Après avoir démonté les « preuves » américaines et britanniques, rien ne saurait justifier une intervention militaire contre l’Irak. Rappelant que l’abstention d’un seul des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, et non un veto, suffit à empêcher l’adoption d’une résolution du recours à la force, la légitimation de l’ONU apparaît difficile. C’est donc bien au mépris du droit international que se met en place la politique de puissance américaine, en fonction de ses propres intérêts.
États-Unis et Irak
La propagande est l’une des dimensions de la guerre, qu’elle précède et qu’elle accompagne. Tous ceux qui exercent une responsabilité politique ou militaire le savent et s’efforcent de démêler le vrai du faux. S’agissant plus précisément de l’Irak, la machine américaine à désinformer avait été d’une redoutable efficacité en 1990-1991. André Malraux écrivait en 1970 dans ses Antimémoires : « Il faut transformer l’expérience la plus large possible en conscience ». C’est justement à cet exercice que beaucoup de peuples et de gouvernants se livrent pour ne pas s’engager à la légère dans une guerre contre l’Irak. Ceux qui qualifient d’« anti-américanisme » cette démarche légitime veulent, volontairement ou involontairement, disqualifier l’intelligence. De même, le terme « pacifistes » n’est pas approprié pour désigner ceux qui sont contre cette guerre. En effet, ce mot renvoie à des individus ou des groupes, qui, pendant la guerre froide, étaient parfois instrumentalisés par l’Union soviétique et par les différents partis communistes à travers le monde. On peut aujourd’hui être opposé à la guerre que les Américains veulent sans pour autant être « pacifiste ».
Pour savoir si l’on doit ou non s’engager dans une guerre, il faut se poser quelques questions simples et évidentes — que l’on oublie trop souvent de se poser — mais auxquelles il n’est pas toujours facile d’apporter des réponses si l’on ne dispose pas d’informations précises et de l’expertise pour les analyser. Ce sont ces questions que la France et d’autres États doivent se poser :
• Nos intérêts vitaux, nos intérêts stratégiques sont-ils menacés ?
• Les intérêts vitaux de nos alliés sont-ils menacés de façon grave et immédiate ?
• La sécurité collective est-elle menacée au regard des critères du droit international ?
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