De concept, la « preemption » est devenue doctrine selon l’analyse de la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis 2006. Le plan de frappes mondiales (Conplan 8022-02) est mis en œuvre par le Joint Functionnal Component for Space and Global Strike (JFCC-SGS) qui sera pleinement opérationnel à l’automne 2006. L’objectif de Conplan 8022 serait bien de détruire par arme nucléaire les cibles ne pouvant l’être par d’autres moyens. La dissuasion étant vouée à l’échec, les armes doivent être prêtes à intervenir, qu’elles soient nucléaires ou conventionnelles.
Le concept de « preemption » dans la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis
US National Security Strategy and pre-emption
According to a US National Security Strategy analysis conducted in 2006, pre-emption has evolved from concept into doctrine. The concept plan for Global Strike (CONPLAN 8022-02) will be maintained by the Joint Functional Component Command for Space and Global Strike (JFCC-SGS), which is planned to be fully operational from the autumn of 2006. CONPLAN 8022 includes nuclear weapons among the means available to destroy targets (the others, and more likely, being conventional, information warfare and special operations forces). Should deterrence fail, weapons must be ready to be put to use, be they nuclear or conventional.
« L’Amérique est en guerre. » Ainsi commence la nouvelle Stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique, document publié par la Maison-Blanche en mars 2006 destiné à guider la planification militaire et stratégique au cours des prochaines années. Cette première phrase, sinistre, contraste fortement avec l’introduction de la précédente stratégie de sécurité nationale de 2002 ; document également publié après le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme », mais qui commençait par une description de la lutte opposant les sociétés démocratiques aux sociétés oppressives.
Ces deux documents qui résultent des attentats du 11 septembre 2001 établissent la doctrine de « préemption » (preemption doctrine) (1), selon laquelle les États-Unis n’adopteraient « plus uniquement une posture réactive comme par le passé » (2), mais frapperaient en premier si cela s’avérait nécessaire. La stratégie 2006 réitère cette promesse d’« agir de manière préemptive en exerçant notre droit à la légitime défense » (3).
Depuis sa première publication en 2002, la « doctrine de préemption » de l’Administration Bush a été largement critiquée pour son apparence trop agressive et va t’en guerre. La stratégie 2006 semble avoir pris en considération ces critiques lorsqu’elle avertit : « Les États-Unis n’auront pas systématiquement recours à la force pour anticiper des menaces émergentes. Nous préférons la réussite d’actions non militaires. Et aucun pays ne devrait user du prétexte de “préemption” pour commettre une agression » (4). La situation actuelle des forces armées américaines en Irak après « l’invasion préemptive » de 2003, qui n’était pas de la légitime défense, laisse perplexe sur la tenue d’une telle promesse.
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