Pendant les premières années de son existence, l’Union européenne s’est surtout préoccupée d’affaires terrestres (marché intérieur, trafic routier et ferroviaire, couloirs de circulation). Depuis quelque temps, elle dessine une géopolitique de l’espace. L’encombrement de l’espace aérien, la prévention des accidents et des actes de terrorisme ont accéléré les décisions. Selon son habitude, l’Union empile les briques fonctionnelles sans hâte ni dogmatisme. Cet article présente les efforts en faveur de la sécurité des vols.
Vers un espace aérien européen unifié et sécurisé
Le ciel européen accueille près de 35 % du trafic aérien mondial. Toutefois, en termes d’accidents, il ne représente « que » 10 % du total mondial. En réalité, il est l’un des plus sûrs au monde avec un ratio de 0,3 accident par million de vols. Il n’en reste pas moins que les politiques aériennes qui se développent en Europe restent encore très perfectibles.
Ces dernières années, la complexité du trafic aérien en Europe s’est accrue. Avec une superficie de près de 10 785 000 km2 répartie sur 41 États, le ciel européen est traversé chaque jour par quelque 29 000 vols civils ou militaires quittant ou rejoignant l’un des mille aéroports européens, guidés par l’un des 73 centres de gestion du trafic aérien et leurs 16 000 contrôleurs. Le trafic aérien est en régulière augmentation (4 % pour la France en 2004 ; 40 % pour la Lettonie) et les experts estiment que le nombre de vols va se développer de 20 à 25 % d’ici 2009.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne
Après les événements du 11 septembre 2001, la Commission a proposé d’harmoniser les règles de sécurité et de sûreté sur les aéroports européens. Pour ce faire, il fallait développer une institution aussi puissante et indiscutée que la Federal Aviation Administration aux États-Unis. Cette autorité, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), a vu le jour par le biais d’un règlement mettant en place un système communautaire de sécurité aérienne et de réglementations environnementales.
Il reste 91 % de l'article à lire
Plan de l'article







