L’Asie orientale connaît désormais une nouvelle cartographie de la croissance économique. À l’atonie de l’empire du Soleil-Levant s’oppose la dynamique du monde chinois. Le Front de la démocratie et la géopolitique des régimes y sont en pleine évolution. L’effet 11 septembre y a généré une reconfiguration d’alliances et d’actions, de l’Indonésie aux Philippines. La guerre en Irak est l’occasion pour la « nouvelle Asie » de définir ses positions face aux États-Unis, tandis que le Japon opère une mutation pour tenter de retrouver une position d’acteur global. Ce, alors que la Chine entend devenir une puissance navale contestant d’ici à vingt ans la prééminence militaire américaine dans le Pacifique.
Politique et diplomatie - La nouvelle donne asiatique
Alors que l’Asie centrale est en pleine recomposition, douze ans après la guerre froide et deux ans après la guerre d’Afghanistan, les mutations géoéconomiques, géopolitiques et géostratégiques de l’Asie orientale dessinent sous nos yeux la future carte de cette aire de deux milliards d’habitants.
La nouvelle cartographie de la croissance
La dynamique du monde chinois
Avec plus de 50 milliards de dollars d’investissements réalisés en Chine continentale ces douze derniers mois, en dépit de l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), la république populaire de Chine (RPC) confirme qu’elle est devenue, devant les États-Unis, le premier pôle mondial d’attraction des investissements directs étrangers. Avec 430 milliards de dollars de réserves de change, la Chine se situe désormais au deuxième rang mondial, derrière le Japon. À n’en pas douter, ce sera à nouveau un taux de croissance de 8 % qui caractérisera en 2003 le phénomène de dynamique économique du pays. Au rythme actuel du développement des échanges commerciaux, la Chine deviendra d’ici à dix ans le premier partenaire du Japon devant les États-Unis. D’ores et déjà, c’est près d’un quart des relations commerciales de l’Asean (1) qui s’effectue avec la RPC.
Avant la crise de 1997, près de 70 % des flux d’investissements directs en Asie de l’Est, hors Japon, avaient pour destination les dix pays de l’Asean. Aujourd’hui, c’est la Chine qui en draine, à elle seule, 70 %. Plus encore, en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande et au Viêt-nam, c’est le dynamisme des communautés chinoises locales qui constitue le moteur de la croissance. Singapour et Taiwan ont ainsi rompu avec la récession… mais deviennent, de facto, la périphérie économique de la Chine.
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