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Été 2017 - n° 802

L’ambivalence de la puissance russe

« Ce n’est qu’en étant prêt au combat que l’on peut inspirer le respect et trouver des alliés plutôt que des protecteurs »

Catherine II de Russie

La confiance retrouvée de la Russie dans son destin de puissance mondiale est le fruit de la volonté de Vladimir Poutine de redéfinir totalement une politique étrangère normalisée avec ses voisins, moins « européenne » que par le passé et davantage tournée vers l’Asie.

Perspective stratégique

La projection de la puissance

L’Organisation des Nations unies, dont Moscou souligne sans relâche la centralité dans la vie internationale, joue depuis le début des années 1990 un rôle essentiel dans la diplomatie de la Russie. Sa conception du multilatéralisme nous interroge sur l’influence de sa politique menée dans le monde et sur le système international.

Unies par une même opposition à la politique des États-Unis, la Chine et la Russie ont développé un partenariat actif, économique et stratégique. Les échanges progressent, entre les ressources russes et les besoins chinois, mais l’évolution de ce partenariat dépendra de la nature des relations avec un pôle américain dominant.

Outre l’attachement à l’ordre et à la stabilité, et la volonté de mettre hors d’état de nuire les djihadistes du Caucase ou d’Asie centrale, V. Poutine considère Bachar Al-Assad comme le rempart contre le terrorisme islamique. Certes, la Russie n’a pas gagné la « guerre », mais les guerres de Syrie sont dans une nouvelle phase.

L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 a bouleversé la géopolitique de la région et le plan de modernisation de la flotte de la mer Noire échafaudé en 2000. La Russie a adapté son plan d’armement et son outil naval aux réalités post-annexion et poursuit la mise en œuvre d’une stratégie de déni d’accès.

Trois ans après l’annexion de la Crimée, la péninsule peut apparaître comme une forteresse sous le quasi- contrôle des forces armées de la Russie. Ce territoire, pièce maîtresse du système de défense de l’Union soviétique, semble avoir retrouvé ce rôle. Cette mainmise pose un véritable défi stratégique pour l’Otan.

Dans le contexte de tensions avec les pays occidentaux, le nucléaire revêt une portée nouvelle pour Moscou. Il sert toujours à compenser la faiblesse relative de l’armée russe à l’égard des forces de l’Otan, et de la Chine. Mais également à intimider de plus en plus l’adversaire en faisant la démonstration d’une puissance retrouvée.

Le déni d’accès, concept neuf décrivant une réalité ancienne, est la façon dont des États (la Russie en fait partie) exploitent leur arsenal et leurs technologies pour potentiellement verrouiller l’accès à leur espace immédiat. Bien qu’il s’agisse d’une stratégie défensive, sa nature duale pourrait conduire à un risque d’escalade.

La Russie réduisant ses propres dépenses d’armement, les industriels russes vont devoir compter davantage sur les exportations, à condition de rénover leurs produits et leur offre en passant d’équipements post-soviétiques modernisés à des systèmes plus récents

Pour la Russie, l’éducation patriotique est aujourd’hui un élément indispensable dans la « guerre » hybride. Le retour de l’éducation patriotique dans les écoles – selon les méthodes soviétiques – est certes antérieur à cette crise des relations avec l’Occident, mais celle-ci lui donne un nouveau sens.

Les forces et faiblesses stratégiques

Depuis les années 2000, de nombreuses tensions ont émergé entre la Russie et l’Europe, aux visions différentes, traduisant les difficultés de Gazprom dans son adaptation aux nouvelles règles concurrentielles de l’UE. Même si elle a du mal à se concrétiser, la stratégie de diversification des exportations vers l’Asie semble la réponse stratégique.

Après 1991, la Russie a découvert des faiblesses qui découlaient de l’inadaptation des réseaux de transport de l’URSS. Ce qui représentait des atouts pour une nouvelle stratégie d’influence est apparu comme un piège pour les dirigeants russes qui ont pris la décision de modifier l’interface entre le pays et ses partenaires commerciaux.

L’envoi d’un satellite puis d’un cosmonaute a été crucial pour l’image de l’Union soviétique comme superpuissance. Soixante ans plus tard, le pouvoir russe souligne l’importance du secteur spatial devenu un indicateur de compétences technologiques mais aussi de la politique d’influence sur la scène internationale.

La Russie est considérée, depuis les événements en Ukraine, comme la nouvelle cyberpuissance agressive majeure. Moscou se serait lancé dans une course aux cyberagressions à visée géopolitique, mais lorsque l’on examine la réalité, de nombreuses failles apparaissent dans les capacités réelles de la Russie dans ce domaine.

Depuis 2010, la Russie a entamé une coûteuse modernisation de ses forces armées avec des résultats significatifs. Il faut cependant préparer l’avenir en considérant les besoins de l’économie nationale et le niveau de vie de la population, en trouvant un juste compromis pour le budget de la défense.

Réagissant à ce qu’elle perçoit comme une agression occidentale, en Ukraine, et contre ses capacités de dissuasion, la Russie modernise sa marine avec des équipements innovants. Cependant, avec des ressources financières insuffisantes, ses forces navales resteront défensives et centrées sur quelques grandes unités.

Dix ans après la création de la corporation aéronautique unifiée, l’intégration du secteur aéronautique est loin d’être achevée, même avec le processus de consolidation. L’achèvement du Programme d’armement 2011-2020 prévoit une forte baisse des commandes militaires rendant préoccupant l’avenir de l’industrie aéronautique russe.

L’armée russe s’apprête à recevoir une nouvelle génération complète de matériels blindés, dont la conception tient compte des opérations réalisées ces trente dernières années et des besoins export. Plus lourds et mieux armés que les précédents, leur conception innovante marque un tournant pour l’industrie russe.

Le dilemme de sécurité

La rupture que constitue le Partenariat oriental est considérée comme une intrusion européenne dans la sphère d’influence de Moscou. La Russie a limité, à court terme, le rapprochement des pays du « voisinage commun » avec l’Union européenne, mais, à long terme, la question demeure.

La perception est la même dans les pays nordiques : la Russie ne représente pas une menace imminente, mais ses actions inquiètent. Alors que la Norvège et le Danemark (comme l’Islande) font partie de l’Otan, les deux autres pays (Suède et Finlande) mènent une politique de non-alignement militaire, mais renforcent leur défense.

Depuis 1989, les relations entre la Pologne et la Russie sont marquées par la défiance. Plusieurs facteurs en cause : l’orientation euro-atlantiste des politiques polonaises, l’attitude agressive de la Russie à l’égard des pays frontaliers et l’usage politique de l’histoire. Malgré des périodes d’apaisement, le contexte actuel montre un regain de tensions.

L’inquiétude et les tensions sont au cœur des relations sécuritaires dans la région baltique. Les autorités des États baltes tirent la sonnette d’alarme suite aux évolutions de la politique étrangère et de sécurité russe. Face à la perception de cette menace grandissante, les autorités baltes réaffirment leur positionnement euro-atlantique.

L’OTSC, dominée par la Russie, rassemble les six républiques ex-soviétiques restées fidèles au Traité de Tachkent de 1992. Malgré les turbulences de la crise ukrainienne, elle poursuit son intégration sous l’impulsion de Moscou, réaffirmant son leadership. La mise en place de forces armées partagées est une des priorités de l’OTSC.

Au sein de l’OTSC, le Bélarus et la Russie entretiennent une coopération de leurs forces armées, mais Moscou souhaite que le Bélarus ait une capacité dissuasive face à l’Otan. Minsk escompte donc que Moscou subventionne la modernisation de ses forces en échange d’une loyauté géopolitique qui fait toutefois souvent défaut.

La Russie a organisé sa politique de défense dans le Caucase du Sud, théâtre de guerres depuis la chute de l’URSS en deux temps : les Russes sont passés d’une position dominante mais fragile (1991-2008) à un retour du statut de puissance à l’aide de ses bases militaires dans la région, mais agressive après la guerre contre la Géorgie.

Qualifiée « d’État dans l’État » ou « d’étranger de l’intérieur », la Tchétchénie suscite des interrogations quant à la menace de sécurité qu’elle pourrait constituer, malgré son régime loyal à Moscou. L’engagement russe en Syrie et en Ukraine pourrait faire évoluer les positions d’une société exsangue par des années de pacification violente.

Mémoire stratégique

Recensions

La politique étrangère russe

Igor Delanoë : Russie - Les enjeux du retour au Moyen- Orient  ; L’inventaire, 2016 ; 126 pages - David Teurtrie

Le déclenchement des printemps arabes avait incité certains commentateurs trop pressés à annoncer l’éviction de la Russie du Moyen-Orient : la disparition des régimes autoritaires « amis » était censée porter un coup fatal à une présence russe qui ne tenait qu’aux restes d’un héritage soviétique déjà très affaibli. La suite des événements a montré qu’il s’agissait pour le moins d’une erreur d’appréciation : la spectaculaire intervention de la Russie en Syrie, accompagnée d’un activisme diplomatique tous azimuts dans la région, marque au contraire un véritable retour de Moscou au Moyen-Orient. Lire la suite

Jean-Robert Raviot (dir.) : Russie : vers une nouvelle guerre froide ?  ; La Documentation française, 2016 (avec les contributions de Taline Ter Minassian, Sophie Lambroschini, Kevin Limonier, Maxime Audinet) ; 184 pages. - Isabelle Facon

L’ouvrage ici présenté répond de façon indirecte à la question posée dans le titre en exposant en creux certaines des causes de la crise des rapports entre la Russie et les pays occidentaux. C’est en effet cette crise que le titre convoque et qui revient obstinément dans chacun des chapitres, aux thématiques pourtant bien distinctes. Le collectif d’auteurs choisit d’appuyer sa démarche sur des éclairages qui traitent de la « grande politique » (relations avec l’Occident depuis 1989, politiques menées dans le voisinage, redéploiement au Moyen-Orient) ou d’un volet particulier de la « nouvelle » puissance russe (cyber, soft power). Ils mettent ainsi en lumière les multiples sources de l’incompréhension et de la tension qui caractérisent les relations russo-occidentales. Lire la suite

Jean Radvanyi et Marlène Laruelle : La Russie - Entre peurs et défis  ; Armand Colin, 2016 ; 236 pages - Isabelle Facon

Après l’annexion de la Crimée et sur fond de conflit dans le Donbass, le mot « menace » revient fréquemment dans le discours de pays membres de l’Otan, y compris les États-Unis, pour désigner la Russie, qui, ces dernières années, ne ménage ni son effort ni ses effets dans le domaine militaire : la « Russie dérange et ses actions font peur » (p. 10). Certains États européens ajustent leur posture de défense en fonction, l’Otan renforce ses dispositifs militaires sur le flanc Est… Lire la suite

Guillaume Serina : Reagan Gorbatchev - Reykjavik, 1986 : le Sommet de tous les espoirs  ; L’Archipel, 2017 ; 264 pages - Eugène Berg

Dans la chaîne des événements qui ont conduit à la chute de l’Union soviétique, la rencontre de Reykjavik de 1986 entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev sur l’abolition des armes nucléaires a joué un certain rôle. Le journaliste Guillaume Serina raconte dans un essai historique les coulisses de ce « Sommet de tous les espoirs ». L’économie soviétique, épuisée par la longue guerre en Afghanistan, l’aide prodiguée au camp socialiste et la chute des prix du pétrole, qui commence en octobre 1986, pouvait difficilement supporter les coûts que représentait pour elle la compétition militaire avec les États-Unis. Le modèle socialiste a perdu la guerre avec l’échec des négociations de dernière chance entre Américains et Soviétiques au cours des années 1980. Lire la suite

General Sir Richard Shirreff : War With Russia: An Urgent Warning from Senior Military Command - A Novel  ; New York, Quercus, 2016 ; 412 pages - Guillaume Lasconjarias

La pratique du roman d’anticipation n’est pas neuve, et ces dernières années ont vu fleurir sur les comptoirs des librairies des ouvrages inégaux sur la forme que prendrait une guerre future. Le livre qu’a publié à la fin de l’an passé David Shirreff, général récemment retraité de l’armée britannique après avoir occupé de hautes et brillantes responsabilités – et la dernière comme Deputy SACEUR, c’est-à-dire un des plus hauts responsables de l’Otan – laisse une impression mitigée. Lire la suite

L’histoire russe contemporaine

Andreï Kozovoï : Russie, réformes et dictatures - 1953- 2016  ; Perrin, collection Tempus, 2017 ; 700 pages. - Eugène Berg

Maître de conférences à l’université de Lille, historien et traducteur, spécialiste de l’histoire russe, Andreï Kozovoï brosse un vaste panorama de l’histoire de la Russie, de la mort de Staline à nos jours, et fait le lien entre l’Union soviétique et la « nouvelle Russie ». L’ouvrage nous entraîne dans les pas de Khrouchtchev, Brejnev, Andropov, Tchernenko, Gorbatchev, Eltsine, Poutine (première présidence), Medvedev et Poutine (seconde présidence). L’un de ses intérêts, est qu’en plus d’une description des événements clefs de chacune de ces époques, il fournit une riche anthologie de textes, souvenirs de témoins, comme celui du journaliste Vladimir Pozner, né d’une mère française, sur les funérailles de Staline. On y trouve des extraits des discussions de Khrouchtchev et Kennedy à Vienne le 4 juin 1961 ou la lettre à Castro du 28 octobre après la crise des missiles. Lire la suite

Nicolas Werth : Les révolutions russes  ; Que sais-je ?, 2017 ; 121 pages - Jérôme Pellistrandi

Le centenaire de 1917 est aussi celui des révolutions russes dont les conséquences ont été majeures et se font encore sentir aujourd’hui. Ainsi, il n’est pas possible d’analyser la politique actuelle de Moscou sans se référer à cette histoire séculaire complexe et dramatique. C’est l’objet du livre de Nicolas Werth permettant de retracer cette séquence révolutionnaire de 1917 qui a définitivement transformé et bouleversé non seulement la Russie mais aussi le reste du monde. Lire la suite

Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri : Joukov - L’homme qui a vaincu Hitler  ; Éditions Perrin, Paris, 2013 ; 736 pages. - Yves Boyer, Nicolas Haupais

Cet ouvrage comble une lacune importante, celle d’une biographie en langue française d’un des plus importants acteurs de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire soviétique. Cette rareté s’explique sans doute par des raisons d’ordre politique. Le camp occidental n’a peut-être pas eu intérêt à rendre sa part à la contribution soviétique à l’effort de guerre, qui fut évidemment décisive (on estime généralement que près de 70 % de la Wehrmacht ont disparu sur le Front de l’Est). Lire la suite

Yves Gauthier : Gagarine ou le rêve russe de l’espace  ; Ginkgo éditeur, 2015 ; 374 pages - Eugène Berg

Pendant le « règne » du truculent Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev eut lieu le premier vol habité dans l’espace, exploit que relate Yves Gauthier dans Gagarine ou le rêve russe de l’espace. En pleine guerre froide, avant de rencontrer John Kennedy à Vienne en juin 1961, Khrouchtchev, alors au firmament de sa gloire, veut frapper un grand coup et prouver la supériorité du régime socialiste, sur le capitalisme. N’a-t-il pas déclaré dès 1957 que l’URSS allait dépasser les États-Unis dans vingt ans ? Cette compétition qui se développe sur tous les plans a revêtu un caractère spectaculaire dans la course vers l’espace depuis que le pays des Soviets a lancé pour la première fois un satellite (sputnik en russe) le 4 octobre 1957, puis un animal, le chien Laïka, le 4 novembre 1957, premier être vivant envoyé dans l’espace. Lire la suite

Revue Défense Nationale - Été 2017 - n° 802

L’ambivalence de la puissance russe

Russia’s renewed confidence in its future as a world power results from Vladimir Putin’s desire to establish a less Europe-focused foreign policy with regard to his neighbours, and one that looks more towards Asia. Read more

Strategic Perspective

Power Projection

The United Nations Organisation has had an essential place in Russian diplomacy since the beginning of the nineteen-nineties, and its central position in international relationships is continually underlined by Moscow. The Russian concept of multilateralism raises questions on the degree to which Russia influences the world and the international system.

United by opposition to the policies of the United States, China and Russia have developed an active economic and strategic partnership. There is increased trade between them—in particular, Russian resources feeding Chinese needs—and yet further development of this partnership will depend on the nature of their relationships with a dominant United States.

In addition to his commitment to order and stability, and his will to prevent the jihadists of the Caucasus and Central Asia from doing further damage, Vladimir Putin sees Bashar al Assad as a rampart against Islamic terrorism. Whilst Russia has not won the war overall, the wars in Syria have entered a new phase.

Russia’s annexation of the Crimea in 2014 overturned the geopolitics of the region and upset the modernisation plan for the Black Sea fleet that had been started in 2000. Russia has adapted its plans for rearmament and for the fleet in light of the current situation and is pursuing a strategy of access denial.

Three years after the annexation of the Crimea, the peninsula has taken on the appearance of a fortress apparently under the control of the Russian armed forces. This territory, once a key element in the Soviet Union’s defence organisation, would seem to playing the same role once more. This stronghold is posing a real strategic challenge for NATO.

Given current tensions with Western countries, nuclear power is assuming a new importance for Moscow. It serves as ever to compensate for the relative weakness of Russian forces in comparison to those of NATO and China. Furthermore, it increasingly serves as an intimidation to an adversary by demonstrating renewed power.

Access denial is a new term to describe a well-established strategy: it is the manner by which countries—Russia included—use their arsenals and technology to block access to their own space if possible. Whilst it is a defensive strategy, its very nature risks leading to escalation.

Because Russia is reducing its own defence spending, Russian defence industries will have to count more on exports. Yet to do this successfully, they will have to update their products and offers by consigning modernised post-Soviet equipment to history, and concentrating on more modern systems.

Patriotic education is for Russia an essential element in the hybrid war. Whilst the return of Soviet-style patriotic education in schools pre-dates current relationship crises with the West, the latter give it renewed sense.

Strategic Strengths and Weaknesses

Numerous tensions have emerged since the early 2000s between Russia and Europe as a result of differences in vision­, an example being the difficulty of Gazprom to adapt to the competition rules of the European Union. Although it has not been easy to set in place, diversification of exports to Asia would appear to be the strategic response.

From 1991 onwards, Russia uncovered numerous weaknesses that stemmed from the inadequacies of the USSR’s transport networks. What should have been a great advantage for a new strategy of influence was in fact an immense pitfall for Russian leaders, who took the decision to make changes to the interfaces between the country and its trading partners.

Putting a satellite, and later a cosmonaut, into space was crucial for the image of the Soviet Union as a superpower. Sixty years later, Russian leaders are again highlighting the importance of the space sector as an indicator of technical competence and of a policy of international influence.

Since the events in Ukraine, Russia has been seen as the major new aggressive cyber-power. Moscow is said to have started a programme of cyber-aggression on a geopolitical level, and yet when one examines the reality it is clear that there are a number of failings in Russian capability.

Since 2010 Russia has been pursuing a costly modernisation of its armed forces with significant results. That said, the country has to look to the future with consideration for the needs of the national economy and the people’s standard of living, and in doing so find a reasonable compromise for the defence budget.

In reaction to what it sees as Western aggression in Ukraine and against its deterrent capabilities, Russia is modernising its navy with innovative equipment. Nevertheless, given insufficient financial resources Russian naval forces will remain defensive and centred on a few major units.

Even ten years after the creation of the United Aircraft Corporation integration of the aeronautical sector is far from complete, despite a process of consolidation. When complete, the 2011-2020 armament programme will result in a big drop in military orders which is worrying Russian aeronautical industries.

The Russian army will soon receive a completely new generation of armoured vehicles whose design takes account of experience of the past thirty years of operations and also of export needs. They are heavier and better armed than their predecessors and their innovative design marks a significant change for Russian industry.

The Security Dilemma

The EU’s Eastern Partnership is considered by Moscow as European intrusion into its sphere of influence. For the short term, Russia has limited any rapprochement of its close neighbour countries with the European Union, but doubt surrounds the longer term.

Nordic countries share the same perception, that Russia does not pose an immediate threat but that its actions nevertheless remain worrying. While Norway, Denmark and Iceland are members of NATO, Sweden and Finland, who follow policies of military non-alignment, are strengthening their defences.

Since 1989, relations between Poland and Russia have been notable for their lack of trust. There are several factors behind this, Polish pro-European and Atlantic policies, the aggressive Russian attitude towards its neighbours and use of history for political purposes. Despite past periods of calm, there is currently an increase in tension.

Anxiety and tension underlie security relationships in the Baltic region. Authorities in the Baltic States have raised the alarm as a result of developments in Russian foreign and security policies, and have reaffirmed their Euro-Atlantic position in the face of what they perceive as a growing threat.

The Russian dominated Collective Security Treaty Organisation (CSTO) unites the six former Soviet republics that have remained loyal to the 1992 Tashkent Treaty. Despite the Ukrainian crisis, Moscow continues to push for greater integration and in doing so is reaffirming its leadership. Establishing collective armed forces is one of the CSTO’s priorities.

Belarus and Russia maintain armed forces’ cooperation under the auspices of the CSTO, but Moscow would wish Belarus to have a deterrent capability against NATO. Minsk therefore expects Moscow to subsidise the modernisation of its forces in exchange for a level of geopolitical loyalty that is often lacking.

The southern Caucasus has been a theatre of war since the collapse of the USSR. Russian defence policy in the area has evolved in two stages from a dominant, if fragile, position in the years 1991 to 2008 back to a powerful and aggressive position since the war against Georgia, supported by its military bases in the region.

The Chechen Republic, sometimes referred to as a state within a state, or as the foreigner within, raises questions on the threat to security that it could pose despite its loyalty to Moscow. Russian commitments in Syria and Ukraine could affect the views of a society exhausted by years of violent pacification.

Strategic Memory

Book reviews

Russian Foreign Policy

Igor Delanoë : Russie - Les enjeux du retour au Moyen- Orient  ; L’inventaire, 2016 ; 126 pages - David Teurtrie

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Contemporary Russian History

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Hélène Carrère d'Encausse

Novembre 2019
n° 824

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