Grâce aux progrès technologiques liés aux plateformes de permanences et aux vecteurs hypervéloces, la Très haute altitude (THA) acquiert une importance grandissante dans les réflexions. Entre les nouvelles opportunités qu’elle permet et les nouvelles menaces contre lesquelles il est nécessaire de se prémunir, l’extension verticale du milieu aérien incarne un défi que les États se doivent d’appréhender rapidement.
La Très haute altitude (THA) : un nouvel enjeu stratégique
Very High Altitude: a New Strategic Challenge
The technological progress made in persistence platforms and hypervelocity carriers has led to the growing importance and consideration of very high altitude (très haute altitude—THA). Between the new opportunities it offers and the new threats which we need to guard against, the vertical extension of the air environment represents a challenge that countries need to apprehend rapidly.
La Très haute altitude (THA) s’impose aujourd’hui comme un nouvel enjeu (1) à partir d’un constat simple : à mesure que les technologies aérospatiales progressent, l’humanité – qu’il s’agisse d’acteurs civils ou militaires – est appelée à voler toujours plus haut et plus vite, si cela s’avère utile et nécessaire. Les avions de ligne opèrent aujourd’hui aux alentours de 10 kilomètres d’altitude, tandis que les avions de combat atteignent environ 15 à 20 km. Cependant, ces références tendent déjà à être dépassées.
Dans le même temps, les orbites des satellites s’abaissent progressivement. Les concepts de Very Low Earth Orbit (VLEO), voire d’ Extremely Low Earth Orbit (ELEO), témoignent de cette tendance. Le développement de navettes spatiales – américaines, chinoises, voire européennes –, capables à la fois de voler et d’orbiter, accentue encore cette convergence. Ainsi, la tranche comprise entre 20 et 100 km d’altitude – longtemps peu exploitée en raison de sa difficulté d’accès – est appelée à devenir un espace de plus en plus fréquenté.
Deux grandes catégories d’aéronefs y évoluent. D’une part, les plateformes permanentes de haute altitude, connues sous l’acronyme HAPS (High Altitude Permanent System). Il peut s’agir de ballons ou d’aéronefs solaires, capables de rester au-dessus d’une zone pendant des durées allant de plusieurs mois à une année. Ces plateformes tirent notamment parti de conditions atmosphériques spécifiques, caractérisées par des vents faibles et variables entre 18 et 28 km d’altitude. D’autre part, des vecteurs hypervéloces, capables de se maintenir dans ces couches raréfiées de l’atmosphère grâce à leur vitesse élevée.
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