Editorial
Éditorial
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 puis du conflit contre l’Iran en 2026, l’accélération et la mutation des affaires militaires sont spectaculaires, irréversibles et profondes. De la bataille aéroterrestre conventionnelle, où blindés et fantassins s’efforçaient de conquérir le terrain de l’adversaire, nous sommes passés à un affrontement où les drones de toute nature, l’Intelligence artificielle (IA) et le renseignement vident la ligne de front. Dans le même temps, les frappes sur les lignes arrière sont devenues essentielles, touchant les cibles économiques et civiles.
À l’inverse, malgré un rapport de force totalement déséquilibré, les États-Unis et leur allié israélien ont, certes, gagné la bataille tactique contre l’Iran mais n’ont pas réussi à mettre à genoux le régime iranien si contestable. En dépit de la surabondance du renseignement et de la puissance de feu adverses, Téhéran n’a pas plié et conserve une capacité de nuisance majeure mettant à mal la quasi-totalité de l’économie mondiale et entraînant une crise aux conséquences durables.
D’où le besoin de travailler sur les enjeux des conflictualités de demain comme le porte le dossier annuel porté par la Chaire des Grands enjeux stratégiques de l’Université Panthéon-Sorbonne. Des éclairages croisés qui permettent de mieux comprendre ces mutations essentielles qui modifient profondément nos perspectives stratégiques avec l’impérieuse obligation d’anticiper pour ne pas perdre la prochaine guerre. Le temps des « dividendes de la paix » est depuis longtemps totalement révolu. Les années 1980-2000 avaient vu une Révolution des affaires militaires (la fameuse RMA), lancée par les États-Unis. Aujourd’hui, nous vivons une nouvelle révolution qui n’est toutefois plus exclusivement portée par le système américain. L’Ukraine, mais aussi l’Iran d’une certaine façon, la Chine et d’autres Nations, bouleversent notre vision et notre pratique de la guerre.
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