Les Islamistes, qui sont la version locale du fascisme, ne veulent pas défaire l’Occident ou le rendre musulman. Par les actes de terrorisme, ils cherchent une position de force pour obliger l’Occident à se désintéresser du monde arabo-musulman, dont ils espèrent prendre le contrôle absolu. Ce conflit asymétrique remet en cause des liens sociaux, économiques et humains, dont le Processus de Barcelone pressent la force, mais sans parvenir à leur donner une traduction institutionnelle.
Intégrisme et sécurité, nouvelle donne stratégique en Méditerranée
Barcelone, l’une des zones de développement parmi les plus dynamiques de l’Euromed, a donné son nom à une idée qui a bien du mal à exister, du moins de manière organisée : la communauté de destin des peuples et des États qui entourent la Méditerranée.
Le Processus de Barcelone, lancé en 1995, constitue une plate-forme, remaniée à plusieurs reprises au cours de ces dix dernières années. Dans la foulée de l’élargissement vers l’est, le Processus a débouché tout récemment sur la proposition par l’Union européenne d’une « politique de voisinage ».
Notons que cet élargissement a été vécu par un pays tel que le Maroc comme un « événement politique de portée considérable, incitant à la dynamisation des relations bilatérales » (1). Et si l’on regarde les réactions de l’opinion publique marocaine, rares ont été les critiques. Au contraire, la presse s’est attachée à décrire les enjeux et les opportunités d’une Europe à 25, souhaitant plus ou moins explicitement qu’un jour, le Maroc, ou plus largement les pays du Maghreb soient aussi capables d’entrer dans un nouveau processus d’élargissement, vers le sud cette fois. De même les avatars, voire les avanies de la candidature turque sont suivies et commentées dans les détails, comme si l’opinion publique marocaine se sentait directement concernée. Ceci mérite d’être souligné et ce pour quatre raisons stratégiques.
Il reste 89 % de l'article à lire
Plan de l'article







