Le colonel (cr) de la Gendarmerie Raymond H.A. Carter « récidive » et publie ce livre dont le contenu est présenté en trois grands chapitres (478 pages) avec une introduction du professeur Aissa Kadri. Le premier chapitre a pour titre : « La société actuelle : Substratum et catalyseur de la criminalité moderne » ; le deuxième : « Criminalité et criminels : un champ de bataille plus “intellectualisé” qu’intellectuel » ; et le troisième : « D’un triptyque identifié des criminalités vers une “Terro-criminalité” ». On y trouve aussi une riche bibliographie.
Ainsi, le livre de Raymond Carter est aussi bien un manuel pour les étudiants, qu’un outil de travail pour les journalistes, criminologues, chercheurs dans cette matière, membres des Tribunaux internationaux ad hoc ou de la Cour pénale internationale (CPI). L’auteur fait le distinguo entre le Droit pénal international (DPI) et le Droit international pénal. Pour R. Carter, la nécessité d’une codification du DPI s’impose, parce que la criminalité dans toutes ses formes ignore les frontières.
Ensuite, le lecteur trouvera dans cet ouvrage les indications sur les secteurs et branches de criminalité. Sont ainsi présentés les trafics d’armes, de drogues, de médicaments, d’êtres humains, d’organes… sans oublier la cybercriminalité et bien sûr la corruption, les génocides. De plus, Raymond Carter nous rappelle que d’autres trafics, dont on parle peu, existent, comme par exemple : déchets, pièces détachées, tabac…
En outre, l’existence et l’histoire des cartels formés par de grandes sociétés multinationales sont rappelées : ainsi le cartel Phœbus (1923) entre Philips, Osram et General Electric. Cela illustre que les grandes entreprises agissent parfois d’une manière douteuse et deviennent de ce fait des alliés « objectifs » des criminels. Dans le chapitre 3 et, en particulier, les pages 378 et suivantes, se trouvent des lignes très intéressantes sur les inventions occultées parce que leurs mises sur les marchés risquaient de menacer les positions économiquement dominantes de certains groupes industriels. Sont présentés également les comportements d’États, qui se trouvant volens nolens concernés par la mondialisation de la criminalité, ne sont pas toujours très clairs. L’auteur de ce compte rendu rappelle que parmi les dix acheteurs (créanciers) des Bons du Trésor américains se trouvent, entre autres, les Virgin Islands américaines… Il n’est pas étonnant que les réserves de l’auteur vis-à-vis de la mondialisation que certains ont usurpée à leur profit exclusif, soient clairement exprimées.
En résumé, l’auteur de ce compte rendu souligne, encore une fois, l’utilité du livre qui est un éclairage pour bien comprendre la complexité de la criminalité qui s’enracine dans le monde entier. ♦






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