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Octobre 2020 - n° 833

Covid-19 : résilience et rebond

« La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se lever chaque fois que nous tombons »

Confucius

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

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Revue Défense Nationale - Octobre 2020 - n° 833

Covid-19 : résilience et rebond

En cette rentrée 2020, jamais l’insouciance estivale si habituelle aux vacances d’été n’aura été aussi assombrie par la crise consécutive à la pandémie de la Covid-19 et à la fracturation géopolitique de notre monde. D’une part, et avant même les affres de la maladie, le retour à un âge de fer et de feu marqué par les rapports de force, la politique du fait accompli et la critique systématique des enceintes internationales – même si elles ont plein de défauts – sont devenus les nouvelles normes. D’autre part, la rivalité États-Unis versus Chine, à quelques mois d’une élection présidentielle décisive, la remise en cause par Pékin de la légitimité des principes démocratiques tels que pratiqués en Europe notamment, le pan-ottomanisme assumé vulgairement par la Turquie… Autant de sources de crises potentielles majeures, alors même que le coronavirus a démontré l’extrême fragilité de notre modèle de développement économique ayant effacé depuis longtemps la notion de souveraineté au profit du bénéfice financier immédiat.

Les leçons sont amères et remettent en cause nos certitudes et le fonctionnement de l’État, des collectivités, des entreprises, mais aussi de nos habitudes individuelles où le collectif n’est plus de mise : d’abord mes droits et pour le reste, on verra ! C’est le paradoxe du dossier proposé sur la résilience, abordé non pas sous un angle visant à encenser les uns ou les autres, mais à mettre en évidence des enjeux mal perçus, qui se sont cependant révélés structurants, en particulier lors du confinement, pour éviter le pire. Que se serait-il passé si la distribution d’eau, d’électricité ou de nourriture s’était effondrée. Cela signifie qu’il faut, d’ores et déjà, en tirer des leçons et surtout les mettre en œuvre, car, d’un côté, la crise sanitaire de la Covid-19 reste présente et que de l’autre, d’autres crises encore plus dramatiques sont susceptibles de se déclencher dans notre environnement proche.

Alors que chacun aspire à retrouver une vie normale « comme avant », mais aussi « différemment », le besoin de sécurité reste plus que jamais d’actualité. Or, trop souvent, les Gaulois que nous sommes – dans la diversité et la revendication permanente, voulant tout et son contraire – sommes obnubilés par nous-mêmes, oubliant de regarder au-delà de notre environnement immédiat. À l’heure où les conséquences économiques de la pandémie pourraient aboutir à « lever le pied » en termes de défense, il faut être réaliste et regarder l’accumulation des menaces avec des dérapages possibles, d’autant plus que les États-Unis, qui ont renoncé à leur rôle de « gendarmes du monde », sont engagés dans une dernière ligne droite avant le scrutin du 3 novembre, laissant ainsi la porte ouverte à toutes les provocations possibles de pays compétiteurs et en rivalité géostratégique. C’est pourquoi il importe d’être capable de répondre sans délais aux défis actuels dont la pandémie, mais aussi de mieux se préparer pour affronter demain.

Il y a 150 ans, la défaite surprise de l’Empire de Napoléon III amena la proclamation de la République, mais aussi instilla le ferment sournois amenant au naufrage de l’Europe des monarchies en 1914, en raison des rivalités impériales. Il y a 80 ans, la France connaissait la débâcle, la honte et la souffrance pour avoir eu trop confiance en elle-même. Le général de Gaulle, par son Appel, releva notre pays en ayant toujours le souci de préserver son indépendance et sa souveraineté. Aujourd’hui encore, la question reste d’actualité. ♦

Jérôme Pellistrandi

Tribune

30 octobre 2020

L’insubmersible Corée du Nord (T 1210)

Quentin Nougué

La Corée du Nord, malgré les sanctions internationales, a su mettre en place des stratégies de contournement pour alimenter son économie. La dimension maritime y est importante avec certes une flotte marchande vieillissante mais une flopée de sociétés écrans et d’intermédiaires permettant de maintenir les flux d’échanges et approvisionner le pays.

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Article gratuit jusqu'au 30 novembre 2020

Florilège historique

« La guerre sous-marine dans le Pacifique » (avril 1951) par Marc Benoist

La guerre sous-marine dans le Pacifique est souvent oubliée dans l’histoire, comparée à la Bataille de l’Atlantique. Pourtant, celle-ci fut intense et vit les sous-marins américains infliger de lourdes pertes à la marine japonaise. Les informations publiées au début des années 1950 ont cependant permis de comprendre certains aspects essentiels. Ainsi, la flotte américaine a été très homogène dans le Pacifique, composée essentiellement de la classe Gato. Celle-ci, avec des bâtiments de 95 mètres, présentait certes moins d’innovations que les U-Boot allemands, mais fonctionnait efficacement. Toutefois, dans les mois qui suivirent Pearl Harbor, les sous-marins américains connurent de graves déboires avec des torpilles défectueuses. Il fallut un certain temps pour trouver une réponse technique. De l’autre côté, les Japonais firent preuve d’un péché d’orgueil en négligeant la construction d’une flotte plus conséquente tant militaire que marchande. Très vite, le tonnage japonais coulé n’a pas pu être remplacé par des constructions neuves. Autre échec : les déficiences tactiques japonaises en négligeant jusqu’en 1943 la navigation en convois et en ayant trop peu d’escorteurs. La supériorité de la sous-marinade américaine a donc été essentielle et a contribué au basculement du rapport de force au début 1943. Lire la suite

e-Recensions

Benn Steil : Le Plan Marshall  ; Les Belles Lettres, 2020 ; 684 pages.

Le plan Marshall occupe une place à part dans l’imaginaire collectif. Comme l’écrit Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale, « des dirigeants du monde entier ne cessent d’en appeler à un nouveau plan Marshall », mais combien comprennent réellement de quoi il était question dans ce plan, comment il a été créé et comment il a été mené à bien ? Mais le plan Marshall ne se réduit pas, loin de là, au seul programme de redressement économique de l’Europe ; il a été conçu comme un instrument de combat destiné à empêcher Staline, qui avait établi son hégémonie sur une partie de l’Europe, de s’emparer de l’autre, l’occidentale. À ce titre, comme le démontre Benn Steil, c’est bien le plan Marshall qui a été le fait majeur déclencheur de la guerre froide, qui a recouvert de son manteau l’Europe et le monde durant quatre décennies et dont toutes les réminiscences n’ont pas totalement disparuLire la suite

Eugène Berg

Les cahiers de la RDN

Cahier numérique - Octobre 2020 - 58 pages

Cahier numérique - Octobre 2020 - 23 pages

Les Repères de la RDN

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