Le continent africain poursuit sa mutation entre affirmation d’une souveraineté accrue, de nouveaux partenariats mais aussi avec des vulnérabilités multiples dont des confrontations armées majeures comme au Sahel ou au Soudan. La question de l’avenir de la jeunesse reste entière avec souvent l’absence de vraies perspectives. Les ambitions sont réelles mais les fragilités demeurent.
Afrique - Le continent africain entre affirmation et vulnérabilité
Africa—The African Continent Between Determination and Vulnerability
The African continent is continuing its transformation with a determination for greater sovereignty and new partnerships whilst suffering from vulnerabilities including major armed confrontations such as those in the Sahel and Sudan. The future for the youth of the continent remains uncertain and often lacks real perspectives. Ambitions may be genuine but fragility remains.
L ’Afrique traverse une période de profondes recompositions. Alors que les équilibres hérités de la période postcoloniale se fissurent, le continent est traversé par une double dynamique marquée à la fois par l’affirmation croissante d’une souveraineté des États issus de la colonisation et par la persistance de fracturations internes fragilisant ces mêmes États. Les États africains cherchent à redéfinir leurs partenariats et à diversifier leurs alliances qui souvent instrumentalisent ces tensions, mais cette quête d’autonomie se heurte à des défis structurels persistants. L’instabilité sécuritaire, les fragilités économiques, la démographie incontrôlée, les tensions sociales et les crises de gouvernance continuent de limiter la capacité des États à transformer leurs ambitions en résultats concrets.
Le JNIM continue de progresser
Aujourd’hui, le Mali fait face à des attaques toujours plus coordonnées, sophistiquées et dispersées. Le 25 avril 2026, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont frappé simultanément Bamako, Kati, Kidal, Gao et Sévaré. La ville de Kidal, reprise en 2023 par les Forces armées maliennes (FAMA) et Wagner au prix d’un récit triomphaliste, est retombée aux mains du JNIM (1). Depuis, la ville de Kidal n’a pas été reprise et l’alliance JNIM -FLA continue d’imposer un lourd tribut au régime malien. Le 18 juillet dernier, 50 soldats maliens ont été tués et au moins 24 autres ont été faits prisonniers lors d’une embuscade près d’Anéfis (2). L’attaque a visé un convoi militaire qui quittait cette ville en direction de Gao, dans le nord du pays. Quelques jours plus tôt, l’armée malienne avait repris le contrôle de cette même ville.
Lors de ces combats, le FLA et le JNIM sont parvenus à abattre un hélicoptère d’attaque Mil Mi-24P Hind de fabrication russe, appartenant à Africa Corps, d’après le porte-parole du FLA (3). Or la puissance aérienne, avec le soutien russe, demeure l’un des principaux atouts de l’armée malienne face aux insurgés. Sa dégradation progressive, alors même que le JNIM perfectionne ses capacités offensives à l’aide de drones, pourrait à terme rebattre durablement le rapport de force sur le terrain. Une fois de plus, le coup porté à la junte est aussi politique que militaire.
Il reste 91 % de l'article à lire
Plan de l'article

.jpg)




