La guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février entraîne de profonds bouleversements géopolitiques. Ceux-ci impliquent tous les pays de la région mais également des acteurs comme la Chine et la Russie. Les États-Unis et Israël ont pris le risque d’ouvrir la boîte de Pandore sans réelle certitude sur le résultat global.
Sud de l’Europe - Nouvelle guerre au Moyen-Orient
Southern Europe—New War in the Middle East
The war in the Middle East that began on 28 February is leading to profound geopolitical consequences. They are affecting all countries in the region yet other actors too, including China and Russia. The United States and Israel have risked opening Pandora’s box with no real idea of the outcome that might result.
La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026 s’inscrit à la fois dans le champ des rivalités entre acteurs globaux (États-Unis, Chine, Russie) et dans le champ des rivalités régionales entre les quatre principaux acteurs du Moyen-Orient que sont Israël, l’Iran, la Turquie et l’Arabie saoudite. Les informations révélées par le New York Times dévoilent l’influence du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou sur le président américain Donald Trump pour le convaincre d’attaquer l’Iran en profitant d’une fenêtre d’opportunité jugée très favorable (1). Les raids initiaux américains et israéliens ont permis d’éliminer le Guide suprême Ali Khamenei ainsi que de nombreux responsables militaires iraniens.
La Maison-Blanche et Israël ont ouvert la boîte de Pandore
L’Iran a riposté en frappant non seulement Israël et l’ensemble des bases américaines au Moyen-Orient, mais en internationalisant le conflit en ciblant les monarchies du Golfe, la Jordanie, le Liban, le Nakitchevan (une république autonome d’Azerbaïdjan) et la Turquie, afin d’inciter ces États à exercer de fortes pressions sur Washington. Téhéran a également activé ses intermédiaires (proxys) en Irak (Hachd al-Chaabi) pour attaquer les intérêts américains dans ce pays ainsi qu’au Liban et au Yémen (Hezbollah et Houthis) pour harceler Israël, entraînant une intervention militaire majeure israélienne au Sud-Liban. Outre qu’il a survécu, le régime iranien a « fermé » le détroit d’Ormuz, créant une tension énergétique très forte sur l’économie mondiale.
Cinq semaines de frappes américano-israéliennes intenses ont indubitablement affaibli l’appareil sécuritaire et militaro-industriel iranien (2), sans parvenir toutefois à atteindre les buts de guerre initiaux affichés par Donald Trump et Benyamin Netanyahou : éradiquer définitivement le programme nucléaire iranien (les 400 kg d’uranium enrichis n’ont toujours pas été neutralisés et la Maison-Blanche serait encline à permettre à l’Iran de conserver une faible capacité d’enrichissement) ; détruire le programme balistique (l’Iran conserve une capacité réelle de frappe, même si celle-ci a été fortement dégradée) ; provoquer la chute du régime en créant les conditions d’une insurrection populaire. Terrorisée par l’appareil répressif, la population iranienne n’est pas prête à redescendre dans la rue, a fortiori sous les bombes. Le régime iranien, résilient, redondant et polycentré, a mué, se transformant en une junte militaire informelle dirigée par les Gardiens de la Révolution (Pasdarans), au détriment du clergé qui semble en perte de vitesse. À l’heure où sont écrites ces lignes, une trêve entre les belligérants est en vigueur pour permettre une négociation bilatérale au Pakistan entre Américains et Iraniens. Ses chances de succès sont faibles et la reprise des hostilités ne doit pas être écartée.
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