Son recours aux technologies les plus avancées (réutilisation des eaux usées, dessalement), sa capacité à développer des centres de recherche d’excellence et à attirer les meilleures entreprises mondiales de l’eau, lui confère un statut de grande puissance en devenir dans le domaine des technologies de l’eau.

Repères - Opinions - Débats

Préparer les opérations futures, c’est d’abord comprendre le monde tel qu’il est, tel qu’il se construit sous nos yeux. Le livre du général d’armée Sir Rupert Smith, L’Utilité de la force (Économica, 2007), répond aux interrogations des décideurs civils et militaires. Il affirme que le modèle clausewitzien de la guerre trinitaire n’est plus pertinent, et lui oppose un nouveau paradigme : la guerre parmi les populations.

D’après l’auteur, la notion de « guerre mondiale contre le terrorisme » est une perversion sémantique, stratégique, militaire et juridique qui, en confondant ennemi et méthode de combat de l’ennemi, a conduit les États occidentaux dans une impasse intellectuelle qui brouille leur réflexion dans de nombreux domaines et aboutit à des situations absurdes.

Le rôle de l’armée vis-à-vis de la jeunesse a été déterminant à la fin du XIXe siècle. À la lumière de l’échec de 1870, la société militaire a vu sa pensée, sa composition et son influence se modifier, en métropole comme dans l’aventure coloniale. Le service universel instauré en 1872 a joué un rôle central dans cette évolution, donnant à l’armée un rôle social déterminant. Aujourd’hui, dix ans après la suspension de la conscription, les armées jouent un rôle social amoindri, alors que la jeunesse rencontre des difficultés grandissantes, notamment chez les jeunes les moins favorisés. Lire la suite

Chroniques

Bibliographie

Pierre Pascallon : La défense antimissiles en débat(s)  ; L'Harmattan, 2008 ; 360 pages - Claude Le Borgne

Le club Participation et progrès, sous la direction de Pierre Pascallon, aborde à nouveau le grand sujet : la défense contre les missiles. Ce retour est justifié par le projet américain d’un déploiement ABM dans l’Est européen. Comme il est habituel au club, ce livre rend compte d’un colloque, tenu le 15 octobre 2007. Le nombre des intervenants-auteurs (36) est gage d’exhaustivité et de contradictions fructueuses, source aussi de difficultés pour ordonner en un plan cohérent les prestations de prestataires indisciplinés. On distinguera donc, sans fantaisie, menace et réponse. Lire la suite

p. 187-187

Pierre Pascallon : La défense antimissiles en débat(s)  ; L'Harmattan, 2008 ; 360 pages - Olivier Kempf

Ce livre présente les actes d’un colloque organisé par le club « Participation et progrès », et tenu le 15 octobre 2007 à l’Assemblé nationale. On pouvait craindre, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’ouvrage, que le résultat ne fût cacophonique, les interventions s’entassant sans vraiment s’éclairer. Ce n’est pas le cas du présent ouvrage, preuve que le colloque lui-même fut organisé avec précision et à propos. Lire la suite

p. 187-188

François Barlier : Galileo, un enjeu stratégique, scientifique et technique  ; L'Harmattan, 2008 ; 255 pages - Jean-Luc Lefebvre

François Barlier, président du Bureau des longitudes, a coordonné la mise à jour de cet ouvrage de référence sur le programme européen de navigation par satellite Galileo dont la première édition remonte à 2003. La contribution de membres éminents de l’Académie de marine et de l’Académie nationale de l’air et de l’espace apporte une plus-value remarquable dans le domaine des applications maritimes, aéronautiques et spatiales développées ou imaginées pour les GNSS (Global Navigation Satellite Systems). Lire la suite

p. 188-189

Paul Giniewski : Israël et l'Occident  ; Cheminements 2008 ; 313 pages - Claude Le Borgne

Les lecteurs de Défense nationale et sécurité collective connaissent Paul Giniewski, défenseur engagé de l’État d’Israël. Ils ignorent peut-être qu’en cinquante ans, il a publié trente ouvrages sur Israël et la judéité. Ce qu’il écrit doit donc être pris en considération, gardant à l’esprit que Giniewski est un sioniste bon teint qui reconnaît lui-même user volontiers de « la véhémence du polémiste ». Le livre que voici va plus loin que son titre. Si la défense de l’État d’Israël est son objet annoncé, c’est à propos du « juif Jésus » qu’une fois de plus le scandale arrive. Commençons par le plus ordinaire, qui n’est pas le Christ. Lire la suite

p. 189-191

Le nombre d’ouvrages paraissant sur l’Inde, y compris en langue française, est impressionnant. Celui-ci se distingue des autres par la qualité de son auteur, un scientifique, physicien et officier supérieur de réserve. Le regard qu’il porte sur l’Inde présente donc une certaine originalité. En introduction, l’auteur donne quelques précisions intéressantes. Le nombre de chiites (3 % de la population, soit plus de 30 millions) surprend, ce qui fait de l’Inde le troisième pays chiite du monde après l’Iran et le Pakistan. Mention est faite de l’invention du zéro en Inde, d’une notation numérique particulière, de l’attribution du prix Nobel à des scientifiques indiens (Bose, dont le nom est associé à d’autres savants Raman, Chandrasekhar). Lire la suite

p. 191-192

Barthélémy Courmont : Pourquoi Hiroshima ?  ; L'Harmattan, 2007 ; 460 pages - Pierre Morisot

Ouvert par une préface courte, mais « engagée » (puisque parvenant à dénoncer la « surdité » de Berlusconi à l’occasion d’une étude sur l’atome en 1945), l’ouvrage imposant de Barthélémy Courmont est issu d’une thèse et présente les caractéristiques du genre : sérieux de la recherche, souci du détail, bibliographie de taille impressionnante, importance accordée aux remerciements et références (la bagatelle de 992 renvois en bas de page !), plus, forcément, quelques redondances présentant le mérite de confirmer le propos. Lire la suite

p. 192-193

Barthélémy Courmont : L'autre pays du matin calme : les paradoxes nord-coréens  ; Armand Colin, 2008 ; 154 pages - Emmanuel Dupuy

Qui connaît la Corée du Nord ? Vestige antédiluvien idéologique replié sur lui-même dans une Asie orientale « globalisée », ce petit pays fait peur… surtout depuis qu’il a procédé avec succès, en octobre 2006, à son premier essai nucléaire. Lire la suite

p. 193-194

Jacques Robert : L'Histoire française est tragique  ; Economica, 2007 ; 203 pages - Pierre Morisot

Le lecteur prenant contact avec cet ouvrage est plutôt agréablement surpris de ne point découvrir une production hermétique derrière laquelle se profilerait « l’austère figure du professeur de droit drapé dans sa robe ». La première moitié du livre est en effet consacrée aux souvenirs d’une jeunesse algéroise heureuse, au sein d’une famille aimante et tolérante de culture protestante et sous le magistère d’enseignants pétris d’humanité. Le ton est allègre, restitue l’ambiance des rues Michelet et d’Isly, n’hésite pas devant les épithètes imagées ni les formules fleuries : « l’amour débordait de partout ». Lire la suite

p. 194-195

Jacques Favin-Lévêque : De la France de toujours à l'Europe de demain  ; Éditions Unicomm, 2008 ; 173 pages - François Bresson

Recueil de souvenirs, ou essai géopolitique ? À vrai dire, l’ouvrage de Jacques Favin-Lévêque tient des deux genres : souvenirs d’un officier général, sorti de l’École polytechnique dans le Génie, ayant accompli l’essentiel d’une carrière très diversifiée durant la guerre froide, essai d’un citoyen français passionnément amoureux de son pays dont l’avenir est pour lui profondément lié à celui de l’Europe. Lire la suite

p. 196-197

Pierre Miquel : Gendarmes, des destins incroyables  ; Le Cherche Midi, 2008 ; 200 pages - Pierre Morisot

« Un des plus grands historiens de notre temps » (4e de couverture), l’auteur s’est offert sans doute un moment de détente en nous contant huit parcours originaux et pittoresques où notre ami Pandore figure avec la loyauté, la rigueur et le courage qui lui sont coutumiers. Même si elles comportent parfois des aspects cocasses, ces histoires ne sont jamais « ni bonasses, ni ridicules ». Lire la suite

p. 197-197

Ferenc Toth : Saint-Gotthard, 1664  ; Lavauzelle, 2007 ; 166 pages - Pierre Morisot

Il fallait bien un Hongrois, s’exprimant d’ailleurs en bon français, pour remettre les idées en place et éviter confusion et oubli. Primo, le terme de Saint-Gothard évoque pour le commun des mortels occidentaux un col et un tunnel et non, avec un « t » supplémentaire, une bourgade coincée à la confluence des frontières autrichienne, hongroise et slovène. Secundo la constante et séculaire pression de la Porte en direction de Vienne se limite le plus souvent dans notre mémoire aux deux sièges menés sans succès par Soliman en 1529 et par Mustapha en 1683 pour finir sur les éclatantes victoires du prince Eugène, tandis que Juan d’Autriche avait réglé les comptes sur mer à Lépante. On omet le choc important narré ici par Toth. Lire la suite

p. 197-198

Revue Défense Nationale - Octobre 2008 - n° 712

Défense nationale et sécurité collective first appeared in May 1939 as Revue des questions de défense nationale. Presenting the journal, the management committee wrote: ‘The current threats to peace make it a duty, more than ever before, of all those preoccupied by the country’s security and its standing in the world to turn their minds to the vital questions whose solution affects national defence.’ Read more

Speech by Mr Nicolas Sarkozy President of the French Republic, at the sixteenth Ambassadors’ Conference, Paris, 27 August 2008 (www.elysee.fr).

Caucasus crisis

After a preliminary analysis of events in Georgia in early August 2008, what message are we getting? According to whether you are Georgian or Russian it will obviously not be the same message. But how are we to react, in this early part of the twenty-first century, as a player on the international scene, in the face of violence and military force on Europe’s boundaries? Rather than simply reacting to events and trotting out the old Cold War clichés, how can we better apprehend our future and the role of strategy in it?

An analysis of the Russia-Georgia conflict from a geopolitical point of view brings out the strategic gains pocketed by Russia. They have put a brake on NATO’s enlargement, which is responsible for Russia’s perception of encirclement. On a wider scale, the conflict represents the arrival of a multipolar world. The European Union is directly concerned by this clash between Russia and the United States over the forming of spheres of influence on the Eurasian landmass. From the perspective of a ‘political Europe’, the security interests of the Union are dictated by geography. Renunciation of the enlargement of the EU and the Atlantic Alliance would be a response to the imperatives governing the stability of the continent and would open the way to a new Eurasian security system.

Russia’s intervention in Georgia is merely the continuation by other means of its rivalry with the United States over the former Soviet republics. Russia put the Georgian Army to rout, justifying its action by its determination to defend the South Ossetians in the immediate vicinity of its borders. Moscow’s recognition of South Ossetia and Abkhazia has led to a new spiral of tension with the West.

During the armed conflict between Georgia, South Ossetia and Russia, attacks were made principally against Georgian websites, but there were also attacks against Russian and Ossetian servers. Monitored closely as they were by system security experts, these attacks on occasion gave rise to some imaginative interpretations, as it is technically impossible to prove exactly who was to blame. Some observers expanded on unsubstantiated rumours circulating on the Internet with hasty comment on the situation but without bothering to check their sources. The wide spectrum of the information published about this conflict demonstrates how easy it is to be manipulated by people whose political interest is to exploit disinformation and propaganda.

Thanks to its energy resources, Azerbaijan has achieved importance as a Eurasian actor. It has also managed, following independence from the USSR in 1991, to balance its foreign relations with Russia and the West. Whereas initially a rejection of Russia and rapprochement with the West predominated, for a number of years there has been a realignment. The only serious cloud on the horizon in Azeri foreign relations is its conflict with neighbouring Armenia over Nagorno-Karabakh.

Varies

This article deals with the evolution of the simplistic view the United States took of Pakistan’s place in the Afghan crisis. Initially seen as a necessary intervening power, Pakistan is now increasingly considered a source of tension itself and a threat to peace, with its own contradictions, including ethno-religious groupings hostile to the appeal of democratic legitimacy.

The notion of a ‘war’ against terrorism is now devoid of meaning. Realising this, General David Petraeus, now at the head of US Central Command, faced with the realities on the ground in Iraq, rediscovered the lessons drawn by David Galula in his ‘Counter-Insurgency Warfare’ published in the 1960s. This meeting across time of two likeminded men of operational experience and impressive intellect reminds us that, beyond superficial change, there are enduring lessons from the past that it would be irresponsible to neglect.

At the very moment when the White Paper conclusions are upsetting our strategic approach, the RAND Corporation has discovered that the concept of a war against terrorism is just an illusion, that al-Qaeda presents a risk that is close to zero, and that America has been mistaken since 2001 in committing itself militarily in Afghanistan.

Maritime strategies

Facing the uncertainties resulting from global strategic changes, the White Paper on defence and national security demands a proactive and responsive approach. ‘France’s ambition is not to suffer the effects of uncertainty but to react, to think ahead.’ It is driven by a need to modernise maritime assets, at the same time continuing to undertake multiple roles in response to the new challenges presented by globalisation. Refocusing the Navy on its combat missions, the White Paper reasserts the importance given to its maritime security operations.

Since the concept of a ‘1000 Ship Navy’ was first proposed at the International Seapower Symposium in Newport, RI in November 2005, leaders of the world’s navies have met in various forums to think about how to promote a Global Partnership that provides for our common safety and security on the high seas. Rear Admiral Michael J. Browne reviews the concept of Global Maritime Partnerships and suggests that certain practices—in particular, how we build our ships and ship systems—will enable our collective ability to achieve the vision of global maritime security.

Oil and gas resources rank high among the many riches of the South China Sea. Naturally enough, these attract the interest, or more, of the countries bordering it—of China in particular, which aims to dominate the zone as a leading regional power. Behind the many Chinese territorial claims in the South China Sea lies Beijing’s desire to control Asia’s principal energy and commercial supply route, which passes through strategically important narrows, and to take as its own the submarine wealth that is also sought after by the other littoral countries.

Notes on the South China Sea taken from Atlas géopolitique des espaces maritimes (Éditions Technip).

Updates on the Chinese, Japanese and Far-Eastern navies taken from the preface to Flottes de Combat 2008 (Éditions Maritimes & d’Outre-Mer).

Singapore has turned a disadvantage—its shortage of water and its dependence on supplies from neighbouring Malaysia—into a strength. Its use of the most recent technologies (recycling used water, desalination), its development of centres of excellence in research and its success in attracting leading global water companies have made it a major emerging power in the field of water technologies.

Varies

In the author’s view, the concept of a ‘global war on terrorism’ is a semantic, strategic, military and legal aberration, which, by confusing the enemy and the method of fighting him, has led the Western powers into an intellectual impasse that muddles their thinking in many areas and results in ludicrous situations.

The French Army played a decisive role vis-à-vis the country’s youth at the end of the nineteenth century. Following the defeat of 1870, the thinking, composition and influence of the military evolved both in France and its colonies. Universal military service, introduced in 1872, played a central part in that change, giving the Army a decisive social role. Today, ten years after the ending of conscription, the armed forces play a less prominent social role, whereas the youth of today, particularly the less privileged, are facing increasing difficulties. So is there a new need for social regeneration, and can the armed forces play a role in this?

Book reviews

Revue Défense Nationale - Octobre 2008 - n° 712

La revue Défense nationale et sécurité collective voit le jour en mai 1939, sous le nom de Revue des questions de défense nationale. Dans sa présentation, le comité de direction déclare en préambule : « Les menaces qui pèsent sur la paix font plus que jamais un devoir à tous ceux que préoccupent la sécurité du pays et son rang dans le monde d’appliquer leur réflexion aux problèmes vitaux dont la solution commande la défense nationale ».

Interrompue par la guerre, la publication de la revue reprend en septembre 1945, elle devient la Revue de défense nationale et ses objectifs sont ainsi définis : « …remuer des idées qui puissent servir aux constructions de l’avenir. Elle sera ouverte à toutes les compétences et à toutes les personnes de bonne volonté qu’anime le souci de la grandeur et de la sécurité française ».

Ainsi, depuis près de soixante-dix ans, la revue anime et diffuse la réflexion stratégique française. Une réflexion qui se veut originale, ouverte et indépendante.

Parmi les nombreuses revues traitant de sujets de société, de géopolitique ou de philosophie elle est la seule à maintenir le flambeau d’une réflexion française consacrée aux questions de défense et de sécurité.

Aujourd’hui où je reprends ce flambeau comme président du Comité d’études de défense nationale dont émane la revue, je tiens tout d’abord à rendre hommage au général Quesnot qui pendant huit années, aidé par toute son équipe conduite par l’amiral Girard, a développé et élargi le champ de la réflexion et la diffusion de la revue : reconnaissance du concept de sécurité globale, lancement d’une édition en langue anglaise, numérisation du fonds des archives pour ne citer que quelques réalisations conduites au cours de ces années.

Je n’oublie pas le prestigieux conseil d’administration qui a toujours soutenu et participé à cette dynamique d’affirmation d’une pensée stratégique spécifiquement française.

Toutefois, le monde bouge et le monde change, la revue se doit d’anticiper avec lucidité ces changements pour informer les citoyens et permettre que soient prises les meilleures décisions. Plus que jamais la nécessité d’une pensée stratégique indépendante française s’impose.

Cette réflexion s’est considérablement élargie d’une part, au plan national avec le concept de sécurité globale, de continuum sécurité-défense et d’autre part, au plan international avec la construction européenne et la mondialisation. Il s’agit donc de préparer les esprits pour mieux répondre à ces défis. Cette préparation repose d’abord sur une culture stratégique qui nourrisse une pensée toujours en mouvement.

Deux exemples récents illustrent l’ardente obligation d’une telle réflexion. L’Afghanistan et la Géorgie. Dans ces deux cas le premier principe stratégique : la surprise a joué, notre vigilance a été mise en défaut. Pour l’Afghanistan nous avons sous-estimé l’adversaire et pour la Géorgie nous avons été surpris par les réactions des deux principaux protagonistes.

Trop souvent à la remorque des événements, nous ne savons que reproduire les schémas connus, programmer ce qui est déjà périmé. Les bouleversements que nous connaissons aussi bien aux plans géostratégique et financier, qu’aux plans sociétal et environnemental imposent un renouvellement profond de la réflexion stratégique française. L’enjeu est considérable. Si nous ne voulons pas faire de notre univers globalisé un univers dévasté, il nous faut nous transformer et pour cela, d’abord, porter un regard lucide et réaliste sur le monde qui se fait.

Dans cette perspective le Comité d’études de défense nationale et sa revue, fidèles à leur mission historique de diffuser et d’animer une réflexion stratégique française, sont déterminés à jouer un rôle essentiel. Penser le changement des orientations stratégiques de notre pays, de façon dynamique et originale, que ce soit dans un cadre européen ou mondial est toute notre ambition.

Bernard Norlain

Novembre 2019
n° 824

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