La nouvelle classe des Frégates de défense et d’intervention (FDI) porte les noms d’amiraux ayant marqué l’histoire de la Marine nationale au XXe siècle. Ces cinq officiers ont eu des parcours exemplaires, en contribuant largement à renforcer le rôle des marins dans notre défense et en participant directement à la modernisation de notre flotte de combat.
Histoire militaire - Les noms de baptême des Frégates de défense et d’intervention (FDI)
FDI Amiral Ronarc'h
Military History—Naming the Frégates de défense et d’intervention
The new class of defence and intervention frigates (Frégates de défense et d’intervention—FDI) will carry names of admiral’s notable for their contribution to the history of the French Navy (Marine nationale) throughout the twentieth century. The five officers concerned had exemplary careers and contributed much to boost the role of sailors in the nation’s defence as well as to the modernisation of the fighting fleet.
Le programme des Frégates de défense et d’intervention (FDI) est une classe de cinq bâtiments de 4 500 tonnes, dont le premier, l’Amiral Ronarc’h, a été livré en 2025. Ces frégates porteront toutes le nom d’un amiral du XXe siècle. La présente chronique a pour but de présenter succinctement ces cinq amiraux dont quatre ont exercé les fonctions de Chef d’état-major de la Marine (CEMM) : l’amiral Ronarc’h (commandant de la brigade de fusiliers marins à Dixmude en 1914), l’amiral Louzeau (premier commandant du Sous-marin nucléaire lanceurs d’engins Redoutable), l’amiral Castex (penseur naval du XXe siècle), l’amiral Cabanier (membre des Forces navales françaises libres – FNFL – de la première heure et qui sera chargé de la conduite de la transformation de la Marine nécessitée par la création de la Force océanique stratégique – Fost) et l’amiral Nomy (reconstructeur de la Flotte française à l’issue de la Seconde Guerre mondiale). Ces cinq noms n’ont pas été choisis au hasard et la Marine actuelle leur doit à chacun un morceau de sa gloire ou de son organisation actuelle.
L’amiral Ronarc’h (1865-1940)
D’ascendance bretonne, Pierre Alexis Ronarc’h embrasse la carrière maritime en intégrant l’École navale avec une dispense d’âge ; il n’était âgé que de quinze ans et demi en 1881. Lieutenant de vaisseau à 24 ans, il sera à 42 ans le plus jeune capitaine de vaisseau de la Marine. Il est nommé contre-amiral en 1914. Il s’est spécialisé dans la guerre de mines et le dragage.
En 1914, lorsqu’il fallut trouver un commandant de la brigade de fusiliers marins qui venait d’être constituée, son nom s’imposa, sans doute parce qu’il était le seul amiral à posséder une expérience de la guerre terrestre, acquise en Chine comme commandant en second du détachement de la Marine française ayant participé à la guerre des Boxers (1900-1901). Le commandement de cette brigade sera sa page de gloire. Il est chargé, en novembre 1914, de la défense de la ville de Dixmude, en Belgique (région flamande), pour interdire aux Allemands la seule possibilité qui leur restait de déborder le front franco-belgo-britannique depuis la plaine belge. Ronarc’h prend la décision de ne pas manœuvrer, mais de s’accrocher au terrain, ce qui conduit à des pertes énormes, les effectifs de la brigade étant reconstitués en cours d’action, par l’arrivée des renforts, ce qui signifie que la brigade n’a jamais été relevée. Finalement, Dixmude tombe, mais les Belges détruisent les digues, ce qui inonde la région ; action qui, jointe à la résistance des fusiliers marins, bloquera la progression allemande.
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