Un lycéen, Mohamed Guermah dit Massinissa, blessé par balles dans une brigade de gendarmerie près de Tizi-Ouzou, meurt le 20 avril 2001, jour de la commémoration du « printemps berbère ». Trois jeunes gens sont interpellés, de façon irrégulière, par des gendarmes, près de Béjaïa deux jours plus tard, en présence de leur professeur. Un communiqué du commandement de la gendarmerie, repris momentanément par le ministre de l’Intérieur en personne, le jour même des obsèques de Massinissa le 23 avril, affirme que le jeune homme est mort à cause d’un « regrettable accident par arme à feu », et le présente comme un délinquant. Ces événements soulèvent une vague de colère dans les villes, les villages, et les hameaux de Kabylie.
Revendications démocratiques en Kabylie
Un lycéen, Mohamed Guermah dit Massinissa, blessé par balles dans une brigade de gendarmerie près de Tizi-Ouzou, meurt le 20 avril 2001, jour de la commémoration du « printemps berbère ». Trois jeunes gens sont interpellés, de façon irrégulière, par des gendarmes (1), près de Béjaïa deux jours plus tard, en présence de leur professeur. Un communiqué du commandement de la gendarmerie, repris momentanément par le ministre de l’Intérieur en personne, le jour même des obsèques de Massinissa le 23 avril, affirme que le jeune homme est mort à cause d’un « regrettable accident par arme à feu », et le présente comme un délinquant (2). Ces événements soulèvent une vague de colère dans les villes, les villages, et les hameaux de Kabylie.
Émeutes et revendications
Des barrages sont dressés sur des routes, des édifices publics sont incendiés, des scènes de pillage ont lieu, des permanences du Front des forces socialistes (FFS) et du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) sont saccagées comme celles des autres partis, malgré les appels au calme d’adultes et de responsables des structures associatives et politiques locales. Les islamistes armés, actifs dans la région, notamment ceux du Groupement salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), se mêlent aux groupes de manifestants, constitués massivement de jeunes. Ils les incitent à attaquer les casernes et les sièges des groupes d’autodéfense, et font reprendre des mots d’ordre favorables à leur chef Hassan Hattab (3). Les forces de l’ordre répliquent en tirant à balles réelles, mais les émeutes redoublent de violence. La presse fait état, après plus d’une semaine d’émeutes, d’une soixantaine de morts et de plusieurs centaines de blessés, dont certains sont dans un état très grave.
Le secrétaire général du RCD, Saïd Sadi, annonce officiellement le 1er mai le retrait de son parti de la coalition gouvernementale, et déclare : « Nous n’avions jamais vécu une telle répression dans notre histoire récente… Il est impossible de rester dans un gouvernement qui tire à balles réelles sur son propre peuple » (4). Le président du FFS, Hocine Aït Ahmed, dénonce « la rupture totale, éclatante du pouvoir avec la population ». Il réclame l’intervention du secrétaire général des Nations unies et du président du Parlement européen pour « empêcher l’irréparable », et propose au président Bouteflika et à plusieurs généraux un plan de sortie de crise. Une manifestation rassemblant 200 000 personnes se déroule, à Alger le 31 mai, à l’appel du FFS, pour protester contre la répression en Kabylie.
Il reste 91 % de l'article à lire
Plan de l'article






