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Revue Défense Nationale - Avril 2002 - n° 641

Pour la première fois, depuis que la Constitution de la Ve République a donné au président de la République des responsabilités majeures dans les domaines de la politique étrangère et de la défense, le Comité d’études de défense nationale a demandé leur « profession de foi » à quatre candidats à la magistrature suprême. La correspondance envoyée à ces candidats, accompagnée de quelques questions particulières, figure à la suite de cet éditorial.

Les réponses, différentes aussi bien dans la forme que dans le fond, apportent une information supplémentaire dans une campagne présidentielle, mais aussi implicitement législative, où les problèmes de défense, à l’exception du volet sécuritaire, ne sont ni centraux, ni prioritaires.

Toutefois, le président élu et le nouveau gouvernement, après avoir approfondi leur réflexion, auront à prendre rapidement des décisions, qui ne seront pas simplement du domaine de la stratégie des moyens, comme la nécessaire actualisation du projet de loi de programmation 2003-2008.

En cas de crise à chaud les procédures de concertation et d’élaboration de la décision entre militaires et diplomates sont rapides et permettent de présenter aux décideurs politiques des options exhaustives.

Il n’en est pas de même sur le moyen et le long terme où la concertation Défense-Affaires étrangères est insuffisante par rapport à ce qui se passe ailleurs, par exemple aux États-Unis.

Force est de constater que depuis l’implosion de l’Union soviétique l’utilisation des forces armées françaises comme instrument de politique étrangère et d’influence a été intense mais pas optimale. Le cadre international n’a facilité ni la définition d’objectifs clairs, ni le respect des principes élémentaires de « l’art de la guerre », et a fait évoluer insensiblement, par le biais des missions de Petersberg, le métier des armes vers un « mercenariat sécuritaire ».

Au-delà des revendications matérielles, cette évolution n’est pas étrangère au malaise des forces armées et nécessitera pour le moins un effort de pédagogie du prochain chef des armées, sur leur place et sur leurs missions, en attendant que l’émergence d’une identité européenne soit suffisamment perceptible pour constituer un complément crédible au sentiment national.

Ces problèmes nationaux réglés, quel sens et quelles limites donner à « l’autonomie stratégique » de la France dans le cadre de l’Europe de la défense au moment où les États-Unis recomposent unilatéralement l’équilibre stratégique mondial et s’affranchissent de toute alliance militaire permanente ?

Cette construction pragmatique de la défense de l’Europe nécessitera, entre autres, un effort en recherche et développement qui pourrait se concrétiser par une agence européenne spécialisée disposant de la personnalité juridique, dotée d’une ligne budgétaire communautaire propre, abondable par les budgets nationaux et fonctionnant par exemple comme la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) américaine.

Par ailleurs les restructurations industrielles devront faire l’objet d’une nouvelle et vigoureuse impulsion, incluant les domaines naval et terrestre, afin d’équiper les forces armées de matériels évolutifs dans des délais singulièrement raccourcis et de poursuivre une coopération transatlantique plus équilibrée.

Il y a là une chance supplémentaire à saisir pour l’Europe de la défense et la défense de l’Europe d’autant que des sondages récents, dont on trouvera les résultats dans ce numéro, montrent que la perception des menaces a progressé en Europe, que des solutions européennes au prix d’un accroissement des dépenses de défense sont souhaitées dans plusieurs pays de l’Union. ♦

Christian Quesnot

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

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Tribune

26 mars 2026

OSCE : enfin un budget ! (T 1816)

Guy Vinet

Après cinq années de discussions acharnées, infructueuses, souvent dilatoires et détournées, les 57 États de l’OSCE sont parvenus à un accord sur le budget unifié annuel pour l'année 2026. La difficulté de parvenir à un tel résultat indique en elle-même que celui-ci présente de sérieux manquements aussi bien sur la procédure que sur le résultat. Il réduit les ressources budgétaires de l'OSCE et, par contrecoup, ses effectifs. Même si des réformes dans le fonctionnement de l'OSCE sont nécessaires et souhaitables, ce budget ne résout rien et ne fait que complaire aux États les moins allant. L'ambition peut attendre.

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Article gratuit jusqu'au 26 avril 2026

Florilège historique

« Problèmes actuels de l’approvisionnement en énergie - La révolution d’octobre 1973 et ses conséquences » (février 1974) par Pierre Desprairies

À la suite de la guerre du Kippour déclenchée le 6 octobre 1973, les pays arabes membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décidèrent d’augmenter massivement le prix du pétrole, en réaction au soutien américain à Israël. En l’espace d’un semestre, les prix sont multipliés par 4, entraînant de fait une crise économique dans les pays occidentaux, obligeant ceux-ci à revoir complètement leur politique énergétique. Pour la France, c’est le début de la fin des Trente glorieuses, avec une hausse du chômage. C’est à cette occasion qu’est lancé le plan massif de construction de centrales nucléaires par EDF.  Lire la suite

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Gilly François-Noël : Dictionnaire des îles : Afrique, Amérique et continent austral ; Europe (France exceptée)  ; L’Harmattan, 2025, 302 et 308 pages

Les îles sont simplement des « espaces de terre entourés d’eau de tous côtés », comme l’avait dit André Siegfried, l’un des pères de la science politique française. Ce sont de minuscules parcelles de terre ferme, perdues dans l’étendue de l’océan. Elles sont plus qu’une « étendue » : elles sont les rêves d’enfants et d’adultes, le symbole de toutes les utopies, l’espoir pour les naufragés, le témoignage de drames ou de miracles… Dispersées sur toutes les mers et tous les océans, depuis les zones polaires jusqu’aux latitudes équatoriales, elles invitent à l’abandon, au refus du temps qui s’écoule, au retour aux origines et à l’introspection. Lire la suite

Eugène Berg

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