La tendance à la propagation d'un conflit et à sa diffusion hors d'un territoire national du fait de la perte de capacité de gestion de l'État constitue une des manifestations stratégiques contemporaines sur le continent africain. Cet article analyse cette problématique de la régionalisation conflictuelle en Afrique de l'Ouest.
La régionalisation des conflits en Afrique de l'Ouest
The tendency to the propagation for a conflict and its spreading out of a national territory because of the loss of the State managing ability is one of the contemporary strategic evidence over the African continent. This article analyses the current conflictual regionalisation in Western Africa issue.
Seules les républiques du Bénin et du Ghana semblent connaître une histoire politique récente sans heurts majeurs. Partout ailleurs, on constate en Afrique occidentale la persistance de tensions anciennes ou la montée de nouvelles difficultés, comme c’est le cas de la Guinée actuellement. Dans bien des cas, la violence n’a pas pu être maintenue dans les limites des frontières nationales. Elle s’est propagée dans les pays voisins en raison de la perméabilité des frontières.
Les dynamiques conflictuelles à l’œuvre en Afrique de l’Ouest illustrent le principe de « dissémination de la violence » mis en évidence par Bertrand Badie : « La prolifération des acteurs, l’échec du principe wébérien de la violence physique légitime, tout ceci associé à cela a eu pour effet de privatiser la violence publique et donc de privatiser la violence internationale selon des modalités que deviennent un sujet de choix pour la sociologie internationaliste ou interniste. Pour l’internationaliste, elle montre à quel point le principe wébérien ne suffit plus pour analyser tant les lieux de violence que la capacité politique de l’État. Elle montre aussi que le modèle Hobbesien est mis en péril. Cette prolifération anarchique des acteurs, cette privatisation croissante de la violence, cette interdépendance entre la violence interne et la violence externe remet en cause le modèle hobbesien de délégation fonctionnelle et efficace de la liberté en échange de la sécurité ».
Cette interdépendance entre violence interne et violence externe se traduit par une régionalisation de la violence ou un « système de guerre ». Ce dernier émerge lorsque des conflits armés, produits de conjonctures nationales distinctes, relevant d’acteurs, de modalités et d’enjeux différents s’articulent les uns aux autres et brouillent les frontières spatiales, sociales et politiques qui les distinguaient initialement. Ces conflits entrent en résonance et s’imbriquent les uns aux autres. Une telle imbrication de violences armées, civiles et internationales évolue vers un système et rend extrêmement complexes les logiques des acteurs. C’est le cas de l’Afrique de l’Ouest.
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