La Russie a une carte spécifique à jouer dans l’espace post-soviétique, zone de ses intérêts nationaux. En Géorgie, cette carte est économique : qu’il s'agisse de la question énergétique ou du commerce bilatéral, la Russie est intéressée à l’essor économique de son voisin. Elle a également une importante carte stratégique à jouer dans la région. C’est pourquoi elle a besoin d’une Géorgie stable, prélude au règlement de nombreux points noirs ; mais la Géorgie peut-elle parvenir à la stabilité sans l’aide de la Russie ?
La Russie a intérêt à une Géorgie stable
On sent depuis quelque temps que la Russie cible mieux ses actions dans l’espace post-soviétique, en Transcaucasie notamment.
Moscou commence à comprendre que ses intérêts nationaux s’étendent aussi à cette région que l’on avait eu tendance à oublier. Cela est vrai des questions de la sécurité comme de sa présence économique. Soulignons qu’il s’agit des intérêts nationaux de la Russie en tant que nouvel État et non en tant que reste de l’Union soviétique. Ces intérêts commencent seulement à être formulés.
L’étranger proche
Anatoli Tchoubaïs, le dirigeant de la compagnie d’électricité EES Rossii, exprime très concrètement cet intérêt grandissant pour ce que l’on appelle le proche étranger en avançant l’idée d’un « empire libéral ». Il tente de délimiter les zones d’intérêts russes, à travers l’économie notamment, et propose de consolider les positions de la Russie par le biais de l’énergie. C’est une idée qui a de l’avenir mais qui est discutable. L’important est de savoir comment fonctionnera ce nouveau mécanisme qui ne doit pas revêtir un caractère d’expansion manifeste, de pression évidente. Une politique de ce type n’est possible que si les États inclus dans l’initiative énergétique de la Russie sentent qu’ils ont également un avantage à en retirer.
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