Editorial
Éditorial
Dans le chaos géopolitique que le monde connaît, où les foyers de guerre ne cessent de s’allumer et de s’étendre – de l’Ukraine à l’Iran – et que les crises s’aggravent – du Venezuela au Groenland –, décider dans l’incertitude stratégique devient un impératif vital pour nos États fondés sur la démocratie et les principes du droit. D’autant plus que l’hyperconnectivité du monde a vite fait d’alimenter la machine médiatique et d’enflammer les opinions publiques abreuvées d’une désinformation soutenue et abondante. D’autant plus que les puissances prédatrices et leurs dirigeants sans scrupule s’appuient sur l’image – même générée par une Intelligence artificielle (IA) – pour imposer un rapport de force au détriment du droit international et de la morale.
Notre défense garde en mémoire le terrible fiasco du printemps 1940 lorsque les chefs militaires et politiques étaient incapables, ne serait-ce que de connaître les positions de l’ennemi. Mal renseignés, les ordres arrivaient en retard et trop souvent inutiles. Aujourd’hui, à l’heure de l’explosion des données à analyser et de la révolution numérique appuyée par l’IA, décider puis commander avec le maximum d’efficacité opérationnelle sont des impératifs absolus pour l’autorité politico-militaire. Comprendre les mécanismes de décision et les mutations nécessaires qu’exigent les conflits d’aujourd’hui et de demain constitue ainsi la trame du dossier proposé ce mois-ci, avec une approche transatlantique particulièrement bienvenue au regard du trouble jeté depuis un an sur la relation entre les États-Unis et les membres de l’Otan. Comment commander sous la contrainte alors que le temps s’accélère ? Comment discerner la bonne approche alors que la guerre informationnelle est désormais une réalité permanente ? Comment adapter nos structures de décision quand tout est brouillé par l’incertitude subie ? Comment le retour d’expérience peut-il être nécessaire pour anticiper demain ?
Plus que jamais, dans un monde où la brutalité l’emporte sur la diplomatie et le multilatéralisme, quand l’hubris et l’ego deviennent le mantra de certains dirigeants, avides de recréer des empires ou des zones d’influence, la réflexion stratégique s’impose pour mieux appréhender les choix à faire avec nos partenaires et alliés. Dans la tourmente actuelle, la cohésion de l’équipage est indispensable. C’est aussi ce qui sera démontré du 24 au 26 mars avec la troisième édition du Paris Defence and Strategy Forum (PDSF) à l’École militaire. Un rendez-vous désormais indispensable pour mieux se préparer collectivement à affronter les désordres du monde d’aujourd’hui et de demain. ♦
Il reste 0 % de l'article à lire






