En 2025, la guerre se mène tant dans l’ombre, entre cyberattaques, désinformation et guérilla moderne, que sur les fronts classiques. Face à la Russie ou la Chine, l’armée française doit choisir : attendre une modernisation coûteuse pour 2030 ou miser dès maintenant sur l’hybridation pour affaiblir l’adversaire avant le combat. L’Ukraine prouve que l’agilité peut tenir face à la puissance brute.
2030, trop tard ? Pourquoi la France doit urgemment basculer dans la guerre hybride… ou risquer la défaite
2030—Too Late? Why France Must Urgently Move Towards Hybrid Warfare… or Risk Defeat
In 2025, war is being waged as much in the shadows, using cyberattacks, disinformation and modern guerilla tactics, as it is on conventional fronts. In the face of Russia and China, French forces need to choose: wait until 2030 for a costly modernisation or put money now on hybridisation to weaken the adversary before combat. Ukraine has proven that agility can hold ground against brute force.
« J’ose arguer que je puis faire plus de dégâts avec mon ordinateur portable et en pyjama avant ma première tasse de Earl Grey que vous en un an sur le terrain ». Cette réplique de Q, jeune nouveau quartier-maître du célèbre agent britannique James Bond dans le film Skyfall (2012), illustre une réalité : depuis les années 2010, la guerre a significativement changé de nature. Elle est désormais permanente et se joue dans tous les champs, devenant « hors limites » (1). Le conflit ukrainien en est son expression la plus violente et la plus aboutie au XXIe siècle. Elle ne doit pour autant pas faire oublier là où se déroule l’essentiel du combat mondial : les « zones grises ».
Dans un contexte de budget restreint et d’urgence stratégique (2), la question pour l’armée de Terre est de savoir si elle peut être réellement apte à un engagement de haute intensité ou si elle doit dès à présent prioriser des investissements pour renforcer significativement ses capacités d’action « sous le seuil », afin de déstabiliser ses adversaires, en amont et durant un affrontement majeur où elle ferait possiblement face à un rapport de force défavorable.
L’armée de Terre sait aujourd’hui qu’elle disposera difficilement des matériels majeurs nécessaires à un engagement direct en haute intensité avant 2030. À l’aune de ce constat, privilégier le développement d’outils de rupture et de modes d’action hybrides, plus liés à l’humain ou à des compétences historiquement maîtrisées qu’à des matériels de combat coûteux, pourrait être une option salvatrice pour permettre à l’armée de Terre de défendre ses alliés et limiter les pertes, même dans le cadre d’une coalition internationale.
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