La guerre en Iran a des répercussions directes dans l’espace Amérique latine-Caraïbes avec des aspects politiques, idéologiques et économiques. Certains pays étaient proches de Téhéran par anti-américanisme mais les nouvelles réalités énergétiques ont fait évoluer les positions. Si les États-Unis maintiennent une pression forte, l’impact sur la vie quotidienne des Sud-Américains est important.
Amérique latine - L’Amérique latine-Caraïbes et la guerre en Iran
Latin America—Latin America and the Caribbean, and the War in Iran
The war in Iran is directly affecting the Latin America-Caribbean area, and is having political, ideological and economic impacts. Some countries were close to Teheran as a function of their anti-Americanism, but the new situation regarding energy supply has forced them to review their positions. Although the United States continues to apply strong pressure, the impact upon South Americans’ daily life is considerable.
La guerre entre les États-Unis d’Amérique et son allié israélien contre la République islamique d’Iran, a été lancée le 28 février 2026 avec des opérations conjointes Epic Fury/Roaring Lion. Cet environnement pourrait sembler bien lointain depuis Mexico, Caracas, Buenos Aires ou La Havane. Pourtant, ce conflit s’inscrit dans un contexte latino-américain marqué par deux faits nouveaux depuis le début de l’année 2026, s’inscrivant dans une volonté de redéfinition de l’équilibre mondial : un axe iranien affaibli après la chute de Nicolás Maduro (1) et une pression américaine accrue sur le plan sécuritaire accélérant un tournant politique (2) en Amérique latine.
Que ce soit pour des symboliques, militaires ou économiques, ce nouveau conflit aux Proche et Moyen-Orient qui affecte l’économie mondiale, concerne directement le continent latino-américain. Comme ce fut le cas dès le déclenchement de la guerre en Ukraine (3), au lendemain des attentats du 7 octobre commis par le Hamas (4), le conflit en Iran fait apparaître les lignes de fractures politiques d’une Amérique latine, marquée par la capture de Nicolás Maduro, héraut d’une ligne radicale antiaméricaine et alternative, privilégiant des alliances avec l’Iran, la Russie et la Chine. Cette capture a mis en exergue la volonté de Washington d’« assurer la prééminence américaine » sur le continent. Il s’agit du « corollaire Trump à la doctrine Monroe », que certains ont surnommé « Doctrine Donroe », en référence au Président actuel et à son lointain prédécesseur James Monroe. Le message d’une « reprise en main » politique a été perçu et s’est concrétisé par le Sommet « Bouclier des Amériques » (5) en mars 2026, créant une alliance politique et sécuritaire en Amérique latine autour d’alliés qui assurent aux États-Unis une forme de « ceinture de sécurité » sur son flanc Sud, restaurant le concept utilisé pendant la guerre froide d’arrière-cour (6). Naturellement, les pays considérés comme des adversaires ou « non fiables » constituent des « objectifs politiques » devant être « contenus » par la force ou par le soutien à une opposition appelée à accéder au pouvoir comme en décembre 2025 au Honduras (7).
La « tentation du Sud global » (8) promue au début des années 2020 par le Venezuela, le Nicaragua, Cuba, la Bolivie et le Brésil pendant une partie du dernier mandat du président Lula da Silva (9) paraît bien isolée et en voie de démantèlement. La transition au Venezuela, l’élection du président Rodrigo Paz Pereira en Bolivie, l’isolement du Nicaragua, la perspective du départ de Gustavo Petro en Colombie en août 2026 avec pour successeur une personnalité issue de la droite concluant une période de tensions politiques inédites, les pressions sur Cuba et la perspective de l’élection présidentielle au Brésil en octobre 2026, expliquent cette réalité. Sur le plan international, le temps des alliances affichées avec l’Iran semble bien loin (10). Le pétrole vénézuélien était, ces dernières années, distribué à travers l’Iran, vers la Chine (5 % étaient réservés à Cuba). Les liens de PDVSA (11) avec le Nicaragua s’inscrivaient dans cette logique qui s’était construite parallèlement au commerce classique entre une partie de l’Amérique latine avec l’Europe, l’Asie et le nord du continent. Cet environnement explique l’onde de choc graduée que le conflit en Iran a pu avoir en Amérique latine.
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