L’été 2026 marque une continuité d’incertitudes géopolitiques. Après un 14-Juillet traditionnel, la France entre en période estivale, mais le monde reste sous tension. Au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, le régime iranien a survécu, l’économie mondiale demeure perturbée. Les récents succès européens masquent mal les doutes : que réservera cet été caniculaire, qui s’annonce interminable, avant une rentrée 2026-2027 aux multiples enjeux nationaux et internationaux ?
Éditorial – Dans le tunnel de l’été (T 1847)
Editorial —In the tunnel of summer
The summer of 2026 is marked by continuing geopolitical uncertainty. Following a traditional Bastille Day, France enters the summer season, yet the world remains tense. In the Middle East, the Strait of Hormuz remains blocked, the Iranian regime has survived, and the global economy continues to be disrupted. Recent European successes do little to mask underlying doubts: what will this scorching, seemingly endless summer hold in store, ahead of a 2026–2027 season fraught with major national and international challenges?
Traditionnellement, après le défilé militaire du 14-Juillet et les festivités de la fête nationale, la France entre dans le tunnel des vacances d’été jusqu’à la fin août. Il reste encore le Tour de France et la Coupe du monde (malgré l’élimination des Bleus !) pour faire l’actualité mais les esprits et les corps de nos concitoyens aspirent à un repos bien mérité, même si tous ne sont pas égaux devant les congés. Certes, beaucoup peuvent partir loin de chez eux, mais il ne faut pas oublier ceux qui ne peuvent pas quitter leur résidence principale. Cependant cette période des longues vacances d’été est de toute façon la bienvenue après une année épuisante et stressante.
Sur le plan géopolitique, nul ne pouvait imaginer la densité des événements et des crises depuis l’été dernier. Avec à la mi-août 2025, la stupeur avec la rencontre à Anchorage, en Alaska entre Donald Trump, de retour à la Maison Blanche et avide de succès, espérant alors le Prix Nobel de la paix et Vladimir Poutine, persuadé de l’emporter et d’obliger l’Ukraine à capituler. Il a fallu une réaction rapide des dirigeants européens pour éviter le pire en se précipitant à Washington pour plaider la cause de Volodymyr Zelensky.
Les crises n’ont cessé de se succéder depuis le début de l’année avec, tout d’abord, la surprise stratégique que constitua la destitution express de Nicolas Maduro, alors président du Venezuela et arrêté en pleine nuit par une opération audacieuse, démontrant la volonté de Donald Trump de transformer la mer des Antilles en un lac américain.
Dans la foulée, ce fut l’affaire indigne du Groenland avec une volonté d’annexion de la part de Washington, au mépris complet du droit international et du moindre respect d’un allié fidèle, le Danemark. Là encore, la réaction européenne a permis d’éviter le pire face à un Donald Trump arrogant et sûr de lui comme lors du sommet de Davos en plein cœur des Alpes suisses. Un show censé mettre sur orbite son fumeux Conseil pour la paix, moyennant un gros chèque d’adhésion. Heureusement, une initiative qui, jusqu’à présent, n’a pas vraiment fonctionné.
Et nouvelle surprise stratégique à partir du 28 février avec l’entrée en guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran des mollahs, avide de poursuivre leur programme d’armes nucléaires. Une guerre essentiellement aérienne de très haute intensité censée abattre Téhéran et remodeler la géopolitique du Moyen-Orient. Certes, la haute hiérarchie du régime a été supprimée, y compris le Guide suprême, l’ayatollah Khamenei ; certes, les capacités militaires iraniennes ont été fortement réduites, certes, le Hezbollah libanais, venu en appui, a subi de graves dommages de la part d’Israël. Néanmoins, après un processus diplomatique complexe, un cessez-le-feu signé à Versailles le 17 juin dernier, la situation reste pour le moins instable autour du détroit d’Ormuz et rien n’est véritablement réglé. Le régime iranien a survécu et les Gardiens de la révolution ont pris le pas sur les religieux, favorisés par un sentiment nationaliste persan bien réel, malgré l’atroce répression de janvier dernier. Le détroit d’Ormuz est devenu l’épicentre d’un bras de fer qui risque de se poursuivre encore longtemps, au détriment de l’économie mondiale et de la stabilité régionale.
Au printemps, cette guerre a brutalement impacté nos vies quotidiennes avec, notamment, une hausse importante des hydrocarbures et donc un coût de la vie supplémentaire, alimentant l’inquiétude des Français, impuissants face à cette situation imprévisible. Paris a essayé de peser de tout son poids militaire et le déploiement du groupe aéronaval, associé à l’engagement de nos forces déployées dans la région a été utile et a permis de concrétiser notre engagement auprès de nos alliés du Proche et Moyen-Orient (PMO), mais il n’en demeure pas moins que l’incertitude stratégique demeure.
Par ailleurs, les succès du sommet du G7 organisé à Évian, puis de celui de l’Otan à Ankara (Turquie) et, enfin, de la rencontre de la coalition des volontaires les 13 et 14 juillet à Paris sont des événements positifs et démontrent d’ailleurs une Europe plus forte, notamment face à la Russie. La réaffirmation du soutien à l’Ukraine, y compris avec les États-Unis est essentielle alors même que Moscou veut faire croire qu’il maîtrise la situation.
Pour autant, il est bien difficile de savoir comment va se dérouler cet été, tant les incertitudes stratégiques sont nombreuses. La liste des interrogations est, hélas, très longue, d’Ormuz à Kyiv, de Washington à Moscou, du Groenland à Cuba…
Quel sera le prochain épisode de cette interminable série ? ♦
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