L’Asie du Sud est structurée par la triangulation Chine-Inde-Pakistan. La relation pakistanaise s’inscrit dans la rivalité avec l’Inde, même si la situation entre Pékin et New Delhi s’est améliorée, au regard des bénéfices économiques. L’activisme chinois reste ambitieux et les pays de la région souhaitent un meilleur équilibrage.
La Chine et l’Asie du Sud : extension de l’espace stratégique prioritaire chinois
China and South Asia: Extension of Chinese Priority Strategic Space
The structure of South Asia is dominated by the China-India-Pakistan triangle. Pakistan’s position within it is driven by its disputes with India, even though relations between Beijing and New Delhi have improved in terms of economic benefits. Chinese activism remains strong and countries in the region are seeking better balance.
Dominée par les mondes indiens et arabo-musulmans, l’Asie du Sud constitue une vaste région hétérogène, historiquement loin des intérêts stratégiques et culturels chinois. Seul le bouddhisme, dans le temps long et malgré la géographie himalayenne, s’impose comme un vecteur imposant une discontinuité entre civilisation sino-confucéenne et mondes indiens. Pour Pékin, l’Asie du Sud commence par les grandes régions en marge de son territoire, historiquement et anthropologiquement non chinoise, le Tibet historique. La volonté de Mao d’y prendre pied (années 1950) s’appuie sur l’idée de faire contrepoids au grand voisin indien et de maîtriser un territoire riche en ressources naturelles (eau, minerais).
Le lien fort et particulier avec le Pakistan sera le cœur de la grammaire chinoise de sa politique extérieure dans la région, contre l’Inde. Le lancement des réformes chinoises (1978), les réformes économiques de l’Inde (1991) ainsi que la fin de la guerre froide induisent une amélioration des relations sino-indiennes et une phase nouvelle du dialogue entre les deux « géants » de l’Asie. Dans le même temps, la Chine développait progressivement sa stratégie maritime au-delà de l’Asie du Sud-Est, identifié comme « un collier de perles » (1) dans le voisinage indien. Près de 80 % des importations de pétrole brut de la Chine (en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique) transitent par l’océan Indien (2). Pékin a ainsi accru son intérêt pour cet espace maritime, garant stratégique de sa stabilité (3).
Une région structurée par la triangulation sino-indo-pakistanaise
La géopolitique chinoise de l’Asie du Sud s’écrit d’abord dans sa rivalité avec l’Inde (guerre en 1962 avec une défaite indienne, affrontements en 2017 et 2020) le long de leur frontière conflictuelle (Line of Actual Control, LAC), nourrit par leur ambition régionale et globale respective, avec le Pakistan comme l’autre acteur majeur, à la fois partenaire de Pékin et ennemi de l’Inde. L’Asie du Sud est structurée par la rivalité des sphères sécantes d’influence sino-indienne et des agendas locaux entre géopolitique asiatique et du Moyen-Orient, sur fond de rivalité sino-américaine. La montée en puissance économique et commerciale, mais également stratégique chinoise (militaire, diplomatique, technologique), participe à la recomposition de la géopolitique de l’Asie du Sud à la fois à l’échelle régionale (liens renforcés de l’ensemble des pays de la zone avec la Chine) et à l’échelle internationale (rivalités sino-indienne et sino-américaine).
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