Politique et diplomatie - Après le Conseil de l'Otan, nouveaux aspects du dialogue Europe/États-Unis
Le communiqué publié le 19 décembre à la fin de la cession « au sommet » du Conseil Atlantique est un document assez clair pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en commenter les termes. Il semble bien que ce communiqué résume exactement et sans omission les décisions qui furent adoptées par le Conseil. Plutôt que d’en reprendre la lettre, j’essaierai d’exposer, à nouveau (1) en fonction de cette récente session extraordinaire du Conseil de l’OTAN les problèmes qui se posent à l’Alliance et dans l’Alliance. Tous ces problèmes intéressent en quelque façon les relations entre les États-Unis et leurs alliés européens.
La session du Conseil de l’OTAN qui s’est ouverte le 16 décembre a rendu sensible une assez nette différence dans l’interprétation que donnent les Américains d’une part, les Européens de l’autre, de la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les Européens estiment généralement que les événements survenus au Moyen-Orient justifient toutes les inquiétudes. Plus que tout autre pays la Turquie constate les progrès de la pénétration soviétique, souple mais efficace, dans cette région. La France, dont la politique nord-africaine a marqué des points en Algérie comme à l’ONU, ne croit pas que pour autant la menace ait diminué. Les diplomates américains semblent moins pessimistes que de ce côté-ci de l’Atlantique sur l’évolution du Moyen-Orient. L’Égypte, voire la Syrie, leur paraissent revenues à des vues « raisonnables » et une aide économique et financière opportunément accordée leur paraît de nature à éviter un nouveau glissement de ces pays dans l’orbite soviétique. Quant à étendre le cadre géographique des engagements de l’OTAN, il ne saurait encore en être question : certains pays européens y demeurant foncièrement hostiles. Il n’y aura donc, pas plus dans l’avenir immédiat que dans le passé, de lien formel entre l’OTAN, le pacte de Bagdad et l’OTASE.
Quant aux relations avec l’Est, l’Europe est apparue, plus que les États-Unis, soucieuse de « relancer » la négociation. Cette différence de climat est facilement explicable : d’abord l’opinion publique américaine est sous le coup de l’échec ressenti lors du lancement par l’U.R.S.S. des deux premiers Spoutniki et du fiasco de Pamplemousse [NDLR 2026 : Surnom lié aux satellites du programme américain Vanguard]. L’opinion américaine aspire de ce fait à des succès technologiques qui la rassurent, lui rendent le sentiment d’une supériorité qui a été brutalement mise en question.
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