Après une analyse macroéconomique du secteur aéronautique et spatial, le professeur Christian Schmidt étudie les transformations structurelles en cours ou à venir. Elles doivent respecter deux impératifs : procéder à des regroupements pour réduire le nombre d’opérateurs, mais aussi élargir et densifier les réseaux qui se constituent (partenariats et joint ventures) ; la place et le rôle de l’État, particulièrement pour la France, n’étant pas à négliger dans ces réorganisations.
Le secteur aéronautique et spatial : macroéconomie et organisation en réseaux
La périodicité des salons du Bourget permet d’utiles comparaisons qui révèlent quelques-unes des caractéristiques économiques majeures du secteur aéronautique et spatial. En 1999, le salon était en fête. L’industrie aéronautique française enregistrait une hausse de 9 % de son chiffre d’affaires global par rapport à l’année précédente. Ce succès était celui de son activité civile qui représentait à cette époque 67 % du total (1) et, en particulier, des exportations qui avaient augmenté de 16 % en 1998. Un optimisme national se dégageait de ces résultats qui se trouvaient confortés par une augmentation de 21 % des commandes, un indicateur avancé privilégié par ce secteur. Fait plus exceptionnel, cette configuration très positive se vérifiait dans toutes les composantes, depuis la construction aéronautique jusqu’à l’espace, en passant par les hélicoptères, tant pour les matériels civils que militaires.
Changement de décors en 2003. Les données disponibles sur 2002 engendraient un sentiment très différent, si ce n’est tout à fait opposé. Le chiffre d’affaires global du secteur affichait, cette fois, une baisse de 2 % par rapport à 2001, déjà en baisse par rapport à 2000. Les commandes globales chutaient de 27 % et ce sont, cette fois, les commandes militaires qui permirent d’amortir un peu la baisse d’activité générale du secteur. Elles ne parvinrent pas, cependant, à redresser la chute des exportations.
C’est en gardant en mémoire ces résultats passés qu’il faut interpréter les données agrégées aujourd’hui disponibles sur 2004 et récemment diffusées par le Gifas (2). Le chiffre d’affaires consolidé fait apparaître une croissance d’un peu plus de 3 % par rapport à 2003 (3), mais les commandes sont en recul d’un peu plus de 14 %, tous secteurs confondus. C’est la branche militaire qui, cette année, marque le pas, surtout à l’exportation (- 67,4 %).
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