Hommage à Olivier Lebas
Le Vice-amiral d'escadre 2S Olivier Lebas (© SIRPA Marine)
Quelle triste nouvelle en ce 13 août que d’apprendre la mort brutale en montagne du Vice-amiral d’escadre (VAE) 2S Olivier Lebas. Dans les sommets pyrénéens, comme il y a juste trois ans pour le général d’armée Jean-Louis Georgelin, une chute fatale pour un homme qui avait su affronter tous les risques en opérations.
Nous avions fait connaissance en 2011 lors de notre séjour au NATO Defence College à Rome. Six mois ensemble dans un milieu international de très haut niveau. Olivier était commandant en second du Porte-avions (PA) Charles de Gaulle avant d’en prendre le commandement. Son « placard » parlait pour lui alors que lui-même était un modèle de modestie et d’humilité. Pilote de l’aéronavale, du Crusader au Super-Etendard, il avait conduit de nombreux vols en territoire hostile et avait ramené son avion pourtant sérieusement endommagé sur le pont du Foch.
Passionné de marine, j’écoutais avec attention tous nos échanges, tant il m’apportait par ses connaissances et son expérience. Il m’avait accueilli à bord du Charles de Gaulle au large de Toulon, fier de son équipage et de cette capacité unique en Europe, conférant à la France une place à part dans les marines occidentales, lui permettant d’être à la hauteur de l’US Navy. Deux jours d’une rare intensité mais tellement utile pour moi afin de mieux comprendre cette formidable machine de guerre.
Quelques années après, ce fut à Brest où Olivier me reçut en tant que préfet maritime. Là encore, une richesse humaine et professionnelle unique, toujours empreinte d’une modestie et d’une humilité, symboles d’un parcours professionnel d’exception. Son action comme préfet maritime, là encore, fut reconnue par tous et notamment les autorités civiles de ces terres bretonnes façonnées par l’esprit du large.
À chaque fois que nous nous sommes retrouvés, et notamment lorsqu’il quitta le service actif pour continuer à servir comme conseiller défense auprès d’Airbus, nos conversations étaient riches et profondes. Il était un homme de conviction, d’engagement et de foi, toujours à l’écoute alors que lui-même nous apportait tant.
Mes pensées vont vers son épouse Perrine et ses enfants, une part essentielle et centrale de sa vie et qui peuvent être fiers d’Olivier, trop brutalement et trop tôt disparu.
Publié le 13 août 2026
Jérôme Pellistrandi






