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Des trois facteurs du changement à l’œuvre sur la planète du XXIe siècle que sont la révolution démographique, l’exigence climatique et le grand bazar économique, c’est le deuxième qui est aujourd’hui le plus controversé. Si chacun d’entre eux joue un rôle important dans les racines d’une conflictualité qui s’est profondément renouvelée depuis le temps des guerres nationales et des défis idéologiques des siècles précédents, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la nature et l’intensité des tensions que va induire le réchauffement climatique annoncé. Le récent Sommet de Copenhague a permis à beaucoup d’exprimer leur inquiétude, à quelques-uns d’afficher leur scepticisme. C’est ce thème et ses conséquences, la sécurité environnementale, que votre revue aborde et qu’introduit Michel Rocard. Lire la suite

Le consensus scientifique a été long à se faire sur le problème du réchauffement climatique, sur sa mesure, sur ses causes et sur ses conséquences prévisibles. Il est à peu près acquis aujourd’hui. L’article décrit l’histoire des négociations qui ont conduit à ce constat, puis l’échec, temporaire sans doute mais certain, de la dernière conférence (Copenhague). Il rappelle ensuite ce que l’on sait du réchauffement climatique, et évoque ses conséquences prévisibles reconnues : désertification de régions entières au centre de nos continents et dans la région méditerranéenne, diminution de la diversité biologique, hausse du niveau des mers, fonte des glaces polaires, et tensions croissantes dans l’économie de l’énergie.

Dans cette réflexion générale, l’auteur aborde la notion de résilience, ses différents domaines d’application et en ébauche un concept en présentant l’ambivalence actuelle du terme. Il s’interroge ensuite sur la résilience d’une nation et esquisse un concept de résilience français.

Comprendre la question du rôle social des armées sous l’angle de l’aide que les armées pourraient apporter à la résolution des problèmes sociaux est inadéquat. Certes, il importe que la population perçoive l’intérêt pour elle de disposer d’une armée, mais cet intérêt doit reposer sur une compréhension du rôle et des besoins propres aux armées, même si cela peut être difficile dans un contexte d’absence de menace perceptible.

En analysant finement les sondages disponibles, cette réflexion tente d’évaluer le degré d’acceptation des opérations extérieures par une opinion publique naturellement plus sensible à sa sécurité immédiate qu’aux engagements lointains. La capacité d’action extérieure, signe de la détermination d’un pays, passe par la légitimité de l’usage de la force.

La question écologique s’est imposée comme un enjeu majeur des relations internationales du prochain demi-siècle. Mais elle pose des problèmes nouveaux de justice planétaire plutôt que de rapports de puissance, et sa solution renvoie à la question sociale au sein des différents pays.

La sécurité environnementale est un concept relativement récent qui provoque d’intenses débats entre les théoriciens des relations internationales. Quel est l’objet référent de la sécurité environnementale ? Dans quelle mesure la rareté d’une ressource naturelle est-elle une cause de « guerre verte » ? Le changement climatique est-il une menace à la sécurité nationale ? Autant de questions que cet article aborde par un état des lieux des approches théoriques de la sécurité environnementale dans le domaine des relations internationales.

Le climat est devenu, pour les États-Unis, une affaire de sécurité nationale. En septembre 2009, un centre sur le changement climatique a été créé par la CIA pour scruter le ciel et la biosphère, et vérifier les taux de pollution de chaque pays. Plus qu’une simple mission, cette création marque un changement de cap avec l’émergence d’un nouveau trio sécuritaire : climat, économie, contrôle stratégique.

Repères - Opinions - Débats

La politique étrangère du président Obama est d’ores et déjà différente de celle de son prédécesseur. Vue d’Europe, quatre grands chapitres ont été ouverts : remiser le choc des civilisations, afghaniser la « guerre nécessaire », faire le pari de l’ouverture avec la Russie et réactualiser la question des alliances stratégiques. 2010 permettra de se faire une meilleure idée des réelles possibilités que le nouveau résident de la Maison-Blanche a de modifier les équilibres internationaux.

En examinant de près la relation entre la Chine et les États-Unis, l’auteur explore la question des positions stratégiques des puissances régionales et de leur articulation en Asie. Il évalue la combinaison des leaderships possibles et reconnaît à la Chine une centralité stratégique nouvelle.

En 2010, outre qu’ils en sont à leur neuvième année de guerre en Afghanistan, les Américains se sont engagés dans une nouvelle stratégie, leur ultime recours, la contre-insurrection, basée sur l’action civilo-militaire. Cette nouvelle stratégie, fortement inspirée par les recherches menées par des analystes français dans les années 60, n’a guère de chances d’être couronnée de succès, si elle ne peut dépasser des contradictions militaires et politiques.

Cet article analyse la performance logistique de l’EUFor RD Congo en 2006 et propose des solutions applicables aux opérations de demain. Il commence par la présentation de la situation générale en soulignant les défis logistiques et en rappelant les conditions de déploiement de l’EUFor. Il décrit ensuite la logistique de l’opération selon trois perspectives : le cadre (destination, distance, demande et durée), le caractère multinational et partenarial de l’opération et l’utilisation des sous-traitants logistiques. Enfin, après une évaluation générale des voies d’amélioration des futurs accords logistiques sont dégagées en matière de soutenance, d’autosuffisance et d’efficacité des opérations de gestion de crise.

La France connaît la paix à ses frontières depuis plusieurs décennies pendant lesquelles l’environnement et le contexte d’emploi de ses armées ont évolué. Aujourd’hui, le métier de militaire tend à être banalisé et sa perception dans l’opinion publique brouillée : le risque en est in fine l’affaiblissement de la Nation. Ainsi, en dépit du contexte de « soldat de la paix », le politique et plus généralement le citoyen français doivent garder à l’esprit que le militaire exerce un métier à part dont la finalité est le combat. Cet état d’esprit peut et doit s’éduquer, sous la responsabilité des militaires eux-mêmes comme des pouvoirs publics. Pour y parvenir, plusieurs pistes mériteraient d’être explorées.

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a mis en évidence la nécessité de disposer d’un outil de réponse aux crises sur le territoire national et de consolider la résilience de la population. Ainsi, la création d’une garde nationale renforcerait la sécurité en France, notamment en cas de catastrophe de grande ampleur. Formée à partir de citoyens issus d’un service civique obligatoire ou volontaire, elle permettrait également de consolider la cohésion nationale et de promouvoir les valeurs fondamentales de la République.

La science politique est une trouvaille moderne, donc redoutable. Redoutable ? Presque sacrilège, en ce que l’art du gouvernement des hommes ou des armées tient sa noblesse de la responsabilité assumée par ceux qui l’exercent. Que des hommes de science, irresponsables par définition, se mêlent de juger des actions régaliennes et de recommander celles qu’ils tiennent pour bonnes, voilà du nouveau ! La décision, instant tragique où la volonté impose silence à la raison, surpasse infiniment les atermoiements qui font les délices du chercheur. Autrefois protégés du secret sans lequel on ne saurait gouverner, l’art et l’artiste sont désacralisés. Leur existence même est menacée. Le drame devient matériau de laboratoire et ses variantes se déclinent en options universitaires. Lire la suite

Revues - Rapports

Recensions

Frédéric Lasserre : Les guerres de l'eau  ; Éditions Delavilla, 2009 ; 260 pages - Olivier Kempf

Maintenant que chacun parle d’écologie, les stratégistes doivent également s’en préoccuper. Parmi les causes fréquemment avancées du lien entre la guerre et la biosphère, l’eau vient au premier plan. Il importait donc de faire un point de la question : c’est l’excellent travail de Frédéric Lasserre, professeur à l’université Laval de Québec, géographe et géopolitologue, qui est un des maîtres de cette discipline qu’est la géopolitique de l’eau. La thèse est simple : l’eau ne sera pas, à elle seule, un motif de guerre. Mais elle sera très fréquemment une raison aggravante des conflits. Lire la suite

Philippe Moreau Defarges : La guerre ou la paix demain ?  ; Armand Colin, 2009 ; 160 pages - Pierre-Dominique Ornano (d')

Qui n’a pas griffonné sur des bouts de papier, hélas éternellement égarés, des bribes de mots destinés à soutenir une mémoire défaillante ou bien recueillir le fruit génial d’une nuit d’insomnie raisonneuse. Ne maudissez plus votre mémoire à éclipse ou votre incurable aversion au classement thématique, le dernier ouvrage de Philippe Moreau Defarges sur les relations internationales et la géopolitique est fait pour vous. La question titre, « la guerre ou la paix » trouve d’ailleurs sa réponse à la page 160, la dernière et à la ligne ultime : la paix demeurera un but lointain et fuyant. Rassuré sur la lucidité du rédacteur, chacun pourra entamer la lecture d’un ouvrage qui traite de 25 questions dites décisives et dont il serait impardonnable d’ignorer le contenu. Surtout si l’on aspire à devenir un jour l’heureux élève de l’auteur. Lire la suite

Evgueni Maximovitch Primakov : Le Monde sans la Russie ? À quoi conduit la myopie politique  ; (préface d'Hubert Védrine) ; Économica, 2009 ; 198 pages - Alexandre Kaufmann

Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie de 1996 à 1998, Premier ministre de 1998 à 1999, académicien, ancien président du Soviet Suprême de l’URSS, ex-directeur du Service des renseignements intérieurs et actuellement président de la Chambre de commerce et d’industrie, Evgueni Maximovitch Primakov est certainement l’un des plus importants décideurs politiques russes de ces dernières décennies. Né à Kiev, élevé à Tbilissi, cet homme d’action et d’analyse positionné au-dessus de la mêlée présente la particularité remarquable d’avoir été plus ou moins associé à toutes les équipes dirigeantes, de Youri Vladimirovitch Andropov à Dmitri Anatolievtich Medvedev ! Dans le débat stratégique russe, cet éminent spécialiste du Moyen-Orient, surnommé le « Lawrence d’Arabie soviétique », est proche du courant eurasiatique et revendique l’identité orientale de la Russie. Le parcours exceptionnel et l’indépendance de vue de l’auteur font la richesse de l’ouvrage. Lorsque E. M. Primakov plaide en faveur d’un partenariat stratégique entre la Russie et l’UE, il n’est point question de discours idéologique ou électoraliste, mais d’une pensée stratégique profonde fondée sur une analyse objective de la convergence d’intérêts géopolitiques précis et structurels. Lire la suite

Olivier Touron/Hamit Bozarslan : Amazone. Farachine, rebelle jurde
Conflit kurde. La brasier oublié du Moyen-Orient
 ; Michel Lafon, 2009 ; 205 pages/Autrement-Ceri, 2009 ; 172 pages - Philippe Boulanger

Apparue en 1984, la guérilla kurde ne se limite pas à sa dimension militaire. Elle comporte également une incontestable dimension anthropologique, dont les effets sont sans doute plus profonds à long terme : le statut de la femme. L’engagement de jeunes filles kurdes dans le militantisme puis, parfois, l’action militaire caractérise le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), parti kurde toujours illégal en Turquie, dans l’histoire du nationalisme kurde. Lire la suite

Alexandre Orloff et René Cagnat : Voyage au cœur des empires, Crimée, Caucase, Asie centrale  ; Éditions Imprimerie nationale/Actes Sud, 2009 ; 310 pages - Claude Le Borgne

Ce livre est une œuvre d’art. Par les superbes photographies d’Alexandre Orloff comme par les textes qui les accompagnent : René Cagnat, qui les signe et que nos lecteurs connaissent bien, maîtrise un style classique qui convient aux régions grandioses qu’il présente et qui lui sont familières. Lire la suite

Geoffroy de Larouzière-Montsolier : Journal de Kaboul  ; Éditions Bleu autour, 2009 ; 205 pages - Claude Le Borgne

Un officier écrit, et fort joliment, le journal du séjour qu’il a fait à Kaboul, en 2003 et 2004, à la tête d’un bataillon. Le livre qui en résulte est un bouquet de fraîcheur. Loin de masquer les problèmes, l’auteur y fait face joyeusement. Son récit, entre les lignes, parle. Quatre mois de séjour, « nous ne faisons que passer » ; 450 hommes, mais issus de 25 unités ; multinationalité des opérations, faiblesse irrémédiable ; pour un malek sympathique, beaucoup de visages hostiles, même lorsque démineurs et médecins travaillent à sauver des vies ; l’ordre inepte que faisaient régner les taliban est regretté. Bref, nos actions sont « dérisoires » et « l’heure approche où il nous faudra en convenir » ; hélas, nous y sommes encore. Allons, haut les cœurs ! un soldat est un soldat : « Faire ce que l’on doit, où l’on est, c’est déjà beaucoup ».

Christian Chesnot et Antoine Sfeir : Orient-Occident, le choc ? Les impasses meurtrières  ; Calmann-Levy, 2009 ; 304 pages - Emmanuel Dupuy

Une première lecture un peu hâtive du titre nous inciterait presque à penser qu’il s’agit là d’un énième ouvrage portant sur « l’inévitable » choc qui existerait entre l’Occident et l’Orient. Il n’en est rien, même si les deux journalistes, éminents spécialistes du Moyen-Orient, ne nient pas les fossés artificiellement creusés par certains entre deux « civilisations ». S’ils sont tous deux d’accord pour rappeler que l’Occident porte une large part de responsabilité, encore entendent-ils rappeler que ce sont aussi les dirigeants orientaux eux-mêmes, ou les « pâles copies » que sont leurs héritiers, qui en sont également coupables. Lire la suite

Revue Défense Nationale - Fevrier 2010 - n° 727

Scientific consensus on the problems of global warming has taken a long time to emerge: on its extent; on its causes; and on its predicted consequences. It is just about achieved today. The article sets out the history of the negotiations that have led to the current situation, and then the setback (doubtless temporary, but none the less certain for all that) of the Copenhagen conference. It reminds us of what we know about global warming, and evokes its likely consequences: the deserti­fication of entire regions in the centre of our continents and in the Mediterranean region, reductions in biological diversity, rising sea lev­els, melting polar icecaps, and growing tensions in the energy economy

In this wide-ranging article the author reflects on the notion of resil­ience and the different domains in which its application is relevant, and sketches out a concept that acknowledges the ambivalence of the term. He then considers what is meant by the resilience of a nation, and out­lines a concept of French resilience.

It is wrong to look at the question of the social role of the armed forces solely in terms of the help they can bring to resolving social problems. While it is important that the population recognises the need to have armed forces, this must be based on an understanding of their role and special needs, even if this may be difficult in the absence of any perceived threat.

Through a detailed analysis of existing polls, this discussion attempts to evaluate the degree of acceptance of external operations by a public that is naturally more sensitive to pressing questions concerning its own security than to operations far away. The capability to mount operations abroad is a sign of national determination, and implies the legitimacy of the use of force.

The question of ecology has become a major issue for international relations in the next half-century. But it poses new problems of worldwide justice more than questions of power politics, and its solution will always be a reflection of internal social issues in the countries concerned.

Environmental security is a relatively recent concept which gives rise to intense debate at the heart of the theory of international relations. What is the referent object of environmental security? To what extent can the scarcity of a natural resource be the cause of a ‘green’ war? Is climate change a threat to national security? This article tackles these questions through a review of the literature on the theoretical work dealing with environmental security in the field of international relations.

For the United States, climate has become a national security issue. In September 2009 the CIA created a Centre for Climate Change to monitor space and the biosphere, and to verify the levels of pollution of every country worldwide. This initiative is more than just a new mission; it marks a change of policy which acknowledges the new security-related troika of climate, economy and strategic control.

Opinions and Viewpoints

President Obama’s foreign policy is already very different to his predecessor’s. Seen from Europe, four major thrusts can be identified: bury the contentious issue of the ‘clash of civilisations’; hand over the ‘war of necessity’ in Afghanistan to the locals; accept the implied risks of cooperation with Russia; and reconsider the question of strategic alliances. 2010 will show whether the new president has any real prospect of modifying the international scene. What is certain is that the efforts already made can only serve to encourage those who are happy to note a revitalised image of the United States in the world, and thus aid the thrust of the international community towards better world governance.

Close examination of the China-US relationship leads the author to explore the question of the strategic positions of the regional powers and their structural links in Asia. He evaluates the various combinations of possible leaderships, and accords China a new strategic centrality.

In 2010, their ninth year of war in Afghanistan, the Americans have adopted a new, last-chance strategy of counter-insurgency, based on joint civil-military action. This new strategy is strongly influenced by the research of French analysts in the 1960s; it has little chance of suc­cess, since it cannot transcend military and political contradictions.

This article analyses the logistic performance of EUFOR DR Congo in 2006, and proposes solutions relevant to future operations. It starts with a description of the overall situation, underling the logistic challenges and recalling the conditions in which EUFOR was deployed. It then describes the logistic operation from three different perspectives: the framework (destination, distance, demand and duration); the multinational and multi-partner characteristics of the operation; and the use of logistic subcontractors. Finally, following a general evaluation, recommendations are made concerning sustainability, self-sufficiency and the efficacy of crisis-management operations.

France has known peace on its frontiers for over 60 years, during which time both the environment and the context of the use of its armed forces has changed. These days the profession of arms tends to lack definition and its public image lacks clarity; the end result is the weakening of the nation. Despite the current (and fashionable) concept of a ‘soldier of peace’, the political class in particular and French citizens in general should remember that the military man has a quite singular job, whose end purpose is combat. This frame of mind can and must be generalised, and to achieve this is the responsibility of both the armed services themselves and their political masters. Several ways of approaching this objective are worth further study.

The White Paper on defence and national security highlighted the need to have a way to respond to internal crises, and to reinforce the resilience of the population. The creation of a National Guard would reinforce French security, particularly in the eventuality of a major catastrophe. It would be formed from citizens who had been trained as part of either an obligatory or a voluntary civil emergency organisation; it would also reinforce national solidarity and promote the fundamen­tal values of the Republic.

Book reviews

Frédéric Lasserre : Les guerres de l'eau  ; Éditions Delavilla, 2009 ; 260 pages - Olivier Kempf

Philippe Moreau Defarges : La guerre ou la paix demain ?  ; Armand Colin, 2009 ; 160 pages - Pierre-Dominique Ornano (d')

Evgueni Maximovitch Primakov : Le Monde sans la Russie ? À quoi conduit la myopie politique  ; (préface d'Hubert Védrine) ; Économica, 2009 ; 198 pages - Alexandre Kaufmann

Alexandre Orloff et René Cagnat : Voyage au cœur des empires, Crimée, Caucase, Asie centrale  ; Éditions Imprimerie nationale/Actes Sud, 2009 ; 310 pages - Claude Le Borgne

Geoffroy de Larouzière-Montsolier : Journal de Kaboul  ; Éditions Bleu autour, 2009 ; 205 pages - Claude Le Borgne

Christian Chesnot et Antoine Sfeir : Orient-Occident, le choc ? Les impasses meurtrières  ; Calmann-Levy, 2009 ; 304 pages - Emmanuel Dupuy

Revue Défense Nationale - Fevrier 2010 - n° 727

Des trois facteurs du changement à l’œuvre sur la planète du XXIe siècle que sont la révolution démographique, l’exigence climatique et le grand bazar économique, c’est le deuxième qui est aujourd’hui le plus controversé. Si chacun d’entre eux joue un rôle important dans les racines d’une conflictualité qui s’est profondément renouvelée depuis le temps des guerres nationales et des défis idéologiques des siècles précédents, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la nature et l’intensité des tensions que va induire le réchauffement climatique annoncé. Le récent Sommet de Copenhague a permis à beaucoup d’exprimer leur inquiétude, à quelques-uns d’afficher leur scepticisme. C’est ce thème et ses conséquences, la sécurité environnementale, que votre revue aborde et qu’introduit Michel Rocard.

En s’interrogeant sur la résilience, le général Francart analyse une prescription du dernier Livre blanc. Il en ébauche un concept et prolonge ainsi la réflexion sur la capacité de la France à résister aux agressions et à garder son sang-froid dans les épreuves. Ce thème, également illustré par des approches sociologiques et des enquêtes d’opinion publique sur l’exposition au danger dans les opérations extérieures, est repris par des points de vue exprimés par des officiers, praticiens de l’action, qui s’interrogent avec gravité sur leur condition militaire.

Dans ce numéro de février, on trouve aussi la suite des prévisions stratégiques pour 2010, cette fois-ci avec un regard américain et une perspective transatlantique. Les opérations en cours, l’Afghanistan, et passées, l’EUFor RD Congo, font l’objet de prises de position qui sont autant de repères fournis au lecteur. Enfin comme à l’accoutumée, des rubriques font le point sur les évolutions stratégiques en cours. Comment ne pas exposer la nouvelle approche maritime de la France qui met la mer au cœur du développement durable ? Comment ne pas s’intéresser aux grandes tendances stratégiques en Asie ? Comment ne pas suivre les travaux pratiques de nos parlementaires experts en matière de défense ?

C’est tout cela et bien d’autres choses encore que la RDN vous propose dans ce numéro à la formule renouvelée en janvier 2010 et qui a reçu un bon accueil des lecteurs.

Savez-vous que vous avez désormais accès librement à 67 ans d’archives de la RDN et ainsi à une large tranche d’histoire du débat stratégique français ? Consultez le site (www.defnat.com) et retrouvez par exemple les premiers travaux sur l’impact stratégique de la question climatique.

J’ai souhaité dans l’avant-propos du numéro de janvier recueillir votre approche des intérêts stratégiques français. Je vous remercie par avance de nous envoyer vos contributions. Le comité de lecture dont vous trouverez la composition dans la dernière page se fera un devoir d’en faciliter la diffusion.

Jean Dufourcq

Été 2019
n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

Actualités

20-09-2019