La Chine, engluée dans un conflit latent en mer de Chine, s’efforce de trouver de nouveaux débouchés économiques vers le Moyen-Orient, l’Asie centrale puis l’Europe, recréant ainsi une nouvelle « route de la Soie » maritime et ferroviaire, synonyme de prospérité selon Pékin.
« Une Ceinture, une Voie » : la nouvelle route de la soie chinoise (T694)
2 octobre 2015
Des développements récents en mer de Chine du Sud ont, une fois de plus, attiré l’attention de la communauté internationale. En ce sens, ce court article a deux objectifs. Il permettra d’abord de mieux comprendre certains des conflits régionaux en lien avec la stratégie « Une Ceinture, une Voie » et fait valoir que ces derniers sont susceptibles d’éventuellement s’estomper. Ensuite, il soutient que la France a à gagner de cette stratégie. Nous aborderons ainsi sa composition et certains de ces effets.
Objectifs et moyens de la stratégie « Une Ceinture, une Voie »
Développée par l’actuel président Xi Jinping, cette stratégie vise à connecter les trois continents (Asie, Europe, Afrique) par l’entremise de vastes réseaux commerciaux et de transport tant sur terre que sur mer. Au total, la stratégie met l’accent sur quatre corridors principaux. Le premier relie (sur terre) la Chine à la Mongolie et la Russie. Le deuxième (sur terre) relie la Chine et l’Asie centrale, le Moyen-Orient, l’Europe centrale et de l’Est pour se terminer en Europe occidentale. Le troisième (sur terre) connecte la Chine à l’Asie du Sud et du Sud-Est. Enfin, le dernier relie (par la mer) la Chine, par le détroit de Malacca, à l’Asie du Sud et du Sud-Est, l’Inde, le Sri Lanka, l’Afrique de l’Est – par le biais de l’océan Indien – les pays du Golfe – à travers le golfe Persique – l’Afrique du Nord et le bassin de la Méditerranée – par le canal de Suez – pour finalement se terminer en Europe de l’Ouest.
Cette stratégie a pour objectif politique d’expliciter la nature pacifique de l’ascension chinoise. Économiquement, cela peut être compris de trois manières différentes qui partagent toutes la même thématique générale : l’acquisition par la Chine de ressources afin de sécuriser son avenir. Premièrement, le récent ralentissement économique de 2008 oblige la Chine à mettre sur pied de nouveaux projets et développer de nouvelles politiques. Par conséquent, ce projet d’infrastructures de grande envergure vise à apaiser le désordre social créé par les mises à pied majeures dans le secteur manufacturier de la côte Est en remobilisant la main d’œuvre (par exemple, les travailleurs ruraux et migrants). Aussi, il est important de noter que lors de la construction de ces infrastructures, il est peu probable que la Chine délocalise la production de matériel ou encore la force de travail.
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