Otan - Vers une force nucléaire multilatérale - Des Jupiter aux Polaris - Le différend américano-canadien
L’accord anglo-américain des Bahamas, le double « non » du général de Gaulle – aux fusées Polaris et à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun – ont, au cours des dernières semaines, développé les conséquences auxquelles on pouvait s’attendre, et, dans le cadre de l’Otan, confrontations et discussions se sont succédé.
Vers une force nucléaire multilatérale
On sait qu’à l’issue de leurs entretiens des Bahamas, le président américain John Kennedy et le Premier ministre britannique Harold Macmillan avaient décidé de créer une force nucléaire multilatérale, à laquelle, dans un premier temps, seraient affectés les bombardiers du Bomber Command, des appareils du Strategic Air Command (SAC) et des éléments des forces américaines (équipés d’armes nucléaires) stationnées en Europe – et à laquelle pourraient participer ceux des pays membres de l’Otan qui le désireraient. La France fut invitée à s’associer à cette création.
Dès le 15 janvier, donc le lendemain du refus du général de Gaulle d’accepter les fusées Polaris qui sont à la fois le symbole et l’élément majeur de cette force multilatérale, M. George Ball, sous-secrétaire d’État, déclarait : « Les États-Unis ont donné clairement à entendre au gouvernement de la République fédérale allemande qu’ils étaient prêts à aller énergiquement de l’avant, dans le développement d’une force nucléaire multilatérale, que la France décide ou non d’y coopérer ». Le 21 janvier, M. Dean Rusk, secrétaire d’État, précisait que la force multilatérale force multilatérale (MLF) verrait le jour, avec ou sans participation de la France.
Il reste 87 % de l'article à lire
Plan de l'article






