Foreword
Avant-propos
400 ans de la Marine
Quatre cents ans. En 2026, la Marine nationale franchit un jalon exceptionnel. La Marine a su garder le cap au travers des soubresauts du temps. À chaque époque, elle a accompagné l’histoire nationale. Elle était toujours là pour défendre notre pays, dans ses combats, ses victoires, ses épreuves et ses échecs aussi, et enfin ses sursauts, avec une détermination intacte pour se relever et poursuivre son chemin. Cet anniversaire des 400 ans de la Marine n’est donc pas seulement une célébration : il est une promesse renouvelée, celle de servir et de protéger.
En 1626, notre pays a confirmé que sa souveraineté et sa prospérité ne se jouaient pas seulement sur son sol, mais aussi sur les mers qui la relient au monde. Lorsque furent posées ces fondations d’une marine permanente, l’ambition était encore fragile mais claire : faire de la mer un pilier de la prospérité et de l’indépendance de la France. Cette ambition n’a jamais faibli. Quatre cents ans plus tard, elle demeure intacte, et elle s’est même renforcée à travers de nouveaux outils de puissance, au premier rang desquels l’on trouve la dissuasion océanique.
Grâce à sa présence mondiale, sur tous les océans, mais également à travers un écosystème maritime et industriel remarquable, la France continue d’assumer ses responsabilités de grande nation maritime. Il en va de sa liberté d’action et de son autonomie de décision. Cette conscience perdure, car notre sécurité se joue toujours au cœur des espaces communs, là où circulent les biens, les données, les informations, et là où réside encore la promesse d’immenses richesses pour l’humanité. Notre pays a de grandes responsabilités sur les mers, dont celle de surveiller et de protéger le deuxième domaine maritime mondial.
Ces célébrations qui commencent appartiennent d’abord aux marins. À ceux qui servent aujourd’hui avec exigence. À ceux aussi qui les ont précédés, ceux qui ont navigué avant eux et qui ont affronté les tempêtes. À ceux qui ont combattu sur les mers. Ces marins, souvent anonymes, sont les maillons d’une longue chaîne humaine. Ils incarnent la permanence de l’audace dans l’action et le sens du devoir. Leur héritage vit encore, transmis de génération en génération, dans des gestes et des savoir-faire mais aussi à travers l’esprit d’équipage qui unit et qui rend plus fort.
Cet anniversaire n’a de sens que s’il est partagé avec nos concitoyens, car la Marine n’existe pas pour elle-même. Elle est l’expression concrète d’une volonté collective. Pour tout un peuple, maintenir une Marine est un acte de confiance dans l’avenir. C’est un effort patient, exigeant. Il faut du temps pour former des marins, pour transmettre les compétences. Il en faut encore plus pour bâtir les navires, les bases, les ports et les infrastructures qui rendent l’action possible. Cette profondeur rappelle une vérité essentielle : la Marine est « nationale » parce qu’elle engage durablement la Nation tout entière. Elle est le reflet d’un choix assumé de vaincre et de ne pas subir.
Au cours des siècles, la Marine est demeurée un amer stable au cœur des bouleversements du temps. Elle a également été précurseur des mutations humaines et technologiques, passant de la voile à la vapeur, du canon au missile, du compas aux systèmes numériques et satellitaires les plus avancés, de la surface des flots à la troisième dimension, des profondeurs océaniques jusqu’au ciel. À chaque époque, les marins ont été des pionniers, ils ont su s’adapter, innover et intégrer les ruptures. Ils ont transformé les contraintes et les incertitudes en opportunités. La Marine est innovante. Cette capacité à s’adapter demeure aujourd’hui un atout décisif. C’est la condition de la victoire au combat, car la Marine est combattante.
Aujourd’hui, ce destin résonne avec une force particulière. Les océans redeviennent le théâtre de rivalités stratégiques et de l’affirmation des puissances. La compétition s’intensifie, les équilibres se recomposent et la mer retrouve son rôle central dans les rapports de force. La remise en cause des règles établies et la désinhibition de la violence rappellent cette vérité essentielle : la mer est aussi un espace privilégié des confrontations. Elle peut devenir le lieu où se jouent les premières crises, les premiers affrontements, les premiers basculements.
Face à ces évolutions, les attentes des Français sont légitimes. Les marins sont prêts. Ils sont dignes de la confiance que nos concitoyens placent en eux. La réponse aux défis se trouve d’abord dans la cohésion nationale, dans la constance de l’effort et dans la détermination, sur le long terme. Elle repose sur chacune des armées, qui agissent ensemble sur tous les théâtres d’opérations. Elle repose enfin sur la confiance, bâtie patiemment avec nos partenaires et avec nos alliés. Car dans un monde interdépendant et ouvert, à l’échelle du continent, la sécurité se construit collectivement.
Nous fêtons donc les 400 ans de la Marine.
Ces quatre cents ans sont d’abord tournés vers nos territoires et vers la jeunesse, car c’est d’eux que la Marine tire sa dynamique. En 2026, les marins iront à la rencontre des Français. Les équipages partageront le sens de leurs missions, feront découvrir leurs métiers et leurs responsabilités. Ils témoigneront de ce que signifie « servir en mer », aujourd’hui comme hier. Car la Marine demeure avant tout une aventure d’hommes et de femmes, fondée sur le socle solide de l’engagement. Les marins s’inscrivent dans cette continuité intangible, écrite en lettres d’or au fronton de chaque unité : Honneur, Valeur, Patrie et Discipline.
Dans un monde incertain, la Marine nationale est un repère. Elle continue de toujours protéger la France et les Français, sur toutes les mers du monde. ♦






