Les proximités entre les États de la région de la mer Baltique n’est pas évidente aux yeux d’un observateur extérieur. Pourtant, des similitudes sont certaines. D’une part, la Pologne et la Finlande convergent dans leur perception de la nécessité de renforcer la défense et d’augmenter les dépenses dans ce domaine. D’autre part, la Pologne s’inspire également de la Finlande en matière de résilience et d’approche globale de la défense ; les deux pays présentent également des similitudes en ce qui concerne les questions frontalières et migratoires. Enfin, le dernier élargissement de l’Otan a nécessité une nouvelle organisation dans la région.
EuroDefense-Finland : un débat dans le contexte du Sommet de l’Otan à La Haye
EuroDefence Finland: Discussions Against the Backdrop of the NATO Summit in The Hague
The similarities between States bordering on the Baltic are not always apparent to the outside eye. Yet they have a great deal in common. Poland and Finland have much the same awareness of the need to boost their defence effort and their defence spend. Poland has taken inspiration from Finland’s resilient and global approach to defence. The two countries also have similar attitudes to border and immigration issues. Last but not least, following the recent NATO enlargement, new organisational arrangements were needed in the region.
EuroDefense Finland a organisé le 12 mai 2025, en collaboration avec l’ambassade de Pologne à Helsinki, un événement intitulé « La mer Baltique et le Nord à l’approche du sommet de La Haye – points de vue de la Pologne et de la Finlande » afin de réfléchir à l’orientation de l’Otan et aux mesures que les pays de la région de la mer Baltique devraient prendre dans la situation actuelle. La salle Europe était comble, à la grande satisfaction des organisateurs.
Le principal orateur était l’ambassadeur de Pologne auprès de l’Otan, Jacek Nadjer, et les autres intervenants étaient Wojciech Lorenz, responsable du programme de sécurité internationale à l’Institut polonais des affaires internationales (PISM), Johanna Vuorelma, du Centre d’études européennes de l’Université d’Helsinki, et Joel Linnainmäki, de l’Institut finlandais des affaires internationales (FIIA).
Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur de Pologne en Finlande, M. Tomasz Chlon, a souligné la fréquence croissante des sommets de l’Otan, soulignant ainsi une caractéristique importante de l’évolution de l’organisation.
L’ambassadeur Najder a relevé la similitude entre la Pologne et la Finlande dans leur perception de la nécessité de renforcer la défense et d’augmenter les dépenses dans ce domaine. La Pologne s’inspire également de la Finlande en matière de résilience et d’approche globale de la défense ; les deux pays présentent aussi des ressemblances en ce qui concerne les questions frontalières et migratoires. Il a précisé que l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan avait apporté une nouvelle dynamique à l’organisation. Beaucoup de choses ont en effet changé ; depuis 2014, la Pologne a dû faire pression sur les alliés les moins convaincus de l’Otan et a en fait été perçue comme insistante, mais aujourd’hui, son point de vue est largement partagé. L’ambassadeur Najder a également défini les trois principaux points du prochain sommet : la question des dépenses de défense et de la crédibilité qui en découle, l’approche à adopter vis-à-vis de la Russie et la manière appropriée d’aider l’Ukraine. L’une des grandes différences qu’il prévoit est que les États-Unis ne seront plus les mêmes qu’auparavant.
Johanna Vuorelma a présenté de nouvelles données issues du projet de recherche NATOpoll mené en Finlande, qui montrent une forte confiance dans l’Otan, mais une baisse spectaculaire de la confiance dans l’article 5. Désormais, les défis internes concerneraient en particulier la confiance des citoyens dans les décisions de l’Alliance et de ses membres, ainsi que le niveau d’engagement des États-membres.
Wojciech Lorenz a fait remarquer que la Russie n’allait pas renoncer à ses objectifs en Ukraine et qu’il ne fallait pas croire à son affaiblissement. Dans le même temps, une Otan différente se profile à l’horizon, non pas tant à cause des États-Unis, mais plutôt en raison de l’émergence d’un pilier européen de l’Otan et, ce qui est nouveau, de sa fonction de plateforme pour une coopération plus étroite entre la Pologne et les pays nordiques et baltes.
Joel Linnainmäki a souligné que les stratégies politiques et militaires ainsi que les plans opérationnels de l’Otan sont pour la première fois alignés et qu’il existe une image claire de la menace. La question est de savoir à quelle vitesse nous pouvons agir. La Russie ne sera toutefois pas à l’ordre du jour, mais constituera un thème majeur du sommet.
Au cours de la discussion, l’ingérence étrangère dans les élections, la nécessité d’un soutien fort des citoyens aux dépenses de défense et celle d’un leadership ont été évoquées, comme la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, que certains au moins jugent réaliste, un jour. ♦






