(Traduit de l’anglais)
Les problèmes fondamentaux de la défense de l’Europe
Avant d’établir tout plan de défense de l’Occident, il convient de poser la question suivante : l’Europe libre peut-elle être défendue ? La réponse — si nous sommes honnêtes et assez courageux pour regarder en face les faits — ne peut être que celle-ci : Dans les conditions présentes et avec les plans actuels, une défense effective est impossible. Car la défense, au sens réel du mot, signifie « conserver, protéger, sauvegarder, par la résistance à l’attaque ».
Si les armes nucléaires actuelles, dont la puissance s’exprime en mégatonnes, étaient effectivement employées, aucun pays ne pourrait espérer demeurer en sûreté, ou même éviter une destruction totale. Les pays de l’OTAN ne pourraient même pas tenter d’arrêter une puissante attaque conventionnelle sans employer de telles armes. Leurs forces terrestres sont trop faibles, comparées à celles de la Russie, pour soutenir une résistance prolongée avec les seules armes classiques. Aussi ne mettent-elles leur confiance que dans la chance, rien moins que certaine, de dissuader l’ennemi d’attaquer, en le menaçant de représailles nucléaires.
La conclusion à tirer de cette situation a été clairement exprimée par le Premier Britannique, M. Macmillan, à un dîner donné à Londres en l’honneur du général Norstad : « Ne nous faisons pas d’illusions : aujourd’hui, les forces militaires ne sont pas destinées à faire la guerre ; leur objet est de la prévenir. Nous ne verrons plus de campagnes comme celles que nous avons connues, conduisant à la victoire après les alternatives d’une longue lutte. La guerre totale ne peut signifier aujourd’hui que la destruction totale. »
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