La relation entre la Russie et l’Inde est ancienne et basée sur des considérations géopolitiques. La prédominance militaro-industrielle s’est réduite, suite au conflit avec l’Ukraine, avec un rééquilibrage vers le secteur énergétique. Le principal enjeu dans cette relation reste la question de la sécurité avec la Chine, la grande rivale.
Russie-Inde : une extensivité limitée
Russia-India: A Limited Relationship
The long-extant relationship between Russia and India is founded on geopolitical considerations. The conflict in Ukraine has reduced the military and industrial predominance of the relationship, and has led to greater emphasis on the energy sector. The major challenge remains the question of security with China—the great rival.
Fruit de la rupture sino-soviétique de 1956 et des réalités géopolitiques sud-asiatiques, la proximité soviéto-indienne se concrétise par la signature, le 9 août 1971, d’un traité de paix, d’amitié et de coopération. Cette relation se développe ultérieurement par une contribution soviétique aux industries indiennes et par une « réciprocité du silence » dans la sphère diplomatique (1). L’effondrement de l’URSS en 1991 entame néanmoins un cycle régressif dans la relation bilatérale qui, sous l’action d’Evgueni Primakov à la tête de la diplomatie russe (1996-1998), connaît un regain de vigueur confirmé sous la présidence de Vladimir Poutine. Celui-ci établit en effet avec l’Inde, le 3 octobre 2000, un partenariat stratégique requalifié de « spécial et privilégié » le 21 décembre 2010 par son éphémère successeur au Kremlin, Dmitri Medvedev.
Sur quoi repose le partenariat entre Moscou et New Delhi depuis la fin de la guerre froide ? En quoi le contexte géopolitique ouvert par la guerre en Ukraine en 2022 redimensionne-t-il (ou non) cette relation de connivence aux racines profondes ?
Des bases solides mais des plafonds de verre dans l’ère post-bipolaire
Depuis la chute de l’URSS en 1991 jusqu’au déclenchement des hostilités en Ukraine en 2022, la Russie et l’Inde investissent trois axes prioritaires de coopération, plus ou moins aboutis : militaro-industriel, économique et diplomatique.
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