Donald Trump a relancé le débat sur la souveraineté de l’archipel des Malouines, faisant payer à Londres son manque de soutien lors de la guerre contre l’Iran. Pour l’Argentine, c’est une opportunité politique pour revendiquer ce territoire. Ce dossier est redevenu inflammable alors que Washington cultive l’ambiguïté.
Amérique latine - Argentine–Royaume-Uni : de nouvelles tensions sur l’archipel des Malouines ?
Latin America—Argentina–United Kingdom: New Tension in the Falklands?
Donald Trump has reopened the debate on the sovereignty of the Falkland Islands, in retaliation for London’s lack of support for the war against Iran. Argentina sees this as a political opportunity to claim the territory. It has again become a burning issue, as Washington cultivates ambiguity.
La crise entre l’Argentine et le Royaume-Uni au sujet des îles Malouines n’a jamais disparu depuis le XIXe siècle. Elle vient de resurgir alors qu’elle avait changé de nature au fil des décennies : d’un violent conflit armé en 1982 (1), elle s’était muée en une querelle diplomatique permanente, à la fois juridique et identitaire, périodiquement réchauffée par la politique intérieure de l’Argentine et plus récemment, par la découverte de ressources pétrolières dans les eaux de l’archipel.
Sujet sacré pour Buenos Aires, la question de la souveraineté sur l’archipel des Malouines (Islas Malvinas pour l’Argentine, Fakland Islands pour Londres qui administre de facto l’archipel depuis 1833) continue à perturber la relation bilatérale avec des conséquences régionales. Un exemple concret : tandis que la campagne pour l’élection du prochain Secrétaire général de l’ONU bat son plein, le candidat d’origine argentine, Rafael Grossi, actuellement directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), pourrait pâtir d’un veto définitif de Londres.
La crise de 2026 est née à la suite de propos du président Trump, établissant un lien entre l’absence de soutien des Britanniques dans le conflit avec l’Iran engagé depuis le 28 février 2026 et la neutralité de Washington sur la question de la souveraineté des Malouines. Cette dernière semblait acquise ad vitam aeternam. Ce basculement de langage a été suffisant pour relancer, en quelques jours, un dossier que Londres croyait figé et que Buenos Aires n’a jamais considéré comme clos. Il faut donc relire les déclarations de part et d’autre, dans leur contexte exact et replacer le tout dans l’histoire longue du différend, dans la géopolitique de l’Atlantique Sud et dans les rapports de force entre Washington, Londres et Buenos Aires.
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