Depuis le 11 septembre 2001, les États sont engagés dans la lutte contre le terrorisme. Ils se heurtent ainsi à un problème : comment développer une stratégie efficace contre un ennemi, à bien des égards, non quantifiable avec des outils conceptuels classiques et des moyens d’une efficacité très limitée ? Les grands principes de la mécanique quantique suggèrent un parallèle intéressant pour une stratégie susceptible de proposer des ripostes adaptées aux menaces terroristes. À un ennemi microscopique à l’échelle de l’État, sans cesse en mouvement, à la fois corps et onde, et qui a le chaos pour seul objectif, il faut opposer une stratégie corpusculaire, s’attaquer à ce qui est stable dans ses réseaux, le priver de son pouvoir de rayonnement, le déstabiliser en continu.
Stratégie classique contre stratégie quantique
Avec l’apparition de « l’hyperterrorisme », les États et la communauté internationale doivent désormais concilier les relations internationales classiques et des dimensions totalement nouvelles : d’abord, à leur échelle, le terrorisme est infiniment petit ; ensuite, la stratégie classique ne fournit pas de réponse adaptée à ces réseaux qui entretiennent la mobilité de leurs forces impossibles à localiser, la superposition d’États et de réseaux multiples, l’incertitude sur leurs intentions, le secret de leurs décisions. La dissuasion elle-même semble pouvoir être contournée puisqu’elle présuppose un dialogue, que le terroriste refuse, car à la vie comme valeur suprême, il oppose la mort pour tous.
Or, il existe un parallèle frappant avec le débat du siècle dernier lors de l’apparition de la théorie quantique dans le monde de la mécanique classique : la même démesure d’échelle, le côté insaisissable et si peu intuitif du mouvement et de l’influence, l’incertitude comme principe fondamental, et des théories apparemment inconciliables sur l’ordre et le chaos.
Les parallèles
La démesure d’échelle
En géopolitique, l’échelle des relations internationales classiques est macrocosmique : je suis vu, donc j’existe. À l’opposé de l’échelle, le monde de l’informel, de l’activité illicite et souterraine, qui se cache en s’éparpillant, en se diluant. Le terrorisme se prépare et se réfugie dans ce monde pour frapper dans le premier.
Il reste 94 % de l'article à lire
Plan de l'article






