En 2025, l’actualisation de la Revue nationale stratégique (RNS) consacrait la notion de résilience. Avec une stratégie nationale dédiée (SNR), le continuum entre sécurité et défense changeait d’approche pour s’adapter aux menaces hybrides. Acteur central dans la construction de cette RNS, le Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) relate les enjeux et les enseignements autour de ces documents.
RNS 2025 et SNR : changements et révolutions en cours dans le continuum
sécurité nationale-défense
RNS 2025 and SNR: Changes and Revolutions Underway in the Continuum of National Security and Defence
The 2025 update to the National Strategic Review (Revue Nationale Stratégique—RNS) enshrined the concept of resilience. Now with a dedicated national strategy for intelligence (Stratégie Nationale du Renseignement—SNR), the continuum between security and defence has changed direction in order to adapt to hybrid threats. The General Secretary for Defence and National Security (Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale—SGDSN), the central figure in the design of the RNS, describes the challenges related to these documents and the lessons to be learned.
La Revue nationale stratégique (RNS) – en l’espèce sa révision en 2025 (1) – exprime la vision que notre pays a du monde mais surtout ce qui est devant nous en termes d’actions à mener. Il est possible d’en retenir trois aspects qui ne la résument pas mais l’éclairent.
Le premier aspect est la méthode engagée par mon prédécesseur Stéphane Bouillon (2020-2025), résolument fondée sur une large consultation, très au-delà de ce qui a pu se faire antérieurement. Cette consultation qui a associé l’ensemble des ministères à de nombreuses personnalités et organisations, y compris assez éloignées du monde de la défense, a marqué un changement de paradigme : face à des risques et menaces qui peuvent affecter l’ensemble de la population, la conception de la RNS, mais surtout sa mise en œuvre concerneront toute la population. Deuxièmement, de façon analytique, le cœur de la Revue est constitué par ce que nous avons nommé le scénario central. Celui-ci n’est ni un résumé, ni une prédiction mais il exprime le niveau de préparation que nous nous fixons pour objectif d’atteindre. Je le dis de façon simple : ce scénario est dimensionnant et exigeant. Troisièmement, il faut souligner l’existence de quelques défis qui sont face à nous, en termes d’action collective. À ce propos, il convient nécessairement d’entendre l’action collective comme étant le produit de celle de l’État, des administrations publiques centrales et déconcentrées – c’est l’optique traditionnelle –, mais il faut élargir résolument cette conception aux collectivités territoriales, aux partenaires sociaux, aux acteurs économiques et même à chacun de nos concitoyens. En effet, les défis qui sont face à nous concernent chacun des habitants de ce pays.
À titre d’avertissement, je veux rétablir une forme de vérité : cette RNS, qu’on présente parfois comme étant celle du SGDSN, est une œuvre fondamentalement collective. Le SGDSN y a joué son rôle de coordonnateur interministériel et chacun des ministères a participé, contribué, injecté ses éléments dans un texte qui, de fait, engage la totalité de l’administration française. Au-delà des habituels ministères dits régaliens que sont le ministère des Armées, le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Économie et des Finances, et celui de la Justice, la totalité de nos ministères a contribué à cette RNS.
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