Le Japon a développé une diplomatie plus ambitieuse pour l’Asie du Sud au regard de la compétition imposée par la Chine. La relation avec l’Inde prend de l’importance pour contrebalancer le poids de Pékin. Pour Tokyo, le plus important réside dans l’équilibre avec des bonnes relations régionales.
La place de l’Asie du Sud dans la diplomatie japonaise
The Place of South Asia in Japanese Diplomacy
In the face of Chinese competition, Japan has developed a more advanced diplomacy with regard to South Asia. Relations with India are taking on greater importance in order to balance the weight of Beijing. It is most important for Tokyo that the balance be maintained through good regional relationships.
Le couple impérial japonais, début février 2026, était en visite au Népal dont le Président, Ram Chandra Poudel, a exprimé sa reconnaissance pour l’aide apportée par le Japon à son pays de longue date. Si l’aide est ancienne, les visites sont rares. Pourquoi l’une comme l’autre ? Le Japon déploie depuis 2016 une vision Indo-Pacifique dans laquelle s’intègre l’Aide publique au développement (APD) qu’il donne à l’Asie du Sud. Cette vision est déclinée en de multiples registres : l’APD en est un. L’Inde, en particulier, est au cœur d’une stratégie chinoise du Japon reposant sur l’influence (par opposition à l’affirmation de puissance), construite sur des prises de position mesurées, des accords y compris dans le domaine de la défense ou de la sécurité économique, et une aide multiforme (1).
La stratégie japonaise, dans sa dimension strictement internationale (son versant national est laissé de côté ici), comporte plusieurs volets qui, tous, visent à faire contrepoids à la Chine : une APD qui stabilise les récipiendaires dont le Népal, des partenariats de sécurité, avec l’Inde notamment, qui ensemble renforcent sans accroître les tensions. Il souhaite encore sécuriser les chaînes d’approvisionnement par des dialogues ciblés qui émancipent de la dépendance à l’égard de la Chine en matière de métaux critiques en particulier de « terres rares » – l’Inde intervient là encore. Le Japon se pose par ailleurs en interlocuteur des pays intermédiaires ou « du Sud » dans les défis sécuritaires ou économiques et sociaux. Il s’agit là d’offrir une alternative aux garanties ou investissements chinois, si possible avec des partenaires occidentaux.
La vision Indo-Pacifique proposée à la communauté internationale en 2016 et embrassée ensuite par les Occidentaux, englobe l’ensemble. La relation avec l’Inde mérite une attention particulière.
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