En une année, Donald Trump n’a cessé de multiplier les coups spectaculaires, bousculant ainsi un ordre mondial déjà fragile. Depuis début janvier, le tempo s’est accéléré avec une marginalisation assumée des Européens et des instances internationales. Cependant, le Président américain a été obligé parfois de reculer comme sur le Groenland ou encore sur l’Iran. Il est cependant sûr que l’ancien ordre ne reviendra pas.
Sud de l’Europe - Le facteur Trump, mais jusqu’à quand ?
Southern Europe—The Trump Factor—but Until When?
In just one year, Donald Trump has repeatedly struck spectacular coups, upsetting an already-fragile world order. The tempo has increased since the beginning of January, with his deliberate marginalisation of Europeans and of international organisations. That said, the US president has often had to back-pedal: on Greenland, for example, and on Iran. If one thing is certain, it is that there will be no return to the old order.
L’année 2026 a débuté sur les chapeaux de roues. Le 3 janvier, les États-Unis ont déclenché une opération militaire qui leur a permis de capturer par surprise le président vénézuélien Nicolás Maduro (et son épouse), afin de l’emmener manu militari à New York pour y être jugé pour complicité de trafic de drogue, comme ils l’avaient fait au Panama trente-six ans plus tôt à l’encontre du général Noriega. Ce raid illustre les nouvelles priorités de l’Administration Trump : défendre le bastion américain, sécuriser l’accès aux matières premières et soutenir l’économie nationale par tous les moyens. La lutte contre la drogue n’en a été que le prétexte.
Un Président américain pressé et hyperactif
La publication de la 2026 National Defense Strategy (24 janvier), après celle portant sur la stratégie de sécurité à l’automne dernier, confirme ces nouvelles tendances : priorité à l’intérieur et aux Amériques, modus vivendi recherché avec la Chine, les autres régions sont confiées d’abord aux alliés (Européens à l’égard de la Russie, Israël et les monarchies du Golfe pour l’Iran, Corée du Sud pour son voisin du Nord) (1). Les États-Unis restent néanmoins présents sur le Vieux Continent pour promouvoir leur économie et soutenir ceux qui accepteront publiquement d’être vassalisés. C’était le message martelé par Donald Trump lors du Sommet de Davos (2). Les Européens sont désormais seuls et doivent en tirer toutes les conclusions s’ils veulent demeurer souverains. Le salut ne viendra plus des États-Unis. C’est une révolution copernicienne pour nombre d’Européens qui doivent intégrer ce paramètre dans leur esprit, leur stratégie et leurs actes. Le président ukrainien Zelensky l’a bien compris. Il s’est empressé de faire la tournée des capitales européennes pour sécuriser l’assistance militaire européenne à moyen terme (3).
Donald Trump a profité du sommet de Davos pour porter sur les fonts baptismaux son projet de « Conseil de paix » conçu comme une alternative à l’Organisation des Nations unies moribonde. Son objectif paraît limpide : créer ex nihilo une structure à sa main pour tenter de résoudre à son avantage certains dossiers internationaux, à commencer par celui de Gaza. Accessoirement, il espère sans doute accroître ses chances d’obtenir le Prix Nobel de la paix l’automne prochain, souhait auquel il n’a pas renoncé et qui satisferait son hubris démesurée ! Si les principaux acteurs globaux n’y ont pas souscrit (4), une vingtaine d’États proches des États-Unis ont annoncé se tenir prêts à rejoindre cette structure… malgré un ticket d’entrée à un milliard de dollars !
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