Les guerres de coalition
Au moment où je termine cet ouvrage (1) (automne 1948), l’essai d’organisation militaire des Nations occidentales — conséquence du Pacte de Bruxelles — met au premier plan de l’actualité les nécessités et les servitudes de la Guerre de Coalition. Foch a-t-il vraiment prononcé les paroles qu’on lui prête ? (2) Elles ont probablement hanté ses pensées, comme celles de tous ceux qui — au cours de la dernière guerre — ont été « parties prenantes » dans la préparation et l’exécution d’opérations interalliées. La question est d’importance ; elle vaut qu’on s’y arrête. C’est pourquoi j’ai pensé que les réflexions qui m’ont été suggérées à ce sujet par l’expérience de la campagne d’Italie trouveraient là leur place normale.
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Qui dit coalition, dit association temporaire de pays ayant un but bien net : battre l’ennemi commun. On peut bien dire que ce but fait passer sur toutes les divergences de principes idéologiques politiques. C’est une sorte de pacte de défense, de garantie et d’action mutuelles dans lequel on recherche tout ce qui peut unir, en laissant soigneusement de côté tout ce qui sépare. On série les questions. D’abord vaincre, après… on verra. (On voit d’ailleurs, trois ans après la cessation des hostilités, une impuissance congénitale à signer le premier des traités de paix, et les alliés d’hier parfois sur le chemin d’être les ennemis de demain.)
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