Si l’Armée populaire de libération (APL) témoigne d’une détermination à se moderniser et à peser de plus en plus sur l’échiquier international, nombre d’experts restent circonspects quant à ses réelles capacités à atteindre ses objectifs. Quoi qu’il en soit, le dynamisme de sa stratégie navale est incontestable et témoigne du pragmatisme géopolitique de Pékin.
L’armée chinoise : au service d’une stratégie de la « défense offensive » (Janvier 2015)
The Chinese People's Liberation Army: in Service of a “Defensive Offense” Strategy
If the People's Liberation Army (PLA) demonstrates a determination to modernize and influence the international stage, many circles of experts remain cautious about its capacity to achieve these interests in the short and long term. Be that as it may, their naval strategy is incontestable and displays the geopolitical pragmatism of Beijing- so much so that Southeast Asia will become a zone of increasing inter-state friction.
Du point de vue de son potentiel militaire, la Chine reste massivement et numériquement l’un des pays au monde disposant de la plus grande armée.
Le poids conséquent des forces combattantes
Au cours du printemps 2013, à l’occasion de la publication, le 16 avril 2013, de son huitième Livre blanc depuis 1998, la Chine faisait savoir qu’elle disposait de 850 000 soldats dans l’Armée de terre, d’une Armée de l’air comptant près de 398 000 personnes tandis que la Marine pouvait compter sur quelque 235 000 militaires ; soit une armée de plus de 1,4 million d’hommes et de femmes contre 2,2 millions de militaires en 2002-2003. Certes, on est désormais loin de l’armée de 4,2 millions d’hommes et de femmes qui prévalait au début des années 1970, ou encore de celle de plus de 3 millions de personnes qui était encore effective dans les années 1990. Car les autorités chinoises s’appliquent, elles aussi, comme nombre de pays occidentaux, à réduire les effectifs. Mais l’armée chinoise demeure finalement la seule dont le potentiel humain est comparable à celui des États-Unis.
Ses systèmes d’armes sont diversifiés et s’inscrivent dans une politique de gestion destinée à lutter contre l’obsolescence ; d’où de nombreux programmes novateurs. Le tout au service d’une stratégie qui se veut résolument défensive, selon les discours officiels. En fait, derrière le discours feutré, mais déterminé, le régime tient surtout à mettre en avant la légitimité de la politique générale, guidée par ses intérêts économiques et géographiques. Et de préciser que toute entrave ou obstruction à sa démarche unilatérale est assimilable sinon à un casus belli en tout cas à un véritable outrage pour Pékin. Si bien qu’aucune résistance ou opposition ne peut être acceptée sine die par le régime jusqu’au-boutiste chinois.
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