Au Moyen-Orient, l’escalade reste probable, malgré les négociations. Donald Trump et Benjamin Netanyahou maintiennent la pression, tandis que l’Iran mise sur une guerre d’usure. Les risques sont l'intervention terrestre américaine (îles stratégiques, uranium), la crise pétrolière mondiale, et la déstabilisation durable de la région. Les pays du Golfe, frustrés, cherchent une issue diplomatique, mais Donald Trump, sous pression électorale, pourrait privilégier une victoire symbolique.
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Au moment où Vladimir Poutine brandit la menace nucléaire contre l’Occident et où le fait nucléaire revient en force sur la scène stratégique, la réflexion novatrice et originale développée dans ce livre par Benoît Pelopidas, permettant de repenser les choix nucléaires, devient particulièrement pertinente.
Entrer en guerre au Mali présente une enquête de sociologie politique sur les interventions internationales en analysant principalement le cas de l’opération Serval (2013-2014). L’ouvrage met en lumière les conditions de possibilité d’une entrée en guerre et les luttes politiques et bureaucratiques qui y sont liées. L’argument s’appuie sur l’analyse des jeux de pouvoirs au sein de l’appareil décisionnaire français. En effet, la fabrication intersectorielle de la politique extérieure de la France est façonnée par des contraintes produites par les luttes politico-bureaucratiques. La conduite de cette politique s’inscrit dans une pluralité d’espaces sociaux en interrelation et est caractérisée par des asymétries internes. Composé de neuf chapitres et illustrés par trois dossiers d’étude, cet ouvrage a la particularité d’être issu d’un séminaire de recherche collectif réunissant enseignants-chercheurs, doctorants, journalistes et étudiants.
Longtemps restées absentes du champ académique français, les guerres de l’information ont consacré l’avènement du cyberespace en tant que nouveau terrain de conflictualité entre les États. Cet ouvrage, dirigé par Céline Marangé et Maud Quessard, se présente comme une synthèse multidisciplinaire des enjeux posés par la lutte informationnelle. Pour la plupart issus de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), chercheurs civils et militaires y livrent tour à tour leurs analyses concernant les évolutions stratégiques suscitées par la révolution numérique.
Le contrôle de l’information, les technologies de surveillance et les normes de gouvernance de la technologie : voici les trois points fondamentaux sur lesquels repose l’écosystème numérique des autocraties qui menacent de bouleverser l’équilibre mondial, selon le rapport The Future of the Digital Order. Inscrit dans un projet de lutte contre l’illibéralisme high-tech qui fait basculer les nouvelles technologies d’un « remède démocratique universel » à un « moyen de subversion autoritaire », ce rapport du think-tank progressiste Center for a New American Security (CNAS) témoigne des nouvelles menaces apportées par le numérique.
Le changement climatique et ses effets sont globalement connus du public, contrairement à ses implications sécuritaires et stratégiques. Sans être la cause reconnue de conflits à proprement parler, le dérèglement climatique amplifie les instabilités, aggrave les tensions et difficultés préexistantes, d’où l’émergence de la question de la sécurité climatique. Peu de sources francophones abordent la question de l’impact du changement climatique sur la sécurité humaine au sens large. Premier livre en français consacré aux enjeux stratégiques du changement climatique, La Guerre chaude fait donc figure d’ouvrage pionner en la matière.
L’ouvrage collectif dirigé par Pierre Journoud s’intéresse à la perspective de l’Asie du Sud-Est sur la relation entre la Chine et les États-Unis. Premier ouvrage de la collection pluridisciplinaire « Asies contemporaines » des Presses universitaires de la Méditerranée, il interroge la façon dont la compétition entre les deux grandes puissances américaine et chinoise s’exerce dans cet espace qui constitue la troisième pointe du triangle stratégique : l’Asie du Sud-Est. Uni au sein de l’ ASEAN en 1967, cet espace voit sans cesse son équilibre être recomposé. Alors que la compétition entre la Chine et les États-Unis est souvent sur le devant de la scène médiatique, l’ouvrage est important, car il opère un double décentrement, géographique et temporel.
Qu’est-ce que l’influence ? Comment l’État la fabrique-t-elle ? Quelle est la place de l’Europe dans cette nouvelle aire de confrontation et de compétition internationales pour les esprits ? Les démocraties libérales sont-elles préparées à ces mutations ? Le livre Guerres d’influence – Les États à la conquête des esprits de Frédéric Charillon, chercheur et professeur de sciences politiques, nous amène justement à répondre à ces questions. En 9 chapitres thématiques l’auteur y développe une réflexion sur le concept de guerre d’influence. Alors qu’auparavant il existait peu d’ouvrages sur le sujet, la publication de ce livre s’est accompagnée de l’émergence de travaux connexes.
Sinologue reconnu, Aaron L. Friedberg est professeur de politique et d’affaires internationales à l’université de Princeton. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles mettant en garde contre les dangers d’une intensification de la rivalité économique, militaire et idéologique entre la Chine et les pays occidentaux, notamment les États-Unis avec A Contest for Supremacy: China, America, and the Struggle for Mastery in Asia en 2011, Beyond Air-Sea Battle: The Debate Over U.S. Military Strategy in Asia en 2014 et Partial Disengagement: A New U.S. Strategy for Economic Competition with China en 2020.
La centralité de la question chinoise pour l’agenda de sécurité américain est une priorité inévitable des documents stratégiques américains depuis 2017. Dans sa nouvelle stratégie indo-pacifique de février 2022, pensée par le Conseil de sécurité nationale, l’Administration Biden vise à achever la bascule stratégique vers l’Asie amorcée par l’Administration Obama. Les enjeux du réengagement américain sont clairs : réaffirmer la primauté des États-Unis comme leader de la coopération régionale en favorisant un Indo-Pacifique « libre et ouvert », après que l’ère Trump ait favorisé l’ambition chinoise à l’échelle mondiale. L’ambition américaine est d’être au cœur d’un ordre international adapté aux nouvelles menaces, en s’appuyant à la fois sur ses alliés indo-pacifiques (Inde, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Thaïlande) et sur ses alliés européens (Royaume-Uni et UE), dont le rôle qu’ils pourraient jouer est mis en avant pour la première fois (notamment dans le détroit de Taïwan). Cette stratégie multidimensionnelle se distingue par son ambition d’équilibre entre une architecture de sécurité renouvelée et des coopérations diplomatiques et économiques renforcées avec les partenaires régionaux. Pour favoriser une économie connectée, résiliente, propre et équitable, elle s’appuie sur l’Indo-Pacific Economic Framework qui propose pour treize États de la région un cadre normatif exigeant pour les conditions de travail, l’environnement, les infrastructures de qualité et les technologies numériques. Pour favoriser la sécurité régionale considérée comme la clé de voûte des échanges et de la stabilité, la dissuasion intégrée, multi-acteurs et multi-domaines, est la pierre angulaire de la modernisation des alliances pour faire face aux menaces chinoises et nord-coréennes. La dernière dimension de la stratégie insiste sur la résilience régionale face aux nouveaux défis que représentent les crises climatiques et pandémiques. Reste que cette ambition américaine reposant sur le partage de valeurs occidentales devra composer avec les autres acteurs régionaux (Brunei, Cambodge, Laos, Myanmar, Thaïlande ou Vietnam). Sa mise en œuvre risque de se heurter à la vision d’autres acteurs de poids, l’ASEAN, centrale pour la coopération régionale, mais aussi l’Union européenne et la France. En outre, la réception du document pointe la nécessité de clarifications stratégiques, certains dilemmes stratégiques complexes, tels que la frontière sino-indienne, la mer de Chine méridionale ou le cas de Taïwan sont simplement survolés. Si l’Inde est bien mentionnée, il est encore difficile de distinguer ce qui justifie pour l’heure une stratégie indo-pacifique plutôt qu’Asie-Pacifique. ♦
Cet ouvrage est une contribution importante, qui vient combler la littérature manquante sur le Mouvement du Jihad islamique en Palestine (MJIP) : il s’agit de la troisième monographie consacrée au groupe armé palestinien, les précédentes datant déjà de plusieurs années (Hatina, 2001 ; Alhaj, Dot-Pouillard, Rébillard, 2014). Il s’en distingue notamment par sa méthode, en combinant une approche quantitative des biographies de « martyrs » produites par le groupe, et une étude des textes publiés par Fathi Al-Shiqaqi, fondateur du mouvement, ou dans les organes de presse du groupe. La thèse principale défendue est celle du caractère profondément local du MJIP, loin d’un jihad globalisé : son émergence doit être située dans un contexte historique et politique palestinien. Si des auteurs fréristes, notamment Said Hawwa, ont durablement marqué l’idéologie du groupe, ce dernier ne partage pas la même tradition politique que le Hamas, en s’inscrivant dans un héritage marxiste et décolonial. En outre, la majorité des pères fondateurs du MJIP étaient auparavant affiliés aux courants laïcs-nationalistes. La création du MJIP n’a donc pas entraîné la formation d’une nouvelle idéologie, mais plutôt une réarticulation de ces idéologies avec un symbolisme religieux. C’est ce qui explique que le MJIP et le Hamas se soient développés en deux courants palestiniens distincts, divergents sur la question de savoir comment la Palestine doit-elle être libérée et dans quelles limites géographiques. 










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