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Cher lecteur, avec ce dernier numéro de l’année 2009 s’achève aussi un cycle de votre revue qui adoptera, comme prévu, une nouvelle maquette en janvier 2010 sous le titre Revue Défense NationaleLire la suite

Panorama euro-atlantique

La capacité de l’Europe à exister sur la scène internationale passe aussi — voire surtout — par la relance de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Elle est un axe stratégique du projet européen pour les années à venir.

À l’heure de son 60e anniversaire, l’Otan suscite de nombreuses réflexions, notamment pour ce qui concerne les difficultés que représentent les nouvelles menaces et la nécessité d’une réforme. Chacun voit qu’en Afghanistan l’Otan se trouve à la croisée des chemins. Mais le véritable enjeu en Afghanistan est moins l’Otan ou l’Alliance, que la stabilité même de la communauté internationale. L’Otan doit indéniablement devenir une organisation plus efficace. Mais depuis la fin de la guerre froide, elle a fait de réels efforts pour s’« alléger » et pour suivre l’évolution des défis sécuritaires. Il semble donc indiqué, avant de poursuivre le débat, de rappeler quelques fondamentaux en cette fin d’année anniversaire.

L’arrivée de Barack Obama à la présidence américaine avait laissé entrevoir un renforcement du partenariat atlantique. Les leçons tirées des premiers mois de sa mandature sont pourtant contrastées. Les relatives convergences sur les dossiers du bouclier antimissiles sont circonstancielles et dépendantes de la Russie. En revanche, les questions du partage des responsabilités décisionnelles et du burden-sharing en Afghanistan n’ont pas évolué. Ces inerties rappellent que le thème de l’intégration (dans la décision et l’exécution des plans militaires) reste la principale divergence entre Alliés.

L’Amérique et l’Otan ont déjà perdu la guerre en Afghanistan, selon l’auteur. Les conditions et les limites d’un retrait doivent être envisagées alors que le corps expéditionnaire est encore crédible. Différentes constatations amènent à penser qu’en y mettant le prix un redéploiement en Asie centrale serait non seulement possible mais aussi judicieux.

Sécurité et mondialisation

Les liens entre mondialisation et politiques nationales de défense constituent un vaste champ de réflexion dont les contours restent souvent flous. L’impact militaire des technologies spatiales, l’implication grandissante du secteur privé dans le domaine de la défense ainsi que le rôle primordial de la coopération militaire étrangère et celui de l’information sont des aspects essentiels de la corrélation entre mondialisation et défense. L’analyse qui suit apporte un éclairage original sur les grandes mutations que connaît la pensée stratégique depuis deux décennies du fait de ces inter-actions dont la perception est récente.

Du fait de l’extraordinaire accélération des mutations, de la complexification des enjeux et, surtout, de la survenance d’un « risque global », la mondialisation, bien que se situant dans le prolongement de l’aventure humaine, constitue une révolution historique sans précédents. Pour la première fois depuis que nos ancêtres se séparèrent pour coloniser les continents, nous sommes unis dans une communauté de destin. Ce qui exige que l’on dépasse nos différences et nos égoïsmes pour inventer une nouvelle gouvernance mondiale, seule solution à l’épée de Damoclès qui menace la planète.

Risques et menaces contre nos sociétés, hors temps de guerre, ne sont certes pas choses nouvelles. Une mutation de la sécurité, qui a commencé il y a quelques années, introduit progressivement une nouvelle donne résultant de plusieurs facteurs dont les effets se conjuguent. Un consensus semble désormais établi sur la manière dont nos sociétés doivent être protégées. Encore faut-il qu’il se traduise par des réalités institutionnelles et pratiques. La France, avec notamment la publication du Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, a fait dans le domaine un grand pas en avant. Des efforts restent cependant à accomplir pour la prévention et la gestion des crises ainsi que pour la protection du citoyen.

Formation et recherche stratégiques

Depuis la fin de la guerre froide, le terrorisme et le crime organisé, tout comme les menaces militaires, la prolifération, etc. ont connu une mutation, une mondialisation et des hybridations telles, qu’ils débordent largement du cadre statique et rétrospectif où ils s’étudiaient hier. Désormais irriguée par un concept encore à préciser de « sécurité globale », une nouvelle pensée stratégique se doit d’articuler défense nationale, sécurité publique, protection des entreprises ou sécurité environnementale.

La menace constituée par les engins explosifs improvisés pourrait inciter à envisager l’amélioration de la protection de nos soldats sous l’angle unique de l’augmentation du blindage des véhicules. Cette démarche n’aboutirait qu’à une course entre explosif et cuirasse, à l’issue incertaine et au coût exorbitant. Prioritaire, l’amélioration de la protection de nos hommes passe tout autant par l’adaptation permanente des tactiques, des dispositifs et de la préparation opérationnelle que par celle de leurs équipements.

Observons les dangers et menaces du monde réel, mais ne nous bornons pas à cela : réalisons aussi, cela importe au moins autant, nos faiblesses, les failles de nos dispositifs, les défauts de nos cuirasses ; qui bien sûr, abondent dans notre fragile société cybernétique dite « de l’information », où prolifèrent, sans grand contrôle ni protection, les normes et dispositifs. Tels sont les deux devoirs conjoints du futur Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.

Alors que Wall Street est à nouveau gagné par l’euphorie et les profits géants, la dimension criminelle de la crise des subprimes est désormais plus qu’un questionnement : une réalité. Et, depuis, d’autres crises financières suspectes ont éclos, mais dans une relative indifférence. À l’avenir, le décèlement de la criminalisation des marchés devra constituer une préoccupation majeure afin d’assurer la stabilité et la sécurité des nations développées.

Les vulnérabilités liées à l’identité existent et se développent. Le nombre d’infractions liées à la criminalité identitaire augmente malgré les efforts de nos États. Elles sont devenues tellement courantes que plus personne ne s’en émeut. Les exemples sont quotidiens, multiples, et frappent de plein fouet notre société. Il ne s’agit pas seulement d’un problème de maintien de l’ordre juridique, mais de défense de la civilisation moderne.

La forte croissance actuelle du nucléaire civil dans le monde induit une aggravation des risques inhérents au secteur : sûreté des installations, sécurisation du cycle du combustible, lutte contre les trafics de matière fissile, dommages possibles à l’écologie locale (consommation d’eau par exemple), etc. Relayant l’inquiétude de l’opinion, des spécialistes s’interrogent aujourd’hui sur notre capacité collective à maîtriser ces risques. Le nucléaire ayant besoin d’un environnement « ultra-sécurisé », sur quelles bases fournir aujourd’hui à certains pays des technologies et des matières, alors même que leur situation ou leur environnement sont lourds de menaces ?

Porté par l’ambition de contribuer au renouveau de la pensée stratégique française, le rapprochement des institutions administratives de formation supérieure constitue un élément clé des préconisations du rapport de M. Alain Bauer, qu’a approuvé le président de la République. Parmi les objectifs donnés aux nouveaux instituts figurent l’efficacité des actions de formation, mais aussi la capacité à développer des éléments de réflexion collective avec l’obligation de doter les auditeurs de concepts communs en matière de sécurité, de défense et de stratégie. Cette ambition suppose de faire acte d’imagination et d’innovation pour substituer à l’actuelle organisation des hautes études de défense et d’armement, comme à celles de sécurité intérieure et d’intelligence économique, un dispositif encore plus performant et d’un coût acceptable grâce à une gestion maîtrisée des ressources.

La fusion en cours entre le CHEAr et l’IHEDN ne relève pas d’un simple mécano institutionnel : elle a des raisons profondes, qui tiennent à la relation intime entre politique de défense, art militaire et technologies de défense. L’auteur replace ici cette fusion dans une perspective plus large d’évolution des enjeux de défense et de sécurité.

Repères - Opinions - Débats

Les bouleversements de notre environnement stratégique n’incitent pas à renoncer à la dissuasion nucléaire. En effet, un désarmement nucléaire des puissances européennes ne peut pas s’inscrire en contrepoint de la politique de non-prolifération. Une telle initiative priverait la France et ses alliés d’un atout majeur, vital, qui est aussi un des garants de la stabilité internationale.

Alors que le rôle du soft power est incontestable, sa définition exacte peut être sujette à débat. La place qu’il tient dans les relations entre l’Union européenne et la Russie n’y fait pas exception. Face à une Russie en profonde mutation depuis l’éclatement de l’URSS et l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine, la France et l’Europe peuvent, grâce à une politique étrangère plus lisible et un renforcement des coopérations, développer une approche originale du soft power.

La notion de sécurité fournit l’objet d’un des concepts fondamentaux des relations internationales. D’origine relativement récente, le mot a progressivement supplanté, sans le remplacer, celui de sûreté, qui figurait dans la déclaration des droits de l’homme de 1789. On peut en contester la signification et la portée, mais la sécurité est devenue une préoccupation quotidienne de l’homme comme des sociétés humaines.

Une équipe du Cara a analysé la donne géostratégique créée par les nouvelles dimensions climatiques, énergétiques et alimentaires de notre sécurité : intérêts divergents entre pays du « Nord » et du « Sud », équation États-Unis/Chine, posture de l’UE, spécificités de la France, etc. Cette analyse permet de mettre en évidence les enjeux les plus critiques pour la France et pour l’UE lors de la conférence mondiale sur le climat de décembre 2009 à Copenhague.

L’accès à l’énergie est l’un des enjeux majeurs de notre temps. Les nouveaux défis que doivent relever nos forces requièrent le développement d’une génération de moyens plus autonomes. Deux voies s’offrent à nous pour répondre à cette problématique : économies d’énergie drastiques ou conception de capacités autonomes d’accès et de production d’énergie au sein d’une force déployée. Explorant cette seconde voie, la réflexion qui suit propose une solution opérationnelle conduisant à une véritable rupture technologique à moyen terme.

Bibliographie

Un livre sur l’horizon (1) des menaces… Toutes les menaces stratégiques de la guerre froide (même le terrorisme) étaient lourdes, stables, lentes (Pacte de Varsovie, etc.). Pour l’essentiel, ces menaces ont disparu. Aujourd’hui, le danger est chaotique, rapide, fugace. Hier structurées et hiérarchisées, les entités dangereuses (groupes terroristes, organisations criminelles transnationales, etc.) sont désormais amorphes ; parfois même acéphales. Lire la suite

p. 173-174

Bruno Tertrais de la Fondation pour la recherche stratégique est un de nos experts de la sécurité. Son dernier ouvrage traite d’un sujet sensible : la prolifération. Les inquiétudes autour d’une bombe nucléaire « islamique » n’ont cessé de s’accroître depuis le 11 septembre 2001. Très vite, l’Administration américaine a mis en avant l’axe du mal incluant l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. Curieusement, le Pakistan n’était pas cité dans les pays à risque. Lire la suite

p. 174-176

Adrien Jaulmes : Adrien Jaulmes : Amerak ; Éditions des Équateurs, 2009 ; 141 pages  ; Éditions des Équateurs, 2009 ; 141 pages - Jérôme Pellistrandi

Mieux que le film La chute du faucon noir, le livre d’Adrien Jaulmes (1), grand reporter au Figaro, se dévore comme un roman, tant la réalité de la guerre en Irak y est intensément décrite. Il ne s’agit pas d’un essai sur les causes et les conséquences de ce conflit majeur. Il ne s’agit pas non plus d’une réflexion sur l’art de la guerre, la technologie militaire ou encore la tactique employée dans ce théâtre. Il s’agit d’un voyage choc dans un univers de violence où deux mondes étrangers et hostiles s’affrontent comme dans un film de science-fiction, mais il ne s’agit pas d’un scénario hollywoodien. Lire la suite

p. 176-177

Gérard-François Dumont et Pierre Verluise : Gérard-François Dumont et Pierre Verluise : Géopolitique de l'Europe ; Éditions Sedes, 2009 ; 320 pages  ; Éditions Sedes, 2009 ; 320 pages - Emmanuel Dupuy

Vingt ans après la plus grande mutation géopolitique qu’a connue l’Europe avec la chute du mur, il importe d’analyser les défis européens du futur. Un tel dessein exige d’une part une parfaite connaissance des paramètres géopolitiques de l’Europe : historiques, géographiques, culturels, démographiques, économiques… Il exige, d’autre part, une analyse approfondie et argumentée. Lire la suite

p. 177-177

Sous le pseudonyme d’une déesse grecque elle-même discrète, l’auteur de ce livre se cache. C’est, dit-il, que son franc-parler va lui créer beaucoup d’ennemis, et de très méchants. On apprend pourtant qu’il est « elle », diplomate haut placée dans les services de renseignement, présentement en poste à Bruxelles, arabisante et islamologue. La bibliographie nous renseigne un peu plus : tous les ouvrages écrits dans sa langue maternelle en ont été supprimés. Comme les titres qui subsistent sont en français ou en anglais, ladite langue peut certes être allemande ou lettone, elle peut aussi être arabe. Redoutable donc, quel est son propos ? L’Occident, bercé par les douces « vulgates médiatiques », n’entend rien à l’islam, au jihad qu’il mène, aux terroristes qui sont à la pointe de ce combat. L’auteur va nous éclairer, c’est un excellent professeur. Lire la suite

p. 177-178

La géographie a fait du Maroc un voisin de palier immédiat du continent européen : seuls 14 kilomètres séparent ses côtes de Tarifa en Espagne. L’histoire ancienne comme la plus récente a indiscutablement lié les deux continents à travers le royaume chérifien. Lire la suite

p. 178-179

Devinette à tiroirs. Quelle est la fringante septuagénaire engendrée de l’union improbable de l’aigle et du canon : Lire la suite

p. 179-181

Dans son numéro de janvier 2009, Défense nationale et sécurité collective présentait À la croisée des chemins, un précédent ouvrage, largement autobiographique, dans lequel un jeune lieutenant de réserve des tirailleurs sénégalais, perdu dans un poste quelque part au milieu du delta du Tonkin, découvrait, en lisant les cinq tomes de Jacques Pirenne sur Les grands courants de l’histoire universelle, la marche inexorable et indifférente aux contingences humaines des civilisations. Cinquante ans plus tard, devenu contrôleur général des armées (cr), le même officier débutait un « septennat » de recherches et d’écriture destiné à montrer comment l’histoire de la colonisation française n’était, somme toute, qu’un moment de cette marche des civilisations. Lire la suite

p. 181-182

Revue Défense Nationale - Décembre 2009 - n° 725

Revue Défense Nationale - Décembre 2009 - n° 725

Cher lecteur, avec ce dernier numéro de l’année 2009 s’achève aussi un cycle de votre revue qui adoptera, comme prévu, une nouvelle maquette en janvier 2010 sous le titre Revue Défense Nationale.

Ce numéro de décembre, comme le précédent, s’efforce de présenter un tour d’horizon éclectique des questions de sécurité et de défense : des points de vue sur l’Europe de la défense et l’Alliance atlantique sous forme de bilans, ainsi qu’une position tranchée sur la question afghane ; un aperçu sur quelques impacts stratégiques significatifs de la mondialisation. Vous trouverez ensuite un dossier sur la formation et la recherche stratégiques françaises, assemblé par Xavier Raufer, qui permet d’ouvrir la réflexion sur des dimensions émergentes de la sécurité. Il expose également les évolutions structurelles prévues sur le site de l’École militaire pour mettre en œuvre les perspectives arrêtées à l’été 2008 par le Livre blanc sur la sécurité et la défense nationale. Vous constaterez que le débat sur la dissuasion continue. De nouveaux repères complètent cette édition.

La rédaction vous souhaite une bonne lecture de ces dossiers. Elle vous présente ses vœux chaleureux pour une fructueuse année 2010 au cours de laquelle elle compte sur tous ses lecteurs, et bien d’autres à venir, pour animer le débat et diffuser de nouvelles idées sur les grandes questions nationales et internationales. Votre soutien, en tant qu’abonné, contribue à l’indépendance éditoriale de la revue, et nous vous en remercions. Nous pouvons ainsi grâce à vous continuer à participer activement au renouvellement du débat stratégique français et à sa promotion en Europe et dans le monde.

Consultez le site www.defnat.com et animez la rubrique « Tribune » en envoyant vos réflexions, vos commentaires, vos critiques ou vos points de vue à l’adresse contact@defnat.com.

Jean Dufourcq

Novembre 2019
n° 824

Formation et opérations militaires

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