Depuis le 28 février, la guerre en Iran s’enlise : un cessez-le-feu précaire maintient une tension persistante, Ormuz reste bloqué et l’économie mondiale bascule en récession. Donald Trump alterne entre menaces et annonces d’un accord imminent, tandis qu’à Téhéran, les factions au pouvoir surenchérissent entre pragmatisme et intransigeance. Au Liban, le Hezbollah poursuit ses affrontements avec Israël, risquant une escalade incontrôlable. Vladimir Poutine, humilié par des frappes de drones sur Saint-Pétersbourg, piétine en Ukraine malgré son intransigeance.
Éditorial – Quand la fièvre monte (T 1836)
Editorial —Tension is rising
Since February 28, the war in Iran has become bogged down: a precarious ceasefire maintains persistent tension, the Strait of Hormuz remains blocked, and the global economy is slipping into recession. Donald Trump alternates between threats and announcements of an imminent agreement, while in Tehran, the ruling factions are vying with one another between pragmatism and intransigence. In Lebanon, Hezbollah continues its clashes with Israel, risking an uncontrollable escalation. Vladimir Putin, humiliated by drone strikes on Saint Petersburg, is making no progress in Ukraine despite his intransigence.
Début d’une guerre voulue par Donald Trump, le 28 février. 8 avril, un cessez-le-feu entre les belligérants, dans l’attente d’un processus de négociations censé déboucher rapidement et d’empêcher Téhéran de poursuivre son programme nucléaire, tandis que le détroit d’Ormuz reste bloqué, entraînant l’économie mondiale dans un début de récession. Depuis, des incidents à l’intensité croissante entre les États-Unis et Téhéran autour du détroit d’Ormuz, tandis que Donald Trump annonce chaque semaine qu’un « très bon accord » est sur la table et qu’il va être incessamment signé. Chaque semaine, le même refrain, alternant menaces et ultimatum sans pour autant lever les incertitudes. À Téhéran, il en est de même, alors que les différentes factions au pouvoir ne cessent de surenchérir entre ceux qui, plus pragmatiques, envisagent de discuter via des intermédiaires et les « gardiens du temple » plus que jamais persuadés qu’ils ont su tenir tête aux États-Unis et donc qu’ils n’ont rien à négocier mais plutôt à exiger. Une impasse stratégique et diplomatique pour tous.
Au Liban, la guerre entre le Hezbollah – en soutien de Téhéran – et Israël se poursuit en haute intensité malgré les cessez-le-feu et les pressions de Washington, notamment sur le très faible État libanais, paralysé par la mainmise du Hezbollah qu’il est incapable de désarmer.
La réplique de Téhéran ce week-end contre Israël traduit cette montée de fièvre jusqu’à présent peu ou prou maîtrisée. L’affrontement contre le Hezbollah demeure existentiel pour Israël et peu importent les risques de dommages collatéraux, y compris contre les civils libanais, principales victimes de cette guerre imposée par le groupe terroriste. Les heures et jours à venir seront déterminants sur le risque d’une escalade non contrôlée.
La fièvre gagne aussi Moscou qui patine devant la résistance et la résilience ukrainiennes. Poutine a même été humilié par les frappes de drones sur sa ville natale, Saint-Pétersbourg, à la veille de son forum économique international. Ses forces sont même sur la défensive sur certains points du front et, pour autant, l’intransigeance du Tsar russe demeure intacte, persuadé qu’il est de pouvoir obliger Kyiv à se soumettre ; mais de fait, la Russie ne parviendra pas à ses fins.
Une autre fièvre se fait sentir, mais celle-ci est très différente, quoique liée aux deux précédentes : le début du Mondial de football le 11 juin. Une coupe du Monde répartie sur trois pays que Donald Trump a voulu instrumentaliser : le Mexique, qu’il perçoit comme une menace permanente entre narcocriminels, immigrants et concurrence économique, le Canada qu’il a voulu annexer au détriment de toute réflexion logique et les États-Unis qui vont célébrer leurs 250 ans ce 4 juillet. La sécurité est à juste titre un impératif majeur pour les trois avec des menaces polymorphes, mais la réputation des États-Unis a été fortement mise à mal par les foucades de son président et son usage immodéré de la communication vulgaire et humiliante.
Pour le Mexique, passionné de foot, l’essentiel sera de garantir la sécurité et de montrer le sérieux d’un pays aux défis multiples entre développement économique et réduction de l’emprise des cartels de la drogue. Pour le Canada, sa stabilité et sa prospérité font envie, et le Mondial contribuera à alimenter cet effet « carte postale ». Pour Washington, quelles seront les humeurs de Donald Trump ? Le monde suivra, d’abord, son anniversaire lundi prochain et les festivités prévues devant la Maison Blanche avec, notamment, un tournoi de MMA…
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