La guerre cognitive est consubstantielle à tout conflit. Elle prolonge et accompagne les opérations militaires, avec des effets visant tout particulièrement l’opinion publique. Depuis le 7 octobre 2023, Israël est confronté à cette pression majeure, pouvant d’ailleurs fragiliser le système démocratique. La guerre se joue de plus en plus dans l’esprit des sociétés.
Guerre cognitive : Israël et la bataille des perceptions
Cognitive Warfare: Israel and the Battle of Perceptions
Cognitive warfare forms a substantial element of any conflict: it accompanies and draws out military operations, and is aimed in particular at shaping public opinion. Since 7 October 2023, Israel has been facing this major pressure, which risks undermining the democratic system. War is increasingly being played out in the minds of our societies.
Depuis le 7 octobre 2023, Israël est engagé dans une guerre sur plusieurs fronts contre le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et un réseau plus large d’acteurs soutenus par l’Iran, impliquant de plus en plus directement l’Iran lui-même. Pourtant, ce conflit ne peut être appréhendé sous le seul angle militaire. Images, vidéos et récits circulent parallèlement aux opérations cinétiques et façonnent la manière dont les événements sont perçus et interprétés. Du 7 octobre aux confrontations qui ont suivi avec le Hezbollah et l’Iran, ces contenus sont devenus partie intégrante des opérations militaires, dont ils prolongent les effets bien au-delà du champ de bataille.
L’enjeu ne se limite pas au contrôle du territoire ou aux capacités militaires, mais concerne aussi la capacité à façonner les perceptions. Cet article défend l’idée que nous assistons à une forme de guerre cognitive, qui cible la perception, les émotions et l’interprétation afin d’influencer les comportements et la prise de décision. Contrairement à la propagande traditionnelle ou aux opérations informationnelles, elle cherche à agir sur la manière dont les individus et les sociétés comprennent les événements et y réagissent, avec des effets qui s’étendent de l’opinion publique aux responsables politiques.
Israël constitue à cet égard un cas particulièrement révélateur. Démocratie fortement connectée, saturée d’informations et soumise à une pression cognitive durable, le pays illustre la manière dont des adversaires étatiques et non étatiques utilisent les plateformes numériques et des contenus à forte charge émotionnelle pour susciter peur, incertitude et pression politique. Le cas israélien met également en lumière un dilemme plus général pour les démocraties : comment contrer les tentatives de manipulation des perceptions sans sacrifier l’ouverture et le pluralisme qui constituent précisément leurs forces.
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